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Coupe Davis : Pourquoi Gilles Simon va enfin vaincre la malédiction
TENNIS•Aligné en simple contre l’Allemagne, le numéro 1 français a l’occasion de corriger un bilan désastreux dans l’épreuve…Julien Laloye
Tous les médecins du tennis français se sont penchés à son chevet sans jamais trouver le remède. Jusque-là, rien à faire, Gilles Simon est allergique à la Coupe Davis. Une seule victoire en neuf simples à enjeu, un bilan à vous donner envie de vous inventer une vraie maladie pour mettre fin à l’humiliation. Sauf que le n°1 français n’est pas homme à se défiler. Parce que sa fidélité dans la défaite mérite d’être récompensée, 20 Minutes voit bien Gilou abattre les Teutons à lui tout seul ce week-end. Explications.
Il a pris sa psychose à bras-le-corps
Longtemps, Gilles Simon a nié tout manque de feeling avec la Coupe Davis, mettant les échecs sur le compte de la valeur de l’adversaire ou de la forme du moment. Avant de se rendre compte que son style de jeu y était pour quelque chose. «Même en Grand Chelem, je suis un diesel, j’ai souvent des difficultés sur les premiers tours avant de jouer de mieux en mieux, disait-il récemment à l’Equipe. Or en Coupe Davis, il faut être prêt dès le premier jour. J’ai beaucoup travaillé là-dessus». C’est à Jan de Witt, son nouvel entraîneur, qu’on doit cette transformation. «J’espère le voir jouer face à la Suisse [Il est resté sur le banc, ndlr], nous confiait de Witt cet automne à Bercy. Parce que je sais que Gilles a progressé dans son approche de l’événement, et que maintenant il répondra présent». C’est le moment de le prouver.
L’adversaire est à sa portée
Si les états de service de Simon en Coupe Davis ne méritent pas la Victoria Cross, ce n’est pas entièrement de sa faute. Le Français a souvent perdu contre plus fort que lui (Berdych, Djokovic, Ferrer). Le pedigree des Allemands est bien moins effrayant. Le 13e joueur mondial entamera les débats face à Struff, sorte d’Isner du pauvre avec un service redoutable sur la patinoire de Francort, mais aussi des lacunes évidentes dans le jeu. Et dimanche, si nécessaire, il pourrait briser pour de bon la malédiction vaudou qui lui est tombée dessus en matant Kohlschreiber, un adversaire qu’il domine régulièrement sur le circuit. «Il y a plusieurs pièges à éviter dans cette rencontre. En Coupe Davis, les hiérarchies peuvent être bousculées, a éludé le récent vainqueur du tournoi de Marseille. Il va y avoir quelques points à bien négocier». Tout est dit.
Il a enfin la confiance de son capitaine
Ce n’était pas le grand amour entre Gilles Simon et Guy Forget. Les deux hommes avaient une vision du tennis trop différente pour s’entendre, et le capitaine avait du mal à convaincre son joueur qu’il fallait chercher les points qui comptent au filet. La rupture a été consommée en Serbie, quand Forget a misé sur Llodra pour le simple décisif de la finale 2010, alors que Simon n’avait jamais perdu contre Troïcki. Cette fois, Clément ne le choisit pas à reculons, et cela change tout pour «Gilou». «Ce n'est pas une roue de secours, ça ne l'a jamais été dans mon esprit, assure le capitaine tricolore. J'ai toujours eu confiance en Gilles. C'est quelqu'un qui apporte énormément au groupe, même quand il est cinquième homme. Et puis il réalise un début d'année qui parle pour lui».
L’issue du week-end ne repose pas sur lui
Il y a des défaites qui marquent plus que d’autres, et le dimanche noir de Simon en Argentine, quand, tétanisé par l’enjeu, il avait poussé la balle pendant 3h contre Berlocq avant de céder et de craquer sur la chaise, l’avait plombé pour toute la campagne 2014. Il fallait bien le relancer un jour, mais en faire le sauveur de la patrie en Allemagne sans Tsonga, Gasquet, ni Monfils, aurait probablement eu l’effet inverse de celui désiré. Heureusement, son pote d’entraînement a changé d’avis, et sa présence offre à l’équipe de France une garantie inestimable : en cas de cinquième match décisif, puisqu’on est à l’abri de rien, c’est le soldat Monfils qui montera au front. Si Simon n’en profite pas pour libérer son bras ce coup-là, c’est à désespérer.


















