JO de Paris 2024 : Des questions autour d’un projet de village saoudien aux Invalides
polémique•Fermement opposés à cette idée, des députés de droite, notamment, comptent bien la faire enterrerN.C. avec AFP
Décidément, il ne se passe pas un jour en ce moment sans que l’on ne parle de l’investissement de l’Arabie saoudite dans le sport, que ce soit de près ou de loin. Mercredi, c’est le projet d’installation d’un village olympique saoudien à partir de mai et pendant quatre mois aux Invalides, lieu emblématique des armées françaises à Paris, qui suscite le débat. Des députés de droite, fermement opposés à cette idée, comptent bien la faire enterrer.
« L’Arabie saoudite pose un problème spécifique sur le respect des droits de l’Homme, mais si c’était un village danois ou canadien, la problématique aurait été la même, explique la députée LR Nathalie Serre, membre de la commission Défense à l’Assemblée nationale, à l’AFP. Il y a des choses qui ne sont pas vendables, monnayables et les Invalides, à mon sens, en font partie. »
Selon elle, le royaume d’Arabie saoudite pourrait, moyennant finances évidemment, installer à partir du 10 mai un village olympique dans l’enceinte de l’Hôtel national des Invalides, possiblement à proximité de la nécropole militaire où repose Napoléon.
« Il y a des discussions en cours à la demande des Saoudiens », reconnaît le ministère des Armées auprès de l’agence de presse. Cependant, « elles se font moyennant des conditions très strictes que les Saoudiens n’ont pas encore acceptées, qui doivent permettre d’assurer la sécurité du site, la solennité du lieu, la tranquillité des pensionnaires de l’Institut national des Invalides (INI) » qui héberge des blessés de guerre et d’anciens combattants, tient-il à préciser.
« On parle des valeurs de la République »
Si le projet devait se réaliser, « les indemnités de mise à disposition seront reversées au musée de l’Armée et à l’INI », ajoute le ministère. Interrogée sur le sujet mercredi lors des questions au gouvernement, la secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Patricia Mirallès, était bien embêtée. « Aujourd’hui, rien n’est concret, rien n’est fait et donc je comprends vos interrogations mais je ne répondrai pas sur des choses qui ne sont pas faites, ni signées, avec aucun accord », a-t-elle déclaré.
« On parle des valeurs de la République », rappelle la députée Nathalie Serre, qui restera très attentive aux avancées (ou non) du dossier. L’Hôtel des Invalides abrite notamment le musée des Armées, le tombeau de Napoléon et le musée de l’Ordre de la Libération.



















