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Le PSG remporte la Ligue des champions et entre à tout jamais dans la légende

PSG - Arsenal : Après avoir écrit l’histoire, le PSG entre cette fois dans la légende

ICI C’EST PARISLe Paris Saint-Germain a remporté la deuxième Ligue des champions de son histoire, la deuxième de suite également, au terme d’un match d’une intensité folle lors duquel les Gunners ont bien failli jouer un mauvais tour à la meilleure équipe d’Europe
Ce PSG est-il la meilleure équipe française de l'histoire ?
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Le PSG a remporté la Ligue des champions, la deuxième de son histoire, samedi, à Budapest, face à des Gunners fidèles à eux-mêmes.
  • Pourtant les Rouge et Bleu se sont longtemps fait peur contre une équipe d’Arsenal ayant ouvert le score au bout de 5 minutes de jeu, avant de fermer la boutique à double tour.
  • Mais il y a une justice dans ce magnifique sport et le PSG, la seule équipe à vouloir vraiment jouer au ballon samedi, est revenu dans la partie sur un péno de Dembélé. Avant de s’imposer lors d’une séance de tirs au but irrespirable.

De notre envoyé spécial à Budapest,

Une fois c’est historique, deux fois c’est légendaire. En s’imposant au bout du bout du stress, de la tension et de la fatigue, le Paris Saint-Germain a remporté la deuxième Ligue des champions de son histoire. Et la deuxième de suite tant qu’à faire, puisque dans cette ville et ce club de fou, on ne sait pas faire les choses à moitié. On se demandait avant le match s’il n’était pas plus beau encore de gagner en ayant souffert à en crever, à l’inverse de l’année dernière où Paris avait roulé sur l’Inter. Chacun se fera son propre avis, mais pour nous, il n’y a pas photo. Dieu que c’est bon. Dieu que ce fut dur. On vous raconte ça (en essuyant nos larmes de joie).

Le « Boring Arsenal » dans un fauteuil

Mikel Arteta nous avait prévenus, il avait un plan. Celui qui consiste à ne surtout rien changer à ses habitudes ni à sa philosophie - si tant est qu’on puisse appeler cela ainsi - à savoir défendre comme des damnés, avec deux lignes de cinq absolument infranchissable, et de tout miser sur l’esprit de Jean-Claude Dusse, « oublie que t’as aucune