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JO 2024 – Il y a un an : Faites-nous entrer ces Bleus du volley au Panthéon, et plus vite que ça !
souvenez-vous l'été dernier (16/18)•L’équipe de France de volley a décroché à Paris un deuxième sacre olympique d’affilée, marquant pour de bon l’histoire du sport françaisNicolas Camus
L'essentiel
- L’équipe de France de volley a réussi l’exploit de conserver son titre olympique ce samedi, grâce à sa victoire en finale contre la Pologne (3-0).
- Elle entre ainsi dans les livres d’histoire, puisque seuls l’URSS et les Etats-Unis avaient réussi ce back to back dans le volley.
- Ces Bleus ont définitivement inscrit le volley dans la grande et belle saga du sport co français, une réussite d’autant plus bluffante quand on voit où ils en étaient il y a une dizaine d’années.
Il y a un an se tenaient les plus beaux Jeux olympiques de l'histoire (oui, on le pense toujours). Du 26 juillet au 12 août, « 20 Minutes » vous propose de revivre un grand moment de chaque journée, à travers les récits de ses envoyés spéciaux. Une manière de faire revivre l'émotion, et se rappeler où l'on était quand ils se sont déroulés.
A Porte de Versailles,
Il faut se souvenir ce qu’était cette équipe il y a 10 ans pour bien se rendre compte de l’exploit monumental que les Bleus du volley viennent d’accomplir, ce samedi, en remportant un deuxième titre olympique d’affilée. « La Fédé n’avait pas d’argent, on dormait dans des hôtels de m…, on était je-sais-pas-combientièmes au ranking mondial, retrace le grand Nicolas Le Goff, l’émotion encore bien présente dans la voix même près de deux heures après la fin du match. C’est ce qui nous motive à chaque fois, on se le dit avec les plus anciens. On est monté, monté, monté, pour en arriver là. »
L’esprit Tillie est toujours là
Là, c’est tout en haut du volley mondial, avec ce doublé qui n’avait été réalisé que par l’URSS dans les années 60 et les Etats-Unis vingt ans plus tard. Qui aurait pu prédire que ce soit la France qui dépoussière les grands livres d’histoire, elle qui n’avait à son palmarès que deux médailles de bronze européennes et une d’argent au niveau mondial depuis l’après-guerre, avant que Laurent Tillie n’arrive au poste de sélectionneur en 2012. L’ancien international a travaillé d’arrache-pied, a construit cette équipe pierre par pierre, faisant émerger peu à peu une génération dorée portée par Earvin Ngapeth, secondé par Kevin Tillie, Antoine Brizard, Nicolas Le Goff ou Jenia Grebennikov.
« Je suis très fier, c’est énormément d’émotions, savoure le bâtisseur, croisé au pied des tribunes après le sacre de cette équipe qu’il a lâchée après Tokyo. C’est une victoire magnifique et historique, sur nos valeurs. » On lui demande s’il reconnaît toujours « son » équipe, il acquiesce sans hésiter. « Elle est dans la continuité, elle prouve qu’on peut gagner au volley en étant plus malin, plus fin. »
« Je dors plus avec ces gars-là qu’avec ma copine »
Au-delà d’un style qui lui est propre, cette alliance subtile de solidité défensive à toute épreuve et de coups de génie improbables pour faire tourner les matchs, cette équipe reprise par l’Italien Andrea Giani dégage une vraie personnalité, une cohésion. Elle a ce « petit truc en plus », comme on dit, que l’on arrive à sentir même quand on ne la connaît pas bien. Ces mecs-là transpirent la joie de trimer ensemble.
