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Janja Garnbret, la superstar slovène venue « briser les rêves de la France »

JO 2024 – Escalade : Janja Garnbret, la superstar slovène venue « briser les rêves de médaille d’or de la France »

Jeux olympiquesSur la route vers l’or olympique, l’escalade féminine française risque de rencontrer un gros problème. Janja Garnbret, ultrafavorite et reine de sa discipline
Jean-Loup Delmas

Jean-Loup Delmas

L'essentiel

  • Janja Garnbret, superstar slovène, a entamé sa compétition d’escalade ce mardi.
  • Sa prestation éblouissante, un presque parfait, a de quoi spoiler un peu le résultat de la finale samedi.
  • Dans l’équipe de France, avec notamment la très ambitieuse Oriane Bertone, on a appris à composer avec la Slovène.

De notre envoyé spécial dans les problèmes,

A voir la grimpeuse Oriane Bertone survolait la demi-finale de bloc ce mardi matin, le public du Bourget se mettait presque à rêver d’une médaille d’or en escalade. Après tout, la Réunionnaise connaît une incroyable montée en puissance ces derniers mois, possède clairement l’étoffe et la mentalité des grands champions et n’a jamais caché ses ambitions. Alors, pourquoi ne pas y croire ?

Le passage de la dernière participante du concours, Janja Garnbret, est venu apporter une cinglante réponse à la question. Parce que la Slovène existe, et que tant qu’elle respire, il semble difficile de l’imaginer perdre. Un peu comme devoir se fader Armand Duplantis à la perche ou Michael Phelps dans un bassin. Si la reine des grimpeuses a été accueillie par une très chaleureuse ovation du public, presque autant que si elle était française, sa prestation, elle, aura refroidi plus d’un rêve tricolore dans le public. Son run : 99,6 points sur 100. Et elle a encore plus d’avance en « difficulté », l’autre épreuve qui déterminera la championne olympique.

Un problème nommé Janja

Sauf surprise, Janja Garnbret devrait briser le cœur de plus d’un Français lors de la finale. Qu’importe. Dans le public, certes chauvin mais pas rancunier, on sait aussi reconnaître une « GOAT (Greatest of all time, meilleure de tous les temps) quand on a la chance d’en voir une en direct. Tonnerre d’applaudissement sur chacun de ses passages et de ses triomphes si faciles. Elle réussira les quatre blocs jusqu’au bout, la seule à y parvenir, dont deux flashés du premier coup. La Slovène ne s’éternise pas, et on passe plus de temps à commenter ses passages qu’à les voir. Dans les travées du stade, on ne cesse de l’évoquer – « Janja », « la Reine », « la GOAT », « la Slovène », les surnoms ne manquent pas – comme la boss finale qui n’en laissait jamais aux autres.

« Elle va nous faire du mal et a l’air inatteignable, mais je veux bien qu’on finisse deuxième si c’est face à elle », admettait Anthony, venu voir et les Français et la Slovène. Il prend l’exemple de Félix Lebrun : « Il a perdu face à meilleur que lui, mais sa médaille de bronze était déjà une émotion incroyable, plus que certaines médailles d’or. Des fois, il y a plus fort, c’est le sport. Après, sur un malentendu… »

« A moins qu’elle se pète le bras… »

Lilly aussi en avait plein les yeux pour la championne : « Elle est dingue de facilité. Si je n’avais pas vu les autres grimpeuses avant, on pourrait croire que ce sont des blocs simplissimes vu sa façon de les survoler ». Les grimpeuses étant assez proches de leur communauté, Lilly poursuit : « Le pire, c’est qu’on ne peut même pas lui en vouloir. Elle a l’air adorable et si gentille. »

A seulement 25 ans, Janja Garnbret a déjà tout gagné – la première médaille d’or de l’histoire à Tokyo, 8 championnats du monde et 10 Coupe du monde. Et elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Lorsqu’on lui explique que la France rêve d’or, et qu’elle va sûrement briser nos rêves, sa réponse est laconique : « Yes. » Un silence, puis un peu développement : « Je ferais de mon mieux pour défendre mon titre de Tokyo et être à nouveau championne. Je vais me concentrer sur moi, même si je sais que les filles françaises sont très fortes. »

« Si la fenêtre s’ouvre, il faudra qu’on soit prêt à la prendre »

Le coach de la Slovénie se montrait encore plus clair : « Bien sûr qu’elle est immense favorite. Je pense que tout le monde sait que Janja Garnbet est la meilleure grimpeuse et qu’elle tient une forme extraordinaire. Mon opinion, c’est qu’elle mérite largement l’or. »

Le coach français, Nicolas Januel, a lui appris à composer avec la Slovène dans les compétitions : « Forcément, Janja, c’est un peu le moteur pour nous tous, l’objectif ultime. On regarde en haut et elle est là. Après, le plus important pour nous, c’est qu’Oriane soit dans la meilleure forme possible. Advienne que pourra, l’escalade est une discipline un peu aléatoire, où il peut y avoir plus d’une surprise, et si la fenêtre s’ouvre, il faudra être là à 200 %. »

Oriane Bertone, tout sourire après sa deuxième place et son excellente prestation, se voulait offensive : « Je n’ai jamais été aussi forte de ma vie, j’ai très confiance en moi, j’ai mis beaucoup de choses en place et je me suis beaucoup entraînée. » Allez, on y croit un peu à cet or ? Nicolas Januel : « On y croit à 200 %. Y a pas que la Slovène, plein d’autres filles sont très fortes, dont Oriane. » Oh et puis merde, il a raison, malgré Janja Garnbret, on va rêver et espérer.