PSG - Losc : «NeyMaria», 3-4-3... En une demi-heure, Paris a fait oublier une première mi-temps bien médiocre

FOOTBALL Le PSG s'en est sorti grâce à une belle dernière demi-heure de haute volée

William Pereira
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PSG - Lille : Le débrief de la victoire renversante de Paris — 20 Minutes

Au Parc des Princes,

Au fond, les apôtres du résultat ont un peu raison. Quand le temps fait son effet, il ne laisse rarement plus qu’un score. 2-1 pour le PSG contre Lille, ah, oui, très bien, une victoire parisienne parmi tant d’autres, soit. Dans cinq ou dix ans, personne ne se dira, en tombant par hasard sur la feuille de match, que le Losc a outrageusement dominé la première période, que Jonathan Ikoné s’est baladé sur son couloir ou encore que Renato Sanches a enfilé son plus beau costume pour flamber à Paname. A moins d’avoir une très bonne mémoire, il restera trois noms, tous parisiens. Marquinhos, Neymar et Di Maria.

Mais avant le temps de l’oubli vient celui du constat. Paris a une fois encore mal commencé la partie, analyse à laquelle ne peut se soustraire le capitaine et buteur parisien, un peu frustré malgré la victoire. « Ça a été dur au début, souffle le Brésilien. Ils nous ont fait mal en contre-attaque, on a perdu beaucoup de ballons au milieu de terrain et on n’était pas vigilant derrière. On était un peu en retard dans notre placement, en retard pour les presser. » Le 4-3-3 initial sans idée, saveur ni direction se désagrège vite sous l’effet des transitions rapides des joueurs de Gourvennec. « La sensation qu’on avait en première période, c’est qu’on se mettait en difficulté à chaque ballon qu’on perdait », analysera Pochettino après le match. Vu le nombre de ballons perdus par le fantôme de Neymar et le sosie de Lionel Messi, sorti à la pause par précaution, on vous laisse imaginer la galère parisienne en première période.

Le 3-4-3 est-il la solution ?

Notons d’ailleurs que la phase indigeste parisienne s’est étendue au-delà de la première mi-temps, et c’est quelque part ce qu’il y a de plus cruel à dominer ce Paris. Lille a été dangereux sur une période plus longue (environ une heure), mais le PSG a réussi à faire plus et mieux en moitié moins de temps. Certes, le Losc a permis à son adversaire de le renverser en ratant le coup de grâce à deux reprises autour de la 50e minute, mais reconnaissons à ce dernier une certaine abnégation. Leonardo, de passage en zone mixte. « On minimise nos défauts à travers une grande volonté, parce que gagner contre Lille qui a fait un grand match, c’est pas facile. Ou tu as quelque chose, ou tu perds. Et là, tu as gagné. »

Une victoire que le PSG doit à deux changements. Le premier, l’entrée d’Icardi, a immédiatement pesé sur la charnière lilloise, libérant plus d’espace pour Neymar et Di Maria, derniers « game changers » en vie à ce moment de la rencontre. Le second, le passage en 3-4-3 avec les entrées de Colin Dagba et surtout Nuno Mendes, a considérablement accéléré le jeu du PSG, recentré « NeyMaria » dans une zone où leur créativité poserait plus de soucis à l’adversaire, et permis à Marquinhos de s’aventurer un peu plus haut avec le passage de Danilo en troisième défenseur axial.



Le schéma paraît tellement adapté à l’effectif de Pochettino qu’on comprend mal pourquoi il ne s’en sert qu’en dernier recours. D’autant plus que lui-même l’admet, « contre Lille, [le plan de départ] n’a pas fonctionné au départ, c’est ma responsabilité. » Curieux, tout ça.

Huit points sauvés au buzzer

Les effets du 3-4-3 sont immédiats et sans effet secondaire : Di Maria et Neymar enchaînent les galettes pour Mauro Icardi, qui devra se faire pardonner auprès de ses deux coéquipiers pour ses occasions ratées comme il a su obtenir le pardon de Wanda​, et Marquinhos égalise d’un coup de pied pas hyper académique. La suite était prévisible. Devant un virage Auteuil bouillonnant, Paris pousse, Ney exprime sa folie créative à travers la passe et Fideo conclut le bazar en filant au passage en nouveau mal de crâne à Pochettino. Il faudra en effet trouver sur le terrain une place à ce formidable joueur pourtant prédestiné à chauffer le banc à chaque nouvelle arrivée.

Au bout du compte, Paris scelle son quatrième succès à la 90e ou presque, après des victoires au buzzer contre Angers, Lyon et Metz. Si on fait le calcul, ce sont donc huit points sauvés de justesse. Pas anodin quand on sait que Lens, deuxième de Ligue 1, pointe provisoirement à dix points. Si proche et si loin à la fois.