Après les attentats de Christchurch, l'équipe de rugby des Crusaders peut-elle garder son nom?

RUGBY Après les attentats qui ont provoqué la mort de 50 personnes, le débat sur le nom des «Crusaders» resurgit

G.B.

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Des supporters des Crusaders, en août 2018.
Des supporters des Crusaders, en août 2018. — Marty Melville / AFP

Depuis les attentats qui ont provoqué la mort de 50 personnes, vendredi, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le débat sur le nom de l’équipe de rugby a resurgi.

Le nom des Crusaders (Les Croisés, en français) renvoie aux Croisades. Le logo du club ne laisse d’ailleurs pas beaucoup d’autres interprétations possibles, puisqu’il reprend les codes et l’esthétique des Croisades, tout comme les spectacles d’avant-match. Comme l’explique Le Figaro, le nom risque de devenir encore plus difficile à porter après le drame du 15 novembre. Lors des Croisades « les Croisés firent la guerre aux musulmans », dans leurs tentatives de reprendre Jérusalem, rappelle le quotidien.

Le club s’est exprimé

Pour l’historien Peter Lineham, le terme de « Crusaders » n’aurait pas dû être retenu dès le départ, parce qu’il renvoie à « l’histoire d’un génocide », résume l’AFP. « Les récits horribles des incursions sanglantes des Croisés, en particulier à Jérusalem où ils sont arrivés en 1099, ont laissé une trace inoubliable sur l’histoire mondiale », a expliqué l’historien sur Radio New Zealand.

Quelques heures après les attentats, le club s’était exprimé sur le sujet, indiquant qu’il comprend les interrogations et inquiétudes liées à son nom, mais tient à le redéfinir selon ses termes.

« Pour nous, le nom de "Crusaders" est le reflet de l’esprit de croisades de cette communauté. Ce en quoi nous croyons est à l’oppose de ce qui s’est passé à Christchurch, vendredi. Notre croisade est en faveur de la paix, de l’unité, de l’inclusion, et de l’esprit de communauté. »

Un débat plus tard

Pour autant, les Crusaders assurent ne pas refuser pas le débat, même s’ils indiquent qu’il faudra laisser passer l’émotion des premiers jours pour qu’il soit plus audible.

« A un moment plus approprié, nous envisagerons les problèmes soulevés et les réponses que nous pouvons y apporter. Nous aurons des conversations à des personnalités diverses, dont des membres de la communauté musulmane. »

Le ministre des sports néo-zélandais a indiqué apprécier que le club soit ouvert à un débat.

Les Crusaders ne sont pas le seul club dont le nom est régulièrement source de polémiques. Aux Etats-Unis, les Washington Redskins (Peaux-Rouges) sont l’objet d’une controverse qui dure depuis plusieurs années déjà.