Bordeaux: Teague, effectif, résultats en berne... L'UBB ne doit pas manquer le virage
RUGBY•Le club traverse une zone de turbulence à l'heure de recevoir Oyonnax pour un match capital…Clément Carpentier
L'essentiel
- Rory Teague, le nouveau manager, veut changer en profondeur le club pour lui faire passer un cap.
- Certains internationaux français doivent se trouver un club pour la saison prochaine.
- L’UBB doit éviter de se faire peur dans cette fin de saison.
Les joueurs sourient, les spectateurs enchaînent les selfies, le staff discute… Tout semble aller dans le meilleur des mondes à l’Union Bordeaux-Bègles, ce mercredi après-midi. Pourtant, il y a bien de la tension dans l’air depuis quelques semaines du côté du stade André-Moga de Bègles. Que ce soit en coulisse depuis le départ de Jacques Brunel pour le XV de France ou sur le terrain avec une élimination de la Challenge Cup et surtout une série en cours de quatre défaites consécutives en Top 14. Et malgré les apparences, certains signes ne trompent pas :
- Le manager refuse de parler à un journal après un article.
- Des joueurs internationaux, sous contrat, priés de préparer leurs bagages.
- Le président monte au front pour défendre son club.
Avec Rory Teague, le changement, c’est maintenant. Club familial et ouvert, l’Union Bordeaux-Bègles a toujours eu la cote dans le rugby français. En plus, elle forme de nombreux jeunes talents (Serin, Poirot, Jalibert…). Le club n’a donc jamais fait trop de vagues. Mais depuis la promotion de Rory Teague à la place de Jacques Brunel, ce n’est plus la même histoire. Le manager anglais a sa méthode et compte bien l’appliquer quitte à en froisser quelques-uns comme il le déclarait à Sud Ouest : « Les décisions que je prends découlent de toutes celles qui n’ont pas été prises depuis deux ou trois ans. » Ça a au moins le mérite d’être clair.
Si certains médias avancent d’ailleurs des tensions avec son entraîneur des avants Jérémy Davidson, ce dernier affirme que « Rory [Teague] reste le même qu’avant. Il veut conduire tout le monde vers l’excellence. Il est très exigeant. C’est un jeune coach avec beaucoup d’ambition. » L’ambition d’amener (enfin) le club en phase finale dès la saison prochaine. « Sur le fond, il a raison car l’UBB stagne, il faut tenter un truc de nouveau. Après sur la forme, c’est un peu radical mais bon c’est comme ça », admet un supporter en bord de pelouse. Et pour l’instant, Rory Teague peut compter sur le soutien de son président.
Remue-ménage en coulisse. Mais parmi les décisions prises, il y en a une qui fait particulièrement du bruit. Celle de se séparer de trois internationaux français encore sous contrat jusqu’en 2019 : Clément Maynadier, Loann Goujon et Julien Rey. Selon Midi Olympique, ils ont été priés de se trouver un nouveau club comme d’autres joueurs (Doubrère, Volavola et Schoeman). « Ça arrive dans tous les clubs mais manque de bol pour nous, c’est sorti dans la presse », regrette le patron, Laurent Marti.
Le club va aussi se séparer de deux assistants de la préparation physique et de son coordinateur sportif. Ça commence donc à faire beaucoup de monde à la porte. Jean-Baptiste Dubié, le trois-quarts centre, reconnaît que « ça perturbe un peu surtout quand on l’apprend dans la presse. Après, les médias en font quelque chose de trop important. A l’entraînement, il n’y a pas de tension. Il ne faut pas que cela influe sur nos performances. »
Attention à ne pas se faire peur. D’ailleurs, il n’y a pas forcément de lien de causes à effets entre ce qu’il se passe en coulisse et les résultats sur le terrain. Surtout, quand on perd deux des trois derniers matchs d’un point. Mais, au final, l’Union Bordeaux-Bègles en est tout de même à quatre défaites d’affilée en Top 14. Et selon, Jérémy Davidson, le dernier revers à domicile contre Toulouse « a fait très mal à la tête mais il faut rester positif et se relever dès ce week-end. »
La qualification pour les phases finales sûrement envolée, il ne faudrait pas non plus se faire peur bêtement en cette fin de saison. Jean-Baptiste Dubié avoue « regarder un peu derrière [Brive, le barragiste est à 13 points]. Ce sera dangereux si on perd contre Oyonnax. » Attention donc !



















