PSG-Lorient : « Ces matchs existent dans une saison… », Paris s’en est bien sorti contre des Merlus maladroits

FOOTBALL Encore un match à envoyer aux oubliettes pour le PSG malgré le résultat positif

William Pereira

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Kylian Mbappé a marqué sur penalty contre les Merlus
Kylian Mbappé a marqué sur penalty contre les Merlus — J.E.E/SIPA

Au Parc des Princes,

Il y a des matchs qu’on est à peu près sûr d’oublier aussitôt la fin du match sifflée. A l’heure où vous lisez ces lignes, nous n’avons probablement plus aucun souvenir du vide dont aura accouché ce PSG-Lorient. Certes, il y a cette victoire qui permet aux hommes de Tuchel de ne pas décrocher du Losc en haut de tableau et de reprendre du terrain sur l’OL et l’OM. Mais peut-on se satisfaire de trois points aussi fades contre les Merlus quand on s’appelle le Paris Saint-Germain ?

Apparemment oui, à condition de s’appeler Thomas Tuchel et d’avoir encore eu à bricoler une nouvelle défense à trois (Kurzawa, Kehrer et Danilo, remplacé sur blessure par Pembele à la 10e) sous le coup de nombreuses absences. « Ce n’était pas notre meilleur match, a concédé l’Allemand en conférence d’après-match, mais avec les changements, avec la situation – on a perdu Danilo – contre une équipe comme ça, c’était plus important de ne pas perdre patience. »

Défense laxiste, attaque lorientaise maladroite

On ne peut pas en dire autant de nous, du haut de notre pupitre en tribune presse du Parc des Princes, à se geler le bout des doigts parce qu’on a encore oublié nos gants à la maison. Difficile de dire ce qui nous a le plus agacé : les errances défensives parisiennes, les ballons perdus au milieu de terrain mettant le ou les derniers défenseurs en situation de face-à-face contre un attaquant merlu ou bien le manque de réalisme de Lorient ? Mention spéciale pour cette conduite de balle niveau district de Terem Moffi à l’entrée aux 25 mètres alors qu’il s’apprêtait à défier Sergio Rico, dont la sortie laissait pourtant à désirer. « Chagriné » de repartir en Bretagne sans un but dans la besace, Christophe Pélissier n’autorise cependant pas les moqueries envers ses attaquants :

Je dirais pas que ce sont des erreurs impardonnables, parce qu’il faut y être sur le terrain. Et quand tu fais autant d’efforts défensifs, que tu te fatigues pour respecter le plan de jeu… Mais c’est comme je dis, si on veut franchir un cap en tant que joueurs et équipe, il faut mettre ces buts. »

D’autant que les Merlus ont eu plus de d’occasions qu’escompté, comme l’expliquait Paul Nardi juste après. « On s’attendait peut-être pas à avoir ce nombre incroyable de situations. Sept [en réalité huit], c’est énorme. Et en, plus des occasions très franches. C’est forcément énormément de frustration. »

En face, Tuchel n’a pas secoué plus que ça ses joueurs après leur première mi-temps indigeste sur le plan défensif. Il y avait pourtant de quoi s’arracher le peu de cheveux qui lui restent en observant le repli en gruyère de son milieu de terrain sur les contres lorientais et plus largement l’alignement de sa défense. « On a parlé de notre couverture, du fait qu’on ne doive pas laisser des un contre un dans la couverture. On a encore expliqué des détails mais c’était très calme. […] Ces matchs existent dans une saison. On a joué beaucoup de mois sans pause. On a fait des erreurs de jugement, de précision. »

De l’énergie malgré tout

Le coach du Paris Saint-Germain a quand même réussi à trouver dans l’activité et l’énergie de ses attaquants un motif de satisfaction. On évitera néanmoins de parler de fond de jeu en dépit de quelques séquences collectives intéressantes comme la passe décisive assez géniale de Rafinha pour Moise Kean. « On n’a pas manqué d’énergie aujourd’hui, on n’a pas manqué d’efforts, analyse Tuchel. Les joueurs ont essayé, on a eu beaucoup de frappes, on a eu beaucoup de touches dans la surface adverse, on a eu de la chance aussi. Regardez les résultats aujourd’hui, avec Lyon et Marseille… On peut l’accepter aujourd’hui. »

Dimanche, en revanche, ça sera une autre paire de manches contre le Losc, que les adversaires du soir des Parisiens mettent sur un pied d’égalité avec le champion de France. Thomas Tuchel n’en pense pas moins. « Nous sommes réalistes, Lille est la meilleure équipe avec nous. Ils sont très forts. C’est une équipe qui joue, très physique, qui joue des contre-attaques très rapides. Cette saison, ils ont trouvé un bon groupe avec beaucoup de qualité et avec un entraîneur extraordinaire. Je vais demander à ce qu’on prépare l’équipe de la meilleure façon, car nous devrons jouer à notre meilleur niveau. » Hier soir, le PSG en était bien loin.