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Coupe Davis: Llodra pleure, la Serbie de Troicki rit

Coupe Davis: Llodra pleure, la Serbie de Troicki rit

TENNISLa France s'incline 3-2...
Alexandre Pedro, à Belgrade

Alexandre Pedro, à Belgrade

De notre envoyé spécial à Belgrade

Coupe Davis ou pas, le tennis reste un sport individuel. On gagne peut-être en équipe, mais c'est un homme seul qui porte sur ses épaules le poids de la défaite. A Belgrade, cet homme s'appelle Michaël Llodra. Ils sont peut-être une dizaine à l'entourer, à le choyer, à chercher les mots qui réconfortent, Llodra le déconneur de service est seul avec ses larmes. Seul avec sa défaite, lui qui a porté avec Gaël Monfils la France jusqu'à l'Arena de Belgradre et cette finale de Coupe Davis. Dans ces cas-là, tu culpabilises un petit peu. Tu veux apporter le dernier point, c'est la déception. Avec tout ce qu'on avait fait avec les copains pour en arriver là, c'est dur d'échouer si près du but», concède le malheureux du jour en conférence de presse.

Comme Paul-Henri Mathieu face à la Russie en 2002, le Parisien va devoir porter le poids d'une défaite dans un cinquième match décisif en finale de la Coupe Davis. Ce dimanche, le fringuant trentenaire de ces dernières semaines a paru prendre dix ans dans la vue face à la fougue de Victor Troicki, qui offre le premier Saladier d'Argent à son pays en infligeant à Llodra une fessée devant 16.000 serbes déchaînés et 2.000 supporters français sonnés (6-2, 6-2, 6-3).

Llodra était-il en état de jouer?

A peine remis de la démonstration reçue par Gaël Monfils contre Novak Djokovic, le clan français comprend très vite le sort qui attend Llodra. Lent et sans vie, l'attaquant flamboyant est lâchée par son amour de toujours: sa volée. En panne de service, en panne de retour, en panne de tout, Llodra sombre. Irrémédiablement.

A l'heure du bilan, toute la question est de savoir si le Parisien était prêt à livrer le match le plus important de sa carrière? Guy Forget l'a pensé. Il s'est trompé, c'est le lot des capitaines. Forget a préféré un Llodra usé par les 4h34 de son double à Gilles Simon et ses trois défaites en trois matchs à enjeu. De l'avis de plusieurs observateurs, Michaël Llodra n'était pourtant pas dans son assiette même lors sa folle remontée en double la veille. «Ce n''était pas le Mika habituel, je le trouvais fatigué, il n'arrivait pas à s'enflammer», remarque l'ancien joueur, Julien Boutter. Interrogé sur un éventuel pépin physique, l’intéressé affirme qu’il était «à 100%, je suis juste tombé sur un mec plus fort que moi aujourd’hui». Plus effacé que son homologue français, Bodgan Obradovic a eu la clairvoyance de sortir un Tipsarevic hors du coup pour privilégier la forme du moment avec Troicki. On connaît trop bien la suite. Elle est lacrymale.