XV de France : Après la noyade en Ecosse, les Bleus s’appliquent à « tout remettre en ordre de marche » avant le Crunch
débrief•Méconnaissables à Murrayfield le week-end passé, les joueurs du XV de France regardent désormais vers l’Angleterre et cette victoire dans le Tournoi qui leur tend (quand même) les brasNicolas Camus
L'essentiel
- Quatre jours après, l’embarrassante défaite contre l’Écosse (50-40) est toujours est toujours dans les esprits au sein du XV de France. Mais comme l’ont souligné William Servat, Pierre-Louis Barassi et Emmanuel Meafou en conférence de presse ce mercredi, il s’agit désormais de se concentrer sur le dernier match excitant contre l’Angleterre, qui arrive samedi.
- Car malgré la gifle à Edimbourg, les Bleus ont sauvé le point de bonus offensif et conservé la première place du classement, ce qui leur permet de viser un deuxième titre consécutif pour la première fois depuis 20 ans.
- Cette perspective, en plus de celle de battre le rival de toujours, suffit largement à motiver les troupes.
La légèreté avec laquelle Patrick Arlettaz s’était exprimé au même endroit, la semaine dernière avant l’Ecosse, s’est évaporée en même temps que la perspective de réaliser le Grand Chelem dans ce Tournoi 2026. Face à la presse, l’entraîneur de l’attaque du XV de France avait activé le mode second degré pour expliquer que le staff choisissait la paire de centres titulaire « au pif » et qu’Antoine Dupont servait « à que dalle » dans l’animation offensive. Rien de tout ça ce mercredi, pour la première prise de parole à Marcoussis depuis la noyade à Murrayfield. Un peu parce que ce n’est pas le genre de William Servat, le coach des avants désigné pour venir s’exprimer cette fois-ci, et beaucoup parce que la claque reçue est encore bien présente dans les esprits.
« On a failli, et cette défaite nous a touchés, a reconnu l’ancien talonneur. Il faut rapidement se remettre en route. On est passé à côté, ça arrive, c’est le sport. L’Ecosse a tout à fait mérité sa victoire. On a analysé en ce début de semaine tout ce qui n’a pas été, pour remettre notre équipe en ordre de marche. » Le débrief a été salé, mais finalement assez simple, car il n’y a pas eu un secteur à disséquer plus qu’un autre. « Il nous a manqué de tout, résume le centre Pierre-Louis Barassi, qui a succédé à Servat au micro. Collectivement, on a été en dessous, dans l’engagement, la précision. A ce niveau-là, c’est impossible de rivaliser. »
A chaud, François Cros avait suggéré que les Bleus, de manière générale, s’étaient sans doute vu un peu trop beaux avant la rencontre. Une théorie réfutée seulement à moitié par Servat : « Je ne dirais pas ça, mais peut-être que nous, le staff, on a préparé ce match de manière trop confortable. Je n’ai pas eu ce sentiment sur le moment, mais peut-être. »
Heureusement, dans le marasme, les Bleus sont parvenus à sauver sur le fil le point du bonus offensif, et leur première place au classement par la même occasion. Ils sont donc parfaitement placés pour remporter la compétition pour la deuxième année d’affilée, ce qui n’est plus arrivé depuis 20 ans. Bien plus qu’une simple consolation, surtout quand l’adversaire à battre se nomme l’Angleterre.
« Battre des Anglais, c’est toujours un plaisir »
Nos meilleurs ennemis ne sont pas vraiment fringants dans ce Tournoi, avec déjà trois défaites dont la dernière, vécue comme une humiliation au Royaume, face à l’Italie. Raison de plus pour se méfier, estime Barassi. « Les Anglais vont jouer leur va-tout, ils vont vouloir finir de la meilleure des manières en nous empêchant de gagner le Tournoi », projette le Toulousain, annoncé titulaire samedi aux côtés de Moefana.
Trois autres changements devraient avoir lieu par rapport à l’équipe de départ à Edimbourg, selon les indications recueillies à l’entraînement ce mercredi. Charles Ollivon, utilisé en deuxième ligne ces dernières semaines, est pressenti pour retrouver la troisième ligne pour pallier la probable suspension d’Oscar Jegou (qui connaîtra sa sanction en fin de journée ou jeudi). En parallèle, Mickaël Guillard devrait sortir, et la deuxième ligne serait totalement recomposée, avec le duo Thibaud Flament - Emmanuel Meafou, comme lors de la victoire contre l’Italie.
Toute l'actu du Tournoi des Six NationsPour le reste, rien ne devrait bouger, avec notamment Antoine Dupont et Matthieu Jalibert à nouveau associés en charnière. Fabien Galthié compte sûrement sur l’esprit de revanche de ses hommes pour finir en beauté devant le public du Stade de France. La douche écossaise restera toujours dans un coin, mais le colosse Meafou a rappelé la base ce mercredi en conf : « Jouer et battre les Anglais, c’est toujours un plaisir. » Pas besoin d’autre grand discours de motivation.



















