PSG : « Que veux-tu faire contre eux ? »… Ferran Torres-Dembélé, la nouvelle connexion haut débit à Paris
DOUBLETTE GAGNANTE•Alignés sur le front de l’attaque pour la première fois de la saison, Ousmane Dembélé et Ferran Torres ont montré une complicité dingue lors de la ballade parisienne face au Slovan BratislavaAymeric Le Gall
L'essentiel
- Ousmane Dembélé et Ferran Torres ont montré une connexion immédiate lors de leur première titularisation conjointe, vendredi, lors de leur entrée en lice en Ligue des champions face au Slovan Bratislava.
- A l’origine de cinq des six buts parisiens de la soirée, les deux hommes ont montré une complicité évidente vendredi soir, coupant court à l’idée récemment entendue que les deux hommes étaient en concurrence pour le même poste.
- Les deux joueurs partagent la même philosophie de jeu, basée sur les efforts défensifs et le contre-pressing, ce qui devrait ravir le coach parisien mais aussi lui procurer des migraines cette saison vu l’effectif qu’il a à sa disposition sur le front de l’attaque.
Il faut bien mal connaître le Paris Saint-Germain de Luis Enrique pour dire, comme on l’a beaucoup entendu après le premier match de la saison à Rennes, après le remplacement d’Ousmane Dembélé à la pause par Ferran Torres, que le Ballon d’or risquait d’avoir chaud aux fesses avec l’arrivée du champion du monde espagnol dans la capitale.
Alignés ensemble pour la première fois de la saison sur le front de l’attaque parisienne pour l’entrée en lice des doubles champions d’Europe face au Slovan Bratislava, les deux hommes ont montré à ceux qui osaient en douter qu’il n’y avait pas forcément besoin de beaucoup de vie commune pour être en totale osmose, pour peu qu’on parle le même langage, celui du jeu et du collectif.
Une association plus que prometteuse en attaque
Il n’aura fallu que seize petites minutes, dans la foulée de l’ouverture du score de l’international français (15e), pour que la connexion Dembouz-Torres ne procure ses premiers frissons au Parc des Princes, avec une sublime ouverture de l’Espagnol en profondeur pour son adversaire en demi-finale de la Coupe du monde aux Etats-Unis.
Les deux nouveaux compères seront ensuite à l’origine du second but parisien signé Dembouz, grâce à leur pressing coordonné sur les défenseurs slovaques lors d’une touche jouée en retrait et récupérée par Dro Fernandez, dont le tir contré finira sur la tête du numéro 10 parisien, à l’affût dans les six mètres adverses.
Une séquence qui devra ravir Luis Enrique, lui qui a fait de Dembélé cette machine à harceler le porteur du ballon pour gêner la première relance. Ce n’est pas pour rien qu’il avait fait de Torres sa cible prioritaire dès la fin de la saison dernière. L’ex du Barça n’est pas homme à rechigner sur les efforts défensifs et le sacrifice collectif, ceux sans qui il n’est plus possible de remporter des titres au plus haut niveau, comme l’expliquait très bien son ancien coéquipier blaugrana Lamine Yamal dans la semaine.
Deux Dembélé pour le prix d’un
Et à voir la manière avec laquelle Ferran Torres s’est arraché tout au long de la soirée pour venir presser haut et fort la défense du Slovan, à l’image de ce tacle rageur (et propre) juste sous les yeux de son coach en seconde période, on se dit que l’Espagnol était prédestiné à atterrir, ici et maintenant, dans la capitale française. Interrogé sur la performance de sa nouvelle pouliche et fidèle à lui-même, Luis Enrique a préféré laisser de côté le triplé du bonhomme pour saluer avant tout ses efforts « dans le contre-pressing ».
Frères de pressing, Dembélé et Torres le sont aussi quand il s’agit de flamber devant le but, comme sur cette offrande du premier pour le second sur le but du 2-0. Trouvé en profondeur par le Ballon d’or 2026 après un appel de balle dont seul les très grands numéros 9 connaissent le cheat-code, le champion du monde terminait le boulot de près d’une volée plus compliquée à réaliser qu’il n’y paraît.
Bras dessus, bras dessous après ce premier coup d’éclat, le duo infernal était à un cheveu (= un arrêt de zinzin de Takac) d’inverser les rôles quelques minutes plus tard, Torres se muant alors en passeur instinctif de la tête pour un Dembélé plus malheureux que malchanceux sur sa reprise de l’intérieur du pied détournée sur la barre.
Au retour des vestiaires, le buteur espagnol montrait au Parc des Princes toute l’étendue de sa classe d’un geste sublime, un contrôle de l’exter/feinte de frappe pour s’ouvrir l’angle de tir, avant de glisser un plat du pied imparable à mi-hauteur pour le but du 4-0. L'Espagnol conclura son récital par une troisième réalisation sur un corner frappé par vous-savez-qui, avant de sauter à nouveau dans les bras de Dembélé, avec qui la vie s’annonce radieuse dans les semaines et les mois à venir. Préfigurant le casse-tête qui risque de se poser à chaque entraîneur opposé au PSG cette saison, un confrère posait la bonne question à Yaya Touré : comment faire pour arrêter ce duo infernal ?
« Ouh, je ne sais pas… Je ne sais pas, répète-t-il, songeur. Que tu prépares le match ou non, ces joueurs sont toujours là au moment où il faut. Qu’est-ce que tu veux faire ? Le gars est Ballon d’or… Je ne peux pas leur mettre trois ou quatre joueurs sur le dos à chacun. C’est très dur de mettre quoi que ce soit en place. » D’autant que l’un comme l’autre semble prendre un malin plaisir à se balader un peu partout sur le terrain - une condition sine qua none pour avoir le droit de jouer sous les ordres de Luis Enrique –, preuve encore une fois que leur association, loin d’être impossible, est une bénédiction pour le PSG.
Passsé en zone mixte pour célébrer son premier triplé en Ligue des champions sous les couleurs parisiennes, Torres ne cachait pas le feeling particulier qu’il a avec son nouveau coéquipier depuis son arrivée au club. Une connexion qui, à l’écouter, existait déjà du temps du Barça, du reste. « J’ai toujours eu une bonne relation avec Ous'. C’est un joueur qui rend les choses plus faciles, il a une vision du jeu spectaculaire. Il peut te mettre des buts comme te faire des passes décisives. Je dois donc l’aider à continuer à faire des passes décisives », a-t-il plaisanté.
La seule question qu’on se pose, au fond, après ce récital Dembelo-Torresque, c’est comment va faire le coach pour contenter tout le monde, lui qui s’est passé des services de Khvicha Kvaratskhelia et de Désiré Doué mercredi, et que Maghnes Akliouche a lui aussi montré qu’il faudrait compter sur lui cette saison. Mais ce sont là des problèmes de nantis dont rêveraient la plupart des entraîneurs du continent. Charge à Luis Enrique d’en faire une force supplémentaire pour aller conquérir la troisième étoile tant convoitée par tous les supporters du PSG.



















