JO 2024 : « La fête est finie »… La finale très sérieuse (mais décevante) d’Alexis Jandard, le-plongeur-qui-a-chuté
jeux olympiques•Devenu une star bien malgré lui depuis une chute sur le plongeoir devant les caméras du monde entier, Alexis Jandard avait à coeur de faire une finale sérieuse. Mission réussieJean-Loup Delmas
L'essentiel
- Depuis trois mois, le Plongeon 3 mètres synchronisés a pris un énorme coup de projecteur en France, en raison de la chute malencontreuse d’un athlète au moment où toutes les caméras étaient sur lui.
- Pour Alexis Jandard, le-mec-qui-est-tombé, cette projection express reste un bon cadeau, que le public lui a bien rendu en finale.
- Mais il était temps pour lui d’arrêter les blagues et de montrer ce qu’il savait faire quand il était sérieux.
De notre envoyé spécial dans la blague trop longue,
« La guêpe » pour l’épéiste Laura Flessel, « Les experts » au hand-ball, « la gazelle » pour Marie-Jo Pérec… Il y a mieux qu’inscrire son nom sur le palmarès olympique : s’y créer un surnom. Pour Alexis Jandard, ce sera « Mais si tu sais, le plongeur qui s’est pété la gueule ». Sa gamelle légendaire sur le plongeoir il y a trois mois, en mondovision pour l’inauguration du centre aquatique olympique, l’a fait passé au rang de star bien malgré lui. En se pétant la tronche dans les grandes largeurs, Alexis Jandard apportait aux Français la catharsis dont ils avaient besoin : rire de l’échec annoncé des Jeux plutôt que prendre le risque d’espérer (ils auraient dû).
« C’est lui le gars qui a chuté »
Reste qu’un surnom, aussi peu flatteur soit-il, reste une manière de faire parler de soi, et jamais le Plongeon 3 mètres synchronisés n’aura connu un tel traitement médiatique en France, ni autant d’intérêt du public, certes pour des raisons singulières. Dans les travées du centre aquatique olympique, les nombreux Français présents annonçaient la couleur : « C’est lui, le gars qui a chuté », « Tu imagines s’il recommence ? », « C’est trop bien qu’il soit en finale », « Il est trop drôle, je l’ai vu en parler après en interview, il a beaucoup d’autodérision. »
Retraçant son parcours entier jusqu’à cette finale, Alexis Jandard ne pouvait nier que cette chute malencontreuse avait été l’une des étapes décisives : « C’était une chance unique de mettre les projecteurs sur le plongeon, surtout à seulement trois mois des Jeux. C’était un beau cadeau, même si je voulais ne pas m’enfermer là-dedans. »
« Je préfère qu’on regarde mes plongeons que mon slibard »
Son binôme de plongeon Jules Boyer ne peut que le comprendre, lui qui s’est mangé à son tour un buzz au moins aussi incongru. Cette fois sur son slip que des internautes trouvent très, très bien rempli. L’occasion à son tour de revenir sur cette expérience : « Il faut se méfier de ce genre de blagues qui peuvent faire sortir les athlètes de leur bulle. Après si ça fait rire des gens, tant mieux, mais je préfère qu’on regarde mes plongeons que mon slibard. »
Ça tombe bien, car pendant la compétition, le public a arrêté de faire des vannes, et on le jure, aucun Français présent n’a espéré une chute pour la boutade, ou commenter le paquet des plongeurs, mais ne rêvait que de médaille olympique. Pendant six sauts, la paire Alexis Jandard-Jules Boyer a montré ce qu’ils savaient sérieusement faire, le tout devant un public conquis.
« La fête est terminée depuis longtemps »
Pas de chute on vous rassure donc, mais un saut numéro 4 un peu foiré par la paire qui les condamne à la cinquième place. De quoi provoquer quelques larmes à la fin, deuil d’une médaille de bronze jouable et preuve, s’il le fallait encore, qu’ils ne venaient pas ici pour rigoler.
C’est bien connu, les meilleures blagues sont les plus courtes, et Alexis Jandard profitait de notre relance sur sa chute pour gentiment sonner la fin de la récré. « On a été champion d’Europe y a un mois, on a joué une finale olympique. Donc je pense que la fête est terminée depuis longtemps ». Avant de rassurer quand même : « Je resterai un déconneur jusqu’au bout, il n’y a pas de galère. »


















