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A deux ans du Mondial, les Bleus peuvent-ils combler leur retard sur les Boks ?

France - Afrique du Sud : A deux ans du Mondial, les Bleus peuvent-ils combler leur (énorme) retard sur les Boks ?

Gros coup sur la cabochePour son premier test automnal, le XV de France s’est écroulé face à l’Afrique du Sud après le repos et s’est incliné 17-32
France-Afrique du Sud : Le Brief-Débrief de la défaite des Bleus (17-32)
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • La France s'est inclinée lourdement face à l'Afrique du Sud (17-32) au Stade de France, une défaite qui fait craindre un nouvel échec lors de la prochaine Coupe du monde en Australie après avoir déjà manqué l'opportunité de remporter le titre mondial à domicile en 2023.
  • Les Springboks, doubles champions du monde en titre, ont démontré leur supériorité physique et leur continuité dans le travail, comme l'explique Fabien Galthié : « Ils ont toujours les mêmes atouts qu'ils ont même encore plus développés parce qu'eux, ils sont sur des saisons en continu ».
  • Malgré cette quatrième défaite consécutive, les Bleus restent optimistes à l'image de Thibaud Flament : « Je suis très confiant pour la suite, je pense que ce match est sur le chemin de la trajectoire jusqu'à la Coupe du Monde ».

Au Stade de France,

On pourra se moquer jusqu’à la fin des temps des Anglais, et on ne s’en privera pas, on ne peut pas leur enlever une chose. Nos meilleurs ennemis ont déjà dans leur petite armoire à trophées la coupe William Webb Ellis, remportée en 2003 grâce à un drop de Sir Jonny Wilkinson. Et on pourra leur infliger autant de raclées à Twickenham qu’on le voudra, rien ne remplacera quand même ce trophée de champion du monde que la France a souvent effleuré du doigt sans pouvoir le prendre vraiment à pleine main.

On pensait la famine se terminer en 2023, avec la meilleure génération (ou presque) que le rugby français n’ait jamais eu, avec un Mondial qui plus est à domicile. Pas de bol, les golgoths sud-africains sont alors passés par là pour nous enlever tout espoir dès les quarts de finale. Et en perdant encore contre ces mêmes Springboks (17-32), doubles champions du monde en titre, samedi soir au Stade de France, on se demande bien si les Bleus ne repartiront pas d’Australie encore une fois les fesses rosées, une main devant, une main derrière.

Même Rassie Erasmus, le sélectionneur des Boks, semblait surpris de voir les siens partir de Paris avec une victoire aussi large. « Je suis agréablement surpris qu’on les ait battus avec 15 points d’avance. On pensait que ça se jouerait sur un drop ou une pénalité en fin de match. » Pas besoin, les coéquipiers de Cheslin Kolbe ont crucifié les Bleus à partir de l’heure de jeu, le tout avec un homme en moins depuis les citrons. Forts, très très forts.

« Tout est dédié à la performance de l’équipe »

« C’est peut-être la meilleure équipe au monde qui ait jamais existé, martelait Fabien Galthié avant la rencontre. Ils sont sur une phase de développement croissante. Ils sont doubles champions du monde, ils viennent de gagner pour la deuxième fois le Rugby Championship. Le défi sportif est le plus difficile du moment pour cette génération, on n’a jamais joué une équipe aussi forte. C’est l’équipe la plus forte qu’on ait jouée depuis six ans, sept ans, sans problème. »

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Le terrain a confirmé les dires du sélectionneur français. Plus physiques, plus constants, plus équilibrés, plus endurants, les Sud-Africains ont encore fait de Paris leur domaine. « C’est une équipe qui est très physique, témoignait le talonneur Julien Marchand après la rencontre. Dès quelle a l’ascendant sur toi, elle continue, tu n’arrives pas forcément à relever la tête. Je pense qu’on peut tout simplement les féliciter et nous repartir au boulot. »

Alors comment expliquer cette domination incroyable des Boks, qui n’ont perdu qu’un seul de leurs dix derniers matchs face aux Français (en 2022) ? « Ils ont toujours les mêmes atouts qu’ils ont même encore plus développés parce qu’eux, ils sont sur des saisons en continu, estime Galthié. Ils jouaient là leur dixième match de saison en continu. Nous, on s’est retrouvés lundi dernier [le 27 octobre]. Ils travaillent de manière continue, de manière organisée, tout est dédié à la performance de l’équipe. »

« Le score est lourd »

« Il y a une expérience collective, reprend le capitaine Gaël Fickou. C’est une équipe qui ne bouge pas depuis huit ans. » Interrogé sur ce point-là, Julien Marchand ne souhaitait pas s’en servir comme excuse pour expliquer la défaite face aux Boks : « 32-17, c'est un gros score, le score est lourd. Est-ce qu’ils sont loin ? Je pense qu’on a des arguments à faire valoir qu’on n’a pas mis en place ce soir [samedi]. Il faudra revenir avec beaucoup plus d’intentions pour les autres matchs. »

Car s’il est beaucoup question d’expérience, de vécu commun, les Bleus ont aussi d’énormes progrès à faire dans le jeu et à rester focus sur leur stratégie plutôt que rentrer dans le jeu de cet adversaire qui frappe fort : « Nous, on a plus un système de jeu qui est basé sur le jeu, sur l’offensive, sur le désordre », assurait le deuxième ligne Thibaud Flament. Des intentions à remettre au goût du jour, donc, et un peu plus de vice, aussi.

Sermonné par l’arbitre pour prendre trop de temps pour se faire soigner, Anthony Jelonch s’est immédiatement relevé pour rejoindre l’alignement français. Sur une autre action, un Sud-Africain a pris tout le temps du monde pour poser le genou au sol, se refaire strapper et maîtriser le tempo de la fin de rencontre. « Je pense aussi qu’à des moments clés, on les regarde un peu trop, reprend Flament. On se dit que c’est la meilleure équipe du monde, ça crée des petites fissures dans le jeu. C’est sur ça aussi qu’il faut qu’on travaille. »

« Très confiant pour la suite »

Alors, doit-on s’inquiéter pour le Mondial en Australie après ces quatre défaites consécutives des Bleus ? « Je suis très confiant pour la suite, assure Thibaud Flament. Je pense que ce match est sur le chemin de la trajectoire jusqu’à la Coupe du Monde. Aujourd’hui, on a encore perdu, mais je pense qu’on a appris encore des choses. » Pas très alarmistes, coach et coéquipiers abondaient dans le sens du Toulousain, comme Gaël Fickou

« On va se préparer jusqu’à la Coupe du Monde pour les rejouer, mais ce soir, ils ont été meilleurs, il faut l’avouer. Mais on ne baissera pas la tête, ça, c’est sûr. »

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Et cette défaite peut même devenir un point d’étape important dans la construction du chemin vers le Mondial cher à Fabien Galthié. « On se prépare bien sûr pour la victoire, mais on se prépare aussi à vivre, à ce niveau-là, la défaite. C’est un moment à vivre, à traverser. Tous ces événements-là doivent nous amener à progresser, à être encore plus forts. » Être plus fort, oui ! Mais être plus fort que les Boks, c’est ça la véritable question.