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Comment mieux plaquer au rugby pour éviter de nouvelles graves blessures?

Rugbyman mort après un plaquage à Bordeaux: «Il faut apprendre aux joueurs à recevoir un choc»

RUGBYLa technique du plaquage est aujourd’hui au centre des débats après ce nouveau drame…
Clément Carpentier

Clément Carpentier

L'essentiel

  • Dimanche, un jeune Espoir du Stade Français a été très gravement blessé après un plaquage.
  • Pour certains acteurs du rugby dénoncent de plus en plus le plaquage à deux, une sorte de double lame pour le joueur en possession du ballon.
  • D'autres envisagent de recourir à des techniques utilisées dans les sports de combat pour limiter les risques de blessures.

C’est un nouveau drame qui touche le monde du rugby. Après le décès du joueur d’Aurillac Louis Fajfrowski (21 ans), le 10 août dernier, suite à un plaquage lors d’un match amical, c’est au tour d’un autre jeune joueur, Nicolas Chauvin, de ne pas se relever d'un choc. Dimanche après-midi sur la pelouse du stade André Moga à Bègles, cet Espoir du Stade Français a subi un double plaquage qui a occasionné une fracture de la deuxième vertèbre cervicale. Il n'a pas survécu à ses blessures.

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Ce nouvel accident relance une énième fois le débat sur un sport de plus en plus violent. « Ce n’est pas nouveau. Certains ont des blessures à vie ou ont même disparu. Aujourd’hui, on en parle juste plus et tant mieux », explique Philippe Barbe au micro de France Bleu Gironde. Malgré la médiatisation de ces drames et surtout la mise en place de nouvelles règles pour mieux protéger les joueurs, ce n’est pas suffisant pour le vice-président de la Ligue Nouvelle-Aquitaine :

« Aujourd’hui, on apprend aux joueurs à bien plaquer. Ça plaque de mieux en mieux. Mais est-ce qu’on leur apprend à recevoir un plaquage ? Il est peut-être là le problème. Est-ce qu’on leur apprend à éviter de prendre un gros « carton » par exemple ? »

Le plaquage à deux, un gros problème ?

Pour Yves Appriou, ancien joueur et entraîneur (champion de France en 1991), même « si les arbitres sont devenus ultra-vigilants, les joueurs y vont plein fer aujourd’hui avec des physiques qui ont changé et ils se font casser. » Le coprésident de Drop de Béton (une association qui propose une approche citoyenne de la pratique du rugby notamment auprès des populations défavorisées) avance, lui, le problème du « double plaquage », avec un joueur qui plaque aux jambes ou à la hanche et un autre au niveau du haut du corps. « Quand vous voyez ça dès le plus jeune âge, ça fait froid dans le dos. » C’est d’ailleurs ce que Nicolas Chauvin aurait subi à la réception d’un ballon dimanche.

Un plaquage à deux qui est en plus encouragé pour Vincent Forgues, ancien joueur pro et entraîneur de Lormont en Fédérale 2 : « Avec la nouvelle règle où la défense peut récupérer le ballon en bloquant l’adversaire debout pour récréer un maul, on pousse finalement les joueurs à plaquer de plus en plus haut. » Et les KO se multiplient sur les terrains. Combien de joueurs sortent sur commotion aujourd’hui par match ? Un, deux, trois…

Apprendre la gestuelle des sports de combat

Quelles solutions contre ces plaquages désastreux ? « C’est très compliqué d’en trouver puisque au rugby, il y a ce don de soi ! Tout donner pour l’autre ! Donc, c’est difficile de freiner les joueurs », avoue Vincent Forgues. Mais depuis quelques années, les mentalités changent et c’est là-dessus qu’insiste Yves Appriou : « Il faut arrêter de se rentrer dedans comme ça. Il faut apprendre à faire les petits pas de côté comme ça, si on est plaqué, on peut mieux se protéger. »

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« Il faut leur apprend clairement à recevoir un choc et surtout à l’accompagner. C’est ce qu’il se passe dans les sports de combat sinon il y aurait souvent des morts. Il n’y a pas assez de formation là-dessus », reconnaît Philippe Barbe. La question de la gestuelle serait donc au centre des débats dans les instances du rugby français selon le vice-président de la Ligue Nouvelle-Aquitaine :

« Au niveau des écoles de rugby, il n’y aura plus de plaquages directs à la rentrée prochaine. Il y aura des ateliers sur la gestuelle du plaquage. Il faut enseigner des formes de « taka » (mouvements techniques codifiés devenus aussi de principes de combat). »

Pour Philippe Barbe, il faut que tout le monde comprenne que « le plaquage doit être un moyen d’empêcher l’autre de jouer et non un moyen de lui faire mal ! »