JO 2024 - Judo : « Tout le Japon est sous le choc »… La reine Uta Abe anéantie après sa première défaite depuis 2019
COUP de tonnerre•La championne olympique en titre a très mal vécu son élimination dès les huitièmes de finale, ce dimanche à l’Arena Champ-de-Mars. Et tout le Japon aussiJérémy Laugier
L'essentiel
- Le tournoi olympique de judo se poursuit ce dimanche à l’Arena Champ-de-Mars à Paris, avec deux nouvelles chances de médailles françaises (Amandine Buchard et Walide Khyar).
- La sensation de la matinée est venue de l’élimination de la Japonaise Uta Abe dès les huitièmes de finale en -52 kg.
- Championne olympique à Tokyo, la judokate de 24 ans n’avait plus été battue depuis 2019, et ses sanglots après sa défaite sont une image forte de ces JO de Paris 2024.
A l’Arena Champ-de-Mars,
Les judokas fendent souvent l’armure lorsque le couperet tombe depuis le début des JO de Paris 2024 samedi, à l’image du Français Walide Khyar, totalement médusé par sa défaite ce dimanche midi en quart de finale des - 66 kg. Sauf qu’il va batailler cet après-midi pour tenter de s’offrir une médaille de bronze, comme Shirine Boukli la veille. Eliminée en huitième de finale des - 52 kg, la championne olympique en titre Uta Abe n’aura pas cette chance.
A 11h13, dès son deuxième combat de la journée, la Japonaise de 24 ans a tout simplement subi sa première défaite depuis 2019. Terrassée sur ippon à 56 secondes de la fin de son combat par la (certes) numéro une mondiale, l’Ouzbèke Diyora Keldiorova, la grandissime favorite a fondu en larmes. C’est même sans doute la plus grosse séquence de peine d’un(e) athlète de ces Jeux olympiques. Uta Ube était tellement anéantie qu’après plusieurs minutes d’incrédulité, elle a quitté le tatami de l’Arena Champ-de-Mars portée par son entraîneur.
« A la une de tous les médias au Japon »
Depuis ce moment-là, les journalistes japonais sont tous dans l’attente d’avoir sa réaction. « Uta Abe est dans un tel état qu’elle ne se sent pas encore de venir s’exprimer face aux médias », nous confiait la responsable de communication de la délégation de judo nippone vers midi. « C’est tout le pays qui est sous le choc, son élimination surprise fait la une de tous les médias là », indique Takafumi Yoshida, journaliste pour le média Kvodo News.
Puis à 15 heures, soit près de quatre heures après sa défaite, elle s’est présentée en zone d’interview face à une trentaine de journalistes japonais. Au vu de l’afflux de médias inédit en zone mixte sur cette compétition de judo, l’orga s’est démenée pour installer un micro à pied pour la jeune lauréate de Tokyo 2021.
« Je n’arrive à penser à rien »
En apparence calme, mais trahie par une voix encore tremblante, Uta Abe est revenue pendant cinq minutes sur sa détresse (big up à Takafumi Yoshida pour la traduction, notre maîtrise du japonais étant perfectible) : « Après le combat, j’étais déboussolée, et depuis je n’arrive à penser à rien, je ne peux rien faire, hormis le contrôle antidopage ».
Puis elle est revenue sur ce qui avait précédé cet état de choc, avec des signes avant-coureurs à l’entendre : « Je me suis sentie plus nerveuse que sur les autres compétitions, j’ai senti des éléments négatifs. C’était à part ici mais j’aurais dû gagner ces Jeux. C’était mon unique objectif, j’ai tout donné pour ça ».
Uta Abe pourrait désormais encourager son frère Hifumi Abe (26 ans), lui aussi vainqueur à Tokyo et qualifié en demi-finale des - 66 kg ce dimanche après-midi. Quant à nous, malgré la violence des images de la détresse de la Japonaise, on ne peut s’empêcher de penser que ça pourrait permettre à Amandine Buchard (en demi-finale elle aussi) de rendre son rêve d’or olympique (un peu) plus accessible. Oui, on sait, c’est mal.



















