Bordeaux: «C'est une icône du club», Baptiste Serin et son histoire d'amour inachevée avec l'UBB

RUGBY Après 10 ans au club, le demi de mêlée international va disputer son dernier match au stade Chaban-Delmas avant de prendre la direction de Toulon la saison prochaine

Clément Carpentier

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Baptiste Serin aura disputé plus de 120 matchs sous le maillot de l'UBB.
Baptiste Serin aura disputé plus de 120 matchs sous le maillot de l'UBB. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Baptiste Serin va disputer avec l’UBB son dernier match au stade Chaban-Delmas sous le maillot bordelais face au Stade Toulousain ce dimanche.
  • Symbole de l’évolution de l’Union Bordeaux-Bègles des dernières années, il ne connaîtra sûrement pas les phases finales avec son club de cœur.
  • De nouveaux défis s’offrent à lui à commencer par le Coupe du monde avec le XV de France avant de rejoindre Toulon la saison prochaine.

Le moment risque d’être rempli d’émotion. Certains auront sûrement la larme à l’œil. A commencer par Baptiste Serin, lui-même, sur le terrain. Et pour cause après 10 ans à l’Union Bordeaux-Bègles, le demi de mêlée international français va dire au revoir au stade Chaban-Delmas à l’occasion de l’avant-dernier match de la saison de Top 14 contre le Stade Toulousain, ce dimanche après-midi (16h50). La saison prochaine, il prendra la direction de la rade de Toulon.

« Ça risque de sérieusement le remuer ! », avoue l’ancien de la maison béglaise Guy Accoceberry, alors que « ça va faire très bizarre, à Marco Tauleigne son coéquipier, je ne me rends pas encore compte qu’il va partir. » Ce n’est pas une page qui se tourne pour Baptiste Serin mais un chapitre de sa vie. Il va quitter « sa maison » comme il le dit. Et les chiffres sont là pour le rappeler. Depuis sa première apparition en équipe première avec l’UBB, le 13 octobre 2012, contre les London Irish en Challenge Cup, Baptiste Serin, c’est :

  • 123 matchs
  • 452 points
  • 15 essais
  • 2 cartons jaunes et 0 carton rouge

Il symbolise l’évolution de l’UBB

Alors que retenir de cette décennie sous le maillot girondin. Tous se rejoignent sur un point comme le souligne David Ortiz qui l’a entraîné dès l’âge de 15 ans en sélection régionale puis avec les Espoirs du club : « Sa simplicité et son accessibilité. Il a des valeurs humaines très fortes. Toujours un mot, un geste pour tout le monde. Il est apprécié de tous. » Guy Accoceberry, demi de mêlée du XV de France dans les années 1990, à qui il a souvent été comparé, lui, retient « son évolution assez fulgurante jusqu’au niveau international. Il a su saisir sa chance à chaque fois et s’imposer même si les deux dernières saisons furent plus compliquées… »

Baptiste Serin et l'UBB ont fini par renverser Toulon.
Baptiste Serin et l'UBB ont fini par renverser Toulon. - Nicolas Tucat

Son évolution symbolise aussi celle de l’Union Bordeaux-Bègles. Avec d’autres, il a amené ce club jusqu’aux portes des phases finales et disputé pour la première fois, la Champions Cup en 2016 et 2017. « Il a grandi avec l’UBB. Baptiste (Serin) est l’image de la réussite du club et notamment de sa formation », rappelle David Ortiz. Au point d’être devenu « une icône » de celui-ci pour Marco Tauleigne : « C’est quelqu’un qui a l’UBB dans le cœur et dans le sang ! »

Les phases finales, l’éternel regret

Pourtant, l’histoire ne fut pas toujours un long fleuve tranquille à l’image des sifflets reçus à sa sortie du terrain un soir de décembre 2016 : « Le public a parfois été très dur avec lui. Quelques semaines plus tôt, ces mêmes spectateurs l’acclamaient », se souvient Guy Accoceberry. Une sorte de « Je t’aime, moi non plus » qui avait fait sortir de ses gonds à l’époque un autre enfant du club, Jefferson Poirot : « Choqué d’entendre des sifflets à l’encontre d’un tel joueur ! Combien de matchs nous a-t-il fait gagner ? »

Beaucoup, pourrait-on répondre à son capitaine. Mais malheureusement pas assez pour amener l’UBB en phases finales. Sauf miracle, cette saison encore le club manquera le top 6. « Je ne veux pas parler à sa place mais je pense qu’il a un peu d’amertume voire beaucoup par rapport à ça », confirme le troisième ligne. Les deux amis rêvaient comme leur président de jouer une demi-finale au Matmut Atlantique cette saison. C’est aussi pour cette raison qu’il a choisi de rejoindre le RCT, une place forte du rugby français ces dernières années même si le club de Moura Boudjellal traverse une période difficile.

Toulon, un second souffle pour sa carrière

Un choix mûrement réfléchi. Si beaucoup le regrettent comme David Ortiz, « c’est aussi bien de voir autre chose, de sortir de sa zone de confort » pour l’entraîneur des Espoirs de l’UBB. « C’est un choix de carrière, c’est le rugby d’aujourd’hui. Mon regret c’est qu’il ne jouera pas encore la Coupe d'Europe la saison prochaine et puis, je l’aurais plus vu à Clermont et son jeu de mouvements pour prendre la suite de Morgan Parra ou Greg Laidlaw », dixit Acco.

En attendant, ce nouveau défi en club sur la rade, Baptiste Serin en a un autre à relever. Celui de la Coupe du monde de rugby au Japon. Ce serait sa première.

Titulaire à la mêlée avec le XV de France en 2017, le Landais est redescendu un peu dans la hiérarchie depuis avec notamment l’éclosion du Toulousain Antoine Dupont et le retour épisodique de Morgan Parra. Mais à quelques semaines de la liste de Jacques Brunel, son nom reste en bonne position. En tout cas, dans le trio de tête à ce poste. Avant de penser à tout ça, Baptiste Serin a déjà un premier rendez-vous important avec ses adieux à l’UBB.