« C’est le groupe le plus soudé que vous n’avez jamais vu, tous sports confondus, vante Barthélémy Chinenyeze, qui en fait partie depuis 2017. On a un truc différent, on se connaît par cœur. Je les vois plus et je dors plus avec ces gars-là qu’avec ma copine ! » Ils passent leurs étés ensemble depuis des années, c’est vrai, écumant les grands championnats, la Ligue mondiale et la Ligue des nations. « On est des frères, on se connaît par cœur, on se respecte, on se dit les choses, observe Trevor Clevenot. Ça marche comme ça chez nous et cette énergie sur le terrain, elle vient de ce qui se passe en dehors. »
Ce tournoi, ils l’ont négocié de main de maître, hormis la grosse frayeur contre l’Allemagne en quart de finale. Menés deux sets à rien, les Bleus ont trouvé le moyen de s’en sortir et le rouleur compresseur ne s’est pas arrêté. Trois sets secs contre les champions du monde italiens en demie, trois sets secs contre les champions d’Europe polonais en finale. Prodigieux.
« Si on nous avait dit il y a une semaine qu’on allait faire deux matchs comme ça, j’aurais eu du mal à le croire, souffle Kevin Tillie. L’Allemagne, c’est le genre de rencontre qui forge le caractère. C’est ça qui fait qu’on est inarrêtable après. » Ça, et le pacte scellé pendant la préparation, alors qu’ils étaient en stage à Pornichet. Les joueurs se sont réunis pour se demander comment ils avaient envie de vivre au village. L’entre-soi contraint de Tokyo, qui leur avait porté bonheur, serait-il encore la bonne solution à la maison, avec cette ferveur ? Jean Patry raconte :
« On savait qu’il y avait des risques de s’éparpiller. Alors on a décidé, ensemble, de rester au village, entre nous, de ne pas faire venir les familles comme ont pu le faire d’autres équipes. On l’a fait sérieusement, on s’est même embêté un peu, mais au final ça a eu du bon parce qu’après on arrivait à la salle en ayant envie de tout bouffer, de s’amuser en plus. »
Cette finale contre la Pologne a été le point d’orgue, la touche finale du chef-d’œuvre. Tous les joueurs ont eu leur moment, à l’image de Quentin Jouffroy, sorti du banc pour coller trois aces quand c’était bouillant en fin de 3e set. « C’est l’équipe qui est MVP », se marre Clevenot, encore impérial en attaque avec 11 points, deuxième scoreur du match derrière un impressionnant Jean Patry (17 points).
Après le podium et une Marseillaise à vous foutre les poils, les joueurs ont du mal à redescendre. « Deux médailles d’or d’affilée, c’est absolument dingue. Tout le monde disait que c’est impossible, et nous on le fait, chez nous », répète Kevin Tillie, comme pour se convaincre lui-même. Mais c’est fou, c’est vrai, et il est grand temps de faire une place à ces Bleus du volley dans le Panthéon du sport français. « On peut dire qu’on le mérite, en sourit Chinenyeze. Le volley, c’est le nouveau handball. C’est en gagnant qu’on arrive à démocratiser un sport, et c’est ce qu’on fait. Maintenant il faut que les gens viennent nous voir encore plus, qu’ils jouent encore plus. »
NOTRE DOSSIER JO PARIS 2024Le boss Earvin Ngapeth mesure le chemin parcouru. « On le voit avec les réseaux, avec le public, la cote d’amour a explosé, observe-t-il. On sait qu’on a fait quelque chose de grand, même si on ne s’en rend pas encore tout à fait compte. » Laurent Tillie, qui a commenté cette campagne pour France Télévisions, est heureux pour son sport. Et cette équipe dont il parle toujours en disant « on ».
« On a fait grandir fortement et rapidement le volley, par les résultats, l’engouement, le nombre de licenciés, énumère-t-il. L’équipe de France a démontré la beauté de ce sport. Il faut continuer maintenant, même après deux titres olympiques. » C’est vrai, mais les questions autour de l’avenir, ce sera pour un peu plus tard. « Maintenant on va faire la fête, et ça va être énorme ! », promet Patry. Sur ce point aussi, on peut faire confiance à leur savoir-faire.



















