JO 2024 – Natation : Ariarne Titmus remporte le premier combat des cheffes face à Katie Ledecky, ça promet pour la suite
rivalité•La légende américaine, septuple championne olympique, a subi la loi de sa principale rivale sur 400m nage libre, mais tâchera de prendre sa revanche sur le 800, sa distance de prédilectionNicolas Camus
L'essentiel
- L’Australienne Ariarne Titmus, déjà sacrée à Tokyo il y a trois ans, a conservé son titre sur 400m nage libre ce samedi à La Défense Arena.
- Pour ce qui représentait le premier grand rendez-vous de natation de ces JO, l’Australienne a été plus rapide que Summer McIntosh (2e) et la légende américaine Katie Ledecky (3e), qi devra patienter pour un huitième titre olympique.
- Cela pourrait arriver sur le 800m, où Ledecky retrouvera sa nouvelle grande rivale pour un duel qui promet beaucoup.
De notre envoyé spécial dans l'eau chlorée,
C’était le premier soir de natation et, déjà, l’une des courses les plus attendues de la semaine chez les femmes. L’Américaine Katie Ledecky (27 ans), septuple championne olympique, allait-elle réussir à récupérer son bien sur 400m nage libre, distance dont elle a longtemps été la reine mais où elle subit désormais la concurrence d’un avion venu d‘Australie ? La réponse est non. Et ce n’est pas une surprise.
Car aujourd’hui, Ariarne Titmus (23 ans) est en train de se construire un empire sur la distance. L’Australienne, déjà championne du monde en 2019 à l’âge de 18 ans, avait vraiment explosé à la face du monde en lors des JO de Tokyo, où elle avait détrôné son aînée au terme d’une des plus belles courses de l’histoire sur la distance. A nouveau sacrée lors des Mondiaux 2023, détentrice du record du monde, elle a confirmé ce samedi à Paris qu’il n’y avait quasiment plus match avec l’Américaine.
« C’était vraiment un honneur de faire cette course à ses côtés encore une fois. Je l’admire vraiment, pour tout ce qu’elle a fait en tant qu’athlète, soulignait Titmus en zone mixte quelques minutes après la course. Ce n’est pas une rivalité, on se respecte beaucoup et en dehors du bassin on a une bonne relation. » Peu après, la légende américaine faisait son apparition. « Ça a nagé trop vite pour moi », soufflait-elle.
Le bolide McIntosh s’intercale
Ledecky n’a en effet jamais été dans le match, derrière Titmus donc mais aussi Summer McIntosh, la dernière petite bombe sortie de l’usine canadienne, qui avait fait sensation à Tokyo en prenant la 4e place sur la distance, à 14 ans. Aujourd’hui quadruple médaille d’or mondiale alors qu’elle n’est pas encore majeure, elle s’affirme peu à peu comme la numéro 2. En tout cas, dans cette La Défense Arena à l’acoustique qui promet beaucoup pour le premier des cinq travaux de Léon Marchand dimanche, les deux jeunettes, placées côte à côte couloirs 4 et 5, sont sorties du plot du départ en tête, et n’ont jamais laissé à leur adversaire l’occasion de se remettre dans la vague.
« Chaque fois que je nage contre ces filles, c’est une opportunité incroyable pour moi d’apprendre, savourait la benjamine du trio en fin de soirée. Je m’améliore beaucoup grâce à elles, elles me poussent. Là, de battre Katie et de prendre cette médaille d’argent, c’est assez surréaliste pour moi. » Cette finale résonne comme une passation de pouvoir. Définitive. Ariarne Titmus :
NOTRE DOSSIER JO PARIS 2024« « Cette médaille d’or est vraiment un grand soulagement, parce que ce n’était pas comme la première fois. Je savais ce que ça coûtait d’être championne olympique, à quel point c’est difficile de courir avec cette pression. Le bruit, l’ambiance, les attentes, rien n’est comparable aux Jeux olympiques et je suis heureuse d’avoir réussi à conserver ce titre. » »
Mais attention, la bataille n’est pas encore finie. Car si Ledecky pouvait s’attendre à cravacher sur 400, elle compte bien se faire respecter sur 800. Cette distance, c’est son jardin, celui qu’elle aménage avec soin depuis plus de 10 ans et dans lequel elle n’invite jamais les copines. Triple tenante du titre, elle a l’occasion à Paris de devenir la première nageuse de l’histoire à remporter quatre médailles d’or sur la même épreuve. Seul Michael Phelps a réussi cet exploit, chez les hommes (sur 200m 4 nages).
Ariarne Titmus, en argent il y a trois ans au Japon, cherchera à l’en empêcher. Ce serait un tremblement de terre si elle y parvenait, et assurément une nouvelle course de légende à encadrer grâce à ces deux-là. Rendez-vous dans une semaine tout pile pour cette revanche qui fait déjà saliver tout le monde.



















