Nouveaux investisseurs au Stade France: Mais que viennent faire les Allemands dans le rugby???

RUGBY Le Stade Français a été racheté par l'Allemand Hans-Peter Wild, qui a obtenu les clefs mercredi...

Vincent Marche

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Le Stade Français, l'Allemagne et des clichés
Le Stade Français, l'Allemagne et des clichés — SIPA et montage

On le savait depuis quelque temps (et l’épisode houleux de la fusion), le Stade Français allait être racheté. Cela aurait pu être via un groupe d’anciens joueurs emblématiques du club. Finalement, c’est l’autre projet qui a été préféré par Thomas Savare. Celui porté par l’Allemand Hans-Peter Wild. Et au premier regard, c’est peu banal de voir des Allemands qui s’intéressent au rugby…

Et pourtant, le milliardaire de 75 ans est un vrai passionné. Le chef de Capri-Sun est né Heidelberg. Cela ne vous dit probablement rien mais cette ville de Bade-Wurtemberg est le temple du rugby allemand. Parmi les seize clubs de première division, quatre clubs évoluent dans cette bourgade de 150 000 habitants (ça fait un quart, pour les moins rapides d'entre vous). En 2007, le milliardaire allemand y a créé la Wild Rugby Academy. Avant tout, il veut « s’amuser » au Stade Français dans un projet qu’il compte voir perdurer après son décès.

L’un des bras droits de Wild se nomme Robert Morh, bien connu des supporters de Bourgoin et de La Rochelle. « Le seul Allemand qui sait vraiment jouer au rugby », plaisante Hans-Peter Wild au moment de son introduction. Morh, c’est le nouveau directeur sportif du club, et il fera partie d’un double projet.

Oui, oui, un double projet. Ce rachat du Stade Français devrait en effet avoir un véritable impact: outre celui de relancer le Stade Français, Hans Peter Wild s’attache à une autre mission : celle de développer le rugby allemand. Il ne s’en est jamais caché, c’était son objectif lors de la création de son académie. « J’aimerais que l’Allemagne soit présente à la Coupe du Monde 2019 » dit-il. Pas évident, mais vraie ambition: franchir un cap.

Des matchs entre le Stade Français et l’équipe nationale allemande

Aujourd’hui, la sélection est en deuxième division européenne, à la 22e place du classement mondial. Elle a notamment battu la Roumanie en début d’année. Mais là, selon l’aveu même de Mohr, « ça stagne un peu. » « Il y a beaucoup de talent dans les jeunes allemands, mais je ne dispose pas des structures suffisantes pour les développer suffisamment. »

Alors, Wild et Mohr cherchent de nouvelles méthodes pour amener un nouveau souffle au XV d’Allemagne. Et évidemment, ce rachat du Stade Français est l'occasion rêvée. « On va essayer de créer des ponts entre le club et le rugby allemand. On va commencer par mettre en place des matchs entre le Stade et l’équipe nationale. »

« Il faut exporter le savoir-faire de la formation, poursuit Mohr. J’espère que je pourrai envoyer 3 à 5 jeunes par an dans les équipes de jeunes pour une durée déterminée. On pourra dire qu’il y aura des joueurs qui seront formés au Stade Français. »

Et quand on lui dit que ce projet pourrait faire baisser la compétitivité du Stade Français, il se défend. « Non, je ne pense pas que ça tirera le Stade Français vers le bas. Il y a peu de joueurs dans chaque catégorie qui terminent professionnels. Ce n’est pas en mettant 4 ou 5 joueurs allemands par catégorie que ça va être mauvais pour le Stade Français. » Parce qu'avant que l'Allemagne ne rejoigne le Tournoi des 7 nations, Il y aura quand même quelques Top 14 à gagner.