Mondial de handball: «Il faut être fusionnel», le beau discours de coach Didier Dinart après la victoire

HANDBALL Mine de rien, l'ancien défenseur des Experts avait une sacrée pression pour sa première en tant que coach numéro 1...

Nicolas Camus

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Didier Dinart prend Michaël Guigou dans ses bras après la victoire de l'équipe de France au Mondial de hand, le 29 janvier 2017.
Didier Dinart prend Michaël Guigou dans ses bras après la victoire de l'équipe de France au Mondial de hand, le 29 janvier 2017. — FRANCK FIFE / AFP

Quand on parlait d’équipe attendue, il y en avait un, peut-être, qui avait un poil plus de pression que tout le monde. Didier Dinart avait beau rappeler avant le début de la compétition qu’il était dans le staff des Bleus depuis plus de trois ans, qu’il était numéro 1 ou tout comme depuis l’Euro 2016, il savait qu’il serait jugé sur ce Mondial. Devenu officiellement entraîneur en chef après les JO de Rio, l’ancien roc de la défense avait mine de rien la responsabilité, pour sa première compétition dans ce costume, de ne pas faire perdre la France chez elle.

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Cela ne sert à rien de disserter de ce qui se serait passé si cela avait été le cas. La France est championne du monde, et après la victoire sur la Norvège en finale, coach Didier a tenu son discours le plus intéressant de la compétition. Lui qui n’était jamais très bavard quand il était interrogé sur sa gestion de la proximité avec les joueurs, qu’il a pour la plupart eu comme coéquipiers, s’est laissé aller au détour d’une question sur sa manière très excitée de vivre le match:

 «J'ai vécu certaines décisions comme une injustice, et partageant le projet avec les joueurs et vivant les actions à 100%, ça fait que je m'excite, un peu trop peut-être. Mais il faut vraiment vivre à 100% et être fusionnel avec le groupe pour pouvoir sentir les choses. Le groupe est solidaire car il voit qu'il y a une complicité avec son entraîneur. J'ai connu ça quand j'étais en club, et c'est ce que je veux reproduire, tout simplement. C'est quelque chose de tout à fait naturel et normal. Je dis toujours: "On gagne comme un champion, on perd comme un champion et on fait la fête comme un champion". Donc, une fois par an, je suis comme un joueur. Ou plutôt deux fois: quand on gagne la demi-finale, et quand on gagne la finale. Ce sont des moments où il ne faut pas mettre de barrières, parce que si tu te sacrifies tout le temps, et le jour où tu dois être heureux, tu fais le sérieux... Non».

C’est aussi en cela que Didier Dinart se distingue de Claude Onesta. Les bons mots sont peut-être plus rares, mais l’attitude plus libérée. Les joueurs, en tout cas, ont tous rendu hommage au duo d’entraîneur qu’il forme avec Guillaume Gille. «Si on a la reconnaissance des joueurs, tant mieux, dit ce dernier, dont c’était la première compétition sur le banc. Tant mieux qu’ils se sentent dans de bonnes conditions pour performer, parce que c’est ça, finalement, le but de notre accompagnement. Comment les mettre dans de bonnes conditions pour qu’ils puissent utiliser le fantastique potentiel qu’ils ont.»

Ce Mondial aura été un sacré baptême du feu pour eux deux. Ils en ressortent avec un titre de champions du monde… et une liberté qui va s’élargir. Satisfait de la manière dont a évolué le groupe pendant un mois, Onesta avait dit après la demi-finale qu’il pourrait bientôt prendre encore plus de recul que ces derniers mois, passés dans le rôle de «manager général». Connaissant le personnage, cela vaut tous les discours de félicitations du monde.