PSG-Bratislava : « Ce sont des machines »… Les champions d’Europe en démonstration pour leur grand retour en C1
ILS ONT ENCORE FAIM•Opposé à une équipe trop faible pour faire le poids, le PSG a profité de ce match gagné d’avance pour retrouver de la confiance face au but et enclencher une dynamique positive avant deux déplacements à Brest et MarseilleAymeric Le Gall
L'essentiel
- Le PSG a écrasé le Slovan Bratislava 6-1 au Parc des Princes lors de son retour en Ligue des champions, avec un doublé de Dembélé et un triplé de Ferran Torres, permettant à l’équipe de retrouver de la confiance après des matchs marqués par un manque d’efficacité.
- Luis Enrique a salué l’intensité de son équipe en déclarant « Quand on joue comme ça, avec cette intensité, peu importe qui est en face, c’est difficile pour eux », et a récompensé le jeune Dro Fernandez d’une titularisation tandis que Kvaratskhelia et Doué sont restés sur le banc toute la soirée.
- Yaya Touré, coach adverse, a été impressionné par le PSG et a affirmé « Paris sera encore proche de gagner le trophée cette saison » et « C’est incroyable la manière dont Luis Enrique a bâti cette équipe, c’est une machine ».
Au Parc des Princes,
On s’attendait à du spectacle pour le grand retour du PSG dans sa compétition, cette Ligue des champions où il brille de mille feux depuis deux saisons maintenant, et on n’a pas été déçu du voyage. En désossant les pauvres Slovaques du Slovan Bratislava (6-1), mercredi soir, dans un Parc qui s’était habillé de lumière et de magnifiques tifos pour saluer le retour de ses héros de Budapest, la bande à Luis Enrique a réalisé le match qu’on attendait d’elle, celui qui lui permet de retrouver de la confiance après trois matchs frappés du sceau du manque d’efficacité face au but.
Si ce large succès face à une équipe trop faible pour faire le poids plus de 15 minutes, le temps pour Dembélé d’inscrire ses deux premiers pions européens de la saison (17e et 23e), ne permettra pas de tirer de grandes conclusions, il devrait au moins servir à lancer une dynamique positive avant deux déplacements cruciaux à Brest et à Marseille en Ligue 1, avant deux couper pour trois semaines pendant la trêve internationale.
Ferran Torres, le requin des surfaces
Il aura aussi permis de confirmer ce que l’on avait entraperçu à Rennes lors de la première journée, à savoir que l’ancien Barcelonais Ferran Torres est un formidable finisseur de sang-froid face aux cages, lui qui s’est payé un triplé, son premier sous le maillot parisien, après avoir déjà claqué un doublé en Bretagne pour sauver son équipe d’une défaite qui lui tendait pourtant les bras. Adoubé par le Parc des Princes à sa sortie du terrain, le bourreau de l’Argentine (cheh !) en finale de la Coupe du monde a pu constater que son association avec Ousmane Dembélé avait de quoi mettre des paillettes dans la vie des supporters parisiens cette saison.
Mais comme il le fait toujours, Luis Enrique préférera certainement mettre en avant la mentalité de son équipe et son attitude dans le pressing à la perte du ballon. A juste titre d’ailleurs car, pour la première fois de la saison, on a vu des joueurs morts de faim, prêts à sauter à la gorge de l’adversaire à la perte du ballon pour l’empêcher de sortir de son camp.
C’est d’ailleurs ce qu’a salué l’ancien sélectionneur espagnol en conférence de presse : « Malgré les mauvais résultats du début de saison, je suis très content de ce que je vois lors des séances d’entraînement et aujourd’hui je trouve qu’on a été beaucoup mieux sans le ballon que ce qu’on a vu depuis le début de saison. Quand on joue comme ça, avec cette intensité, peu importe qui est en face, c’est difficile pour eux. »
Kvara et Doué font banquette toute la soirée
Mention spéciale tout de même pour Dro Fernandez, la surprise du chef, titularisé au milieu du terrain à la place de João Neves, et qui s’est montré digne de la confiance que son coach lui a donnée, multipliant les efforts dans tous les coins du terrain et se montrant désormais au niveau technique et physique du reste du groupe. Il aurait même pu ouvrir le score en tout début de rencontre mais son tir, que le Parc et le monde avaient vu au fond, trouva sur sa route un gardien du Slovan en mode Thierry Omeyer dans les buts. Sa titularisation ?
« C’est une récompense pour son bon travail depuis le début de la saison, valide Enrique. Dro a seulement dix-huit ans, c’est incroyable de le voir jouer de cette manière, même si on le savait déjà avant même qu’il nous rejoigne. Il aura des minutes cette saison. »
La profondeur de banc et la qualité des recrues (on peut même y inclure Dro) sont certainement les meilleures nouvelles du moment et le plus grand enseignement à tirer de ce début de saison du côté de Paris, ce qui sera possiblement source de problèmes (de riche) à l’avenir pour Luis Enrique, lequel s’était passé de Kvaratskhelia et Désiré Doué sur le front de l’attaque au coup d’envoi. Les deux grands artisans du sacre de l’an passé ne sont même pas entrés en jeu mercredi, ce qui dit tout de même quelque chose de la manière dont le coach espagnol va diriger son groupe cette année.
S’il a de nouveau expliqué que son génie géorgien méritait certainement de remporter le Ballon d’or cette année, « Lucho » s’est permis de le laisser faire banquette pour ce premier match de Ligue des champions, la compétition qui lui donne envie de se lever le matin, ce qui peut être perçu comme un message amicalo-subliminal. La concurrence est rude, plus rude encore que les années précédentes, et ceux qui ne se donneront pas à 100 % au quotidien, à l’entraînement comme en Ligue 1, sauront à quoi s’en tenir.
Yaya Touré vote PSG
Même sans eux, et même si en face c’était Bratislava, une équipe qui est au foot ce que les Bratisla Boys étaient à la musique, de joyeux lurons conscients de leur faible niveau, Paris a fait forte impression au coach adverse, un certain Yaya Touré, qui a deux-trois notions de ce qu’est une grande équipe quand il en voit une. Mercredi, l’ancien milieu du Barça et de City était catégorique, « Paris sera encore proche de gagner le trophée cette saison ».
« Mes joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes mais ce n’est pas facile car en face ça attaque de partout, c’est fort dans toutes les lignes, ils ont neuf joueurs dans le top 30 du Ballon d’or. Je veux tout copier de ce PSG, a-t-il déclaré. C’est incroyable la manière dont Luis Enrique a bâti cette équipe, c’est une machine. Tu ne peux pas les presser, ils te sautent dessus, ils sont toujours en surnombre, ils se connaissent par cœur. »
Il est encore trop tôt pour dire si cette machine dont parle le grand Yaya aura les ressources pour marquer un peu plus l’histoire en allant titiller le Real de Zidane et son fabuleux triplé en C1, mais il y a tout de même des signes et des attitudes qui ne trompent pas. Ce groupe-là a encore faim de trophées et il faudra vendre chèrement sa peau pour venir lui reprendre son titre en fin de saison.



















