VI Nations : Faut-il voir le verre à moitié vide ou à moitié plein après cette deuxième place dans le tournoi ?

RUGBY La défaite en toute fin de match face à l’Ecosse, vendredi soir, est venue ternir le bilan final du XV de France dans ce tournoi des VI Nations

Aymeric Le Gall
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Les Bleus applaudis par les Ecossais après la défaite au Stade de France.
Les Bleus applaudis par les Ecossais après la défaite au Stade de France. — MARTIN BUREAU / AFP
  • Les Bleus se sont inclinés en toute fin de match contre l'Ecosse vendredi soir (27-23).
  • Alors qu'ils jouaient la gagne dans le tournoi, les Français n'ont jamais été en mesure de s'imposer largement face à une sérieuse équipe écossaise. 
  • Faut-il pour autant tout jeter de ces VI Nartions 2021 ? On fait le bilan après cette triste soirée de lose au Stade de France. 

Au Stade de France,

Au moins on ne pourra pas dire qu’on ne nous avait pas prévenus. A la veille de ce France-Ecosse qu’on rêvait historique pour le rugby français et la génération Galthié, Imanol Harinordoquy, l’un des héros de cette même confrontation en 2007 – gagnée cette fois-là par les Français à la dernière minute pour le gain du tournoi –, avait eu cette phrase tristement prémonitoire : « historiquement, on est bon pour réaliser un exploit mais on est moins bon pour le rééditer une semaine après ! ». Dans le mille.

Sept jours après la soirée d’ivresse et la fin de match à peine croyable des Bleus face au pays de Galles, les hommes de Fabien Galthié n’ont jamais donné l’impression de croire en leur chance, vendredi soir, sous un crachin qui n’augurait rien de bon pour peu qu’on s’attache à ce genre de signes. Peut-être que l’objectif (marquer quatre essais à une défense qui n’en avait pris que 12 lors de ses 9 derniers matchs de VI Nations et l’emporter par 21 points d’écart) était trop ambitieux. Et trop ancré dans les têtes pour finalement développer le plan de jeu à la lettre.

Un tournoi en demi-teinte

Pour Galthié en tout cas, promis juré, ses joueurs ne se sont pas laissés bouffer par le contexte. « On avait décidé de construire le match, de prendre les points au pied dès qu’ils se présentaient, sans courir à tout prix après le score, analysait-il après la rencontre. De toute façon, la pluie ne permettait pas vraiment de tenir énormément le ballon. C’est un match qui s’est joué sur le combat au près, sur les phases de conquête et le défi physique. Je ne crois pas que le fait de devoir marquer beaucoup de points ait beaucoup perturbé les joueurs. »

Assis aux côtés du sélectionneur, Charles Ollivon n’avait pas vraiment la tête à débriefer la défaite. « C 'est une grosse déception, on a beaucoup donné pendant ces neuf semaines. Ce n’est pas simple ce soir. Mais on va continuer à travailler, on sait d’où l’on vient, on va repartir au boulot », a-t-il annoncé avec l’envie de vite passer à autre chose. Logique. Nous par contre, il faut bien qu’on regarde un peu dans le rétro avant de basculer sur les prochaines échéances.

Que va-t-il rester de ce tournoi, alors ? Ça vaut ce que ça vaut mais, déjà, l’idée qu’on a été en capacité de jouer la gagne jusqu’au dernier match. Ensuite, forcément, cette fin de match de mutants et les deux essais inscrits par Charles Ollivon et Brice Dulin face aux Gallois le week-end dernier. Vu qu’on est les premiers à 20 Minutes à sortir l’arbalète quand le XV de France nous donne envie de nous tailler les veines, ce qui est souvent arrivé ces dernières années on ne va pas se mentir, sachons aussi reconnaître quand cette équipe nous fait des gui-lis dans le bas-ventre.

Et ces derniers temps, il est vrai, on s’est toutes et tous repris à aimer ce XV-là et à prendre du plaisir devant ses matchs. Et si les Bleus terminent quand même ce tournoi avec deux défaites dans les valises, n’oublions pas non plus qu’ils nous ont parfois envoyés très haut dans le ciel, comme sur ce formidable mouvement parti d’une longue touche de Julien Marchand et conclu au large par Penaud contre l’Angleterre à Twickenham. Tout n’est donc pas à jeter (à part le « Gaufres gate » bien sûr).

Ollivon et la théorie du match qui fait grandir

C’était d’ailleurs le sens des discours samedi soir après la défaite. « Il faut prendre un peu de hauteur, relativisait Charles Ollivon. Je pense qu’on va apprendre de ce scénario cruel, revoir ce match à froid et il faudra revenir plus fort dans les prochaines échéances. Ce match et ce Tournoi vont nous faire grandir, c’est une évidence. Cela nous rajoute du vécu collectif, il faut que l’on s’appuie sur ça, on prend de l’expérience. Et puis une deuxième place dans le Tournoi, ce n’est pas rien non plus. » Même (r) appel au calme du côté de Fickou, qui se refuse de « tout jeter, de tout remettre en question » à cause de cette (grosse) fausse note finale.

Christophe Galthié à de son côté insisté sur le niveau très élevé des VI Nations​ pour rappeler que la deuxième place française n’a rien de honteux. « Toutes les confrontations ont été très disputées, très intenses, ça s’est joué souvent sur la dernière action, sauf contre l’Italie. C’était des rencontres âpres, avec des contenus différents. Toutes étaient réellement difficiles à jouer et à gagner. Après, nous terminons deuxième pour la deuxième fois. C’est bon de le signaler, car c’est une compétition qui est vraiment acharnée. » Avec seulement un an de vécu commun depuis l’arrivée du nouveau sélectionneur aux manettes, on a nous aussi envie de croire que cette équipe a le talent et le caractère pour écrire une belle page de son histoire dans les années à venir.