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rugbyDerrière la désillusion, quel avenir pour cette équipe qu’on a appris à aimer ?

France - Afrique du Sud : Derrière la désillusion, quel avenir pour cette équipe qu’on a appris à aimer ?

rugbyLes Bleus, par leur parcours depuis quatre ans et depuis le début du Mondial ont soulevé une vague d’enthousiasme qui ne demande qu’à perdurer malgré le cruel scénario de dimanche soir
Pierre Bourgarit, Antoine Dupont, Anthony Jelonch et Damian Penaud ont encore de belles années devant eux en équipe de France, malgré la déception de l'élimination en quart de finale de la Coupe du monde contre l'Afrique du Sud, le 15 octobre 2023 à Saint-Denis.
Pierre Bourgarit, Antoine Dupont, Anthony Jelonch et Damian Penaud ont encore de belles années devant eux en équipe de France, malgré la déception de l'élimination en quart de finale de la Coupe du monde contre l'Afrique du Sud, le 15 octobre 2023 à Saint-Denis.  - AFP / AFP
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le XV de France s’est fait éliminer en quart de finale de la Coupe du monde par l’Afrique du Sud (28-29), dimanche au Stade de France.
  • La déception est immense, à la hauteur de l’engouement que cette équipe avait suscité. Mais comme le dit Grégory Alldritt, « il ne faut repartir pas de zéro ».
  • De beaux défis attendent encore cette génération jeune et talentueuse, qui sera toujours cornaquée par Fabien Galthié dans les prochaines années.

Au Stade de France,

C’est difficile, mais il faut bien se forcer. Et puis c’est ça ou écrabouiller le premier truc qui nous passe sous la main, alors bon. La brutale élimination des Bleus en quart de finale est encore chaude qu’il faut déjà penser à la suite. Aussi cruelle et frustrante que soit cette sortie de route prématurée, il ne faut pas tout balancer par la fenêtre. Il n’y a rien d’infamant à perdre une rencontre aussi serrée face à l’Afrique du Sud, une des deux seules nations avec l’Irlande qui pouvait prétendre au statut de favori en compagnie du XV de France.

« Il ne faut repartir pas de zéro, plaide d’emblée Grégory Alldritt. On a quand même ces quatre années derrière nous, qu’elles ne servent pas à rien. » Ça n’effleure l’esprit de personne, à vrai dire. On l’avait dit avant, quoi qu’il se passe dans ce quart de finale, on n’oublierait pas comme ça la progression de cette équipe depuis la prise de fonction de Fabien Galthié et l’avènement de cette génération qui nous a redonné l’envie de se poser devant les matchs des Bleus. « On a écrit quelques pages du rugby français, estime le sélectionneur. L’équipe de France va continuer à jouer, à avancer, à se développer. »

Parlons des hommes, tout d’abord. Pour le patron, c’est clair, il repart. En conférence de presse, Galthié a coupé court à la question de savoir si cette défaite remettait en cause son avenir. « Non, j’ai un contrat jusqu’à juin 2028 », s’est-il contenté de répondre. Et comme le président de la FFR Florian Grill n’avait pas fixé d’objectif minimal à atteindre sur la compétition, il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas là à l’entame du prochain Tournoi des VI Nations, en février prochain.

Une colonne vertébrale dans la force de l’âge

En revanche, Uini Atonio et Romain Taofifenua n’en seront pas. Le talonneur et le deuxième ligne ont officiellement joué leur dernier match en équipe de France dimanche soir. « Deux joueurs formidables, des références à leur poste et, en plus de ça, des super mecs, salue Alldritt. C’est la vie d’une sélection, certains arrêtent, d’autres vont arriver. » Les places seront chères, tout de même, car, à y regarder de près, la colonne vertébrale de cette équipe a encore de belles années devant elle. Petit tour d’horizon :

  • Première ligne : Mauvaka (26 ans), Marchand (28 ans)
  • Deuxième ligne : Flament (26 ans), Woki (24 ans)
  • Troisième ligne : Alldritt (26 ans), Jelonch (27 ans)
  • Charnière : Dupont (26 ans), Jalibert (24 ans) + Ntamack (24 ans)
  • Trois-quarts et arrières : Penaud (27 ans), Bielle-Biarrey (20 ans), Moefana (23 ans), Ramos (28 ans)

La question va toutefois se poser pour quelques cadres, notamment Ollivon, Baille (30 ans), Danty (31 ans), Fickou et Cros (29 ans). Non pas qu’ils soient des vieillards, mais il faut voir si on se projette dans quelques mois ou déjà pour la prochaine Coupe du monde, dans quatre ans en Australie. Jonathan Danty le sait bien : « Pour moi, ce sera compliqué, reconnaît le centre de La Rochelle. C’est une discussion que je vais devoir avoir avec le staff. Si le XV de France veut travailler sur une période de quatre ans, peut-être que je n’en ferai pas partie. »

Ce sera tout le travail des prochaines semaines pour Galthié, dont la flèche du temps décochée il y a quatre ans s’arrêtait au 28 octobre. « Elle nous a servi à travailler et faire grandir les joueurs selon une certaine méthodologie, pour cet objectif », rappelle-t-il. Une nouvelle vision va certainement la remplacer, avec des changements obligatoires pour apporter un souffle nouveau. Au sein du staff, déjà, l’entraîneur de l’attaque Laurent Labit et celui de la touche Karim Ghezal vont partir. Ce dernier sera remplacé par Laurent Sempéré, le coach des avants du Stade français. Ce ne seront pas les seuls ajustements effectués.

Les stats du match perdu par les Bleus.
Les stats du match perdu par les Bleus. - Sofascore/20minutes

Pour le reste, on ne trouvera pas un passionné de rugby qui ne voudra pas repartir au feu avec cette équipe. Elle a livré trop d’émotions, fait naître trop d’espoirs, pour qu’on l’abandonne en rase campagne comme ça. « On doit se relever, se tenir debout et aller au prochain combat. Nous avons d’autres matchs à venir, pas dans cette Coupe du monde, mais nous devons continuer à croire en l’équipe », professe l’adjoint, Raphaël Ibanez.

Les joueurs ont conscience de disposer d’une « belle génération » (dixit Jalibert), qui a construit quelque chose de fort depuis le début de la préparation, il y a trois mois. « J’ai envie de garder en tête l’état d’esprit du groupe », martèle Alldritt. Une fois cette élimination digérée, il y aura certainement des choses à garder pour nourrir les prochains défis. « C’était notre premier rendez-vous éliminatoire. On n’est pas passés à côté, mais on a échoué, relève Antoine Dupont. Dans le moment présent, c’est dur d’avoir ce regard, mais ça va nous faire apprendre et gagner en expérience. » « Les Français peuvent être fiers de leur équipe », encourage le capitaine d’en face, Siya Kolisi.

NOTRE DOSSIER XV DE FRANCE

Rendez-vous le 2 février prochain, donc, pour le premier match de cette nouvelle ère. Ce sera face à l’Irlande, à Marseille. Les deux grands déçus du Mondial face à face, dans une ambiance de dingue comme sait offrir le Vélodrome… Haut les cœurs, on n’a pas fini de vibrer avec cette équipe, même si pour ce qui est d’un titre mondial, il faudra revenir dans quatre ans. Et comme le dit Greg Alldritt, « quatre ans, c’est long ».

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