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Stade Toulousain - UBB : Avants monstrueux, Ramos impérial, Bielle-Biarrey à l’arrêt… Comment Toulouse a éteint Bordeaux
la bonne recette•S’il a eu besoin de la prolongation pour se défaire de l’Union Bordeaux-Bègles, le Stade Toulousain a été dominateur la majeure partie du matchAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Le Stade Toulousain a remporté la finale du Top 14 contre l’Union Bordeaux-Bègles après une prolongation et 100 minutes de jeu intenses, s’imposant grâce à la domination de ses avants et la précision au pied de Thomas Ramos.
- Elu homme du match, l’arrière toulousain a inscrit 24 points et a surtout été un parfait gestionnaire, notamment durant la prolongation.
- Très attendu, Louis Bielle-Biarrey, à peine de retour après une commotion cérébrale, a connu une finale compliquée, et a même dû quitter le match à la mi-temps suite à un choc.
De notre envoyé spécial au Stade de France,
Onze mois de lutte acharnée pour ce moment-là : soulever le Bouclier de Brennus devant un Stade de France rempli et ébahi d’avoir assisté à l’une des plus belles finales de l’histoire du Top 14 entre le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles, premier et deuxième de la phase régulière du championnat.
Un match qui a basculé un peu dans l’irrationnel au moment où Maxime Lucu a envoyé les acteurs en prolongation avec une pénalité de 40 mètres sur la sirène. Les Girondins avaient alors réussi à revenir de nulle part, eux qui avaient été pourtant dominés par des Toulousains plus seyants. Mais ils ont fini par s’incliner au bout de 100 minutes de jeu, harassés par le combat fulgurant imposé par les Rouge et Noir.
Les avants de la gloire
On avait craint pour le pack bordelais la visite des avants toulonnais, lors de la demi-finale. Mais le huit de devant de l’UBB avait fait plus que rivaliser face aux Varois, et on les imaginait faire de même face aux Toulousains. Il n'en a rien été. Pénalisés à 17 reprises (avec deux jaunes), les Girondins ont notamment souffert dans les rucks, où les bras de Jack Willis et Anthony Jelonch ont fait fureur, et en mêlée, avec le boulot énorme de Dorian Aldegheri.
« On a avancé sur chaque mêlée, s’est réjoui le deuxième ligne Thibaud Flament. Et c’est sûr que ça nous fait du bien déjà psychologiquement. Et puis, quand on est récompensé, ça nous donne des munitions pour attaquer, pour attaquer avec des lancements. » Les trois essais toulousains viennent d’ailleurs de mauls ou de séquences au près des gros. « Le travail de nos avants a été remarquable », a sobrement commenté Ugo Mola, l’entraîneur toulousain.
Du côté bordelais, c’était évidemment un peu plus la soupe à la grimace. « Sur la mêlée, on a été en dessous de ce que j’imaginais, on a pris quatre pénalités, c’est trop sur une finale, expliquait Yannick Bru. Sur la puissance autour de la conquête, on a été dans le dur. Je pense que Toulouse avait cette colère intérieure un peu plus supérieure à la nôtre sur la première période. »
Thomas Ramos le métronome
L’énorme travail des avants toulousains a été récompensé par le 100 % face aux perches de Thomas Ramos. L’arrière toulousain, passé à l’ouverture après la sortie de Romain Ntamack à la mi-temps, a permis aux Toulousains, dans un premier temps, de répondre aux pénalités de Lucu, avant d’augmenter l’avance des Rouge et Noir.
Auteur de 24 points, le n° 15 toulousain a notamment marqué les deux pénalités de la gagne lors de la prolongation, où il a excellé dans son rôle de métronome, repoussant systématiquement les Bordelais dans leur camp, soit avec des chandelles, soit avec des coups de pied bien dosés. Le fond du terrain bordelais a été souvent sur les talons face à Ramos. C’est lui aussi qui a remis d’aplomb les troupes avant le début de la prolongation.
« Thom nous a dit qu’il n’y avait aucune raison de justifier qu’eux aient plus envie que nous en ce moment même, a expliqué Thibaud Flament. Du coup, ça nous a resserrés. On a remis l’appétit qu’on avait depuis le début du match. Et ça a payé. » La prestation du Toulousain au Stade de France lui a valu d’être élu homme du match. « Ça ne veut pas dire grand-chose quand je vois le boulot de nos avants, la conquête et la défense qu’on a eues », a-t-il expliqué sur Canal+
Louis Bielle-Biarrey dans le dur
Victime d’une commotion cérébrale lors de la dernière journée de la phase régulière de Top 14, Louis Bielle-Biarrey, meilleur joueur du Tournoi des VI Nations et serial marqueur (33 essais en 29 matchs cette saison), avait dû déclarer forfait pour la demi-finale face à Toulon. Et, en début de semaine, rien ne laissait présager qu’il allait tenir sa place face à Toulouse tant l’état de santé de « Bip Bip » inquiétait.
« Il y a eu un changement vraiment spectaculaire et que, je vous garantis, je n’imaginais pas au soir de la demi-finale, justifiait l’entraîneur Yannick Bru vendredi. En début de semaine, il a rencontré beaucoup de spécialistes, il a fait 10 sur 10 sur ses tests neurologiques. » Mais, samedi, au Stade de France, l’ailier international a vécu un cauchemar, de ceux qui peuvent faire encore plus mal à la tête.
Sollicité sur un renvoi toulousain, LBB a reçu toute la patrouille toulousaine sur le râble et on l’a vu boiter bas, voire tituber, comme s’il avait repris un coup sur le carafon. « Il prend un énorme coup de tête dans la crête iliaque, c’est ultra-douloureux, il ne pouvait plus lever la jambe, ça n’a rien à voir avec le reste, ça l’empêchait de courir », assurait Bru après le match. Bielle-Biarrey a dû être remplacé dès la mi-temps.


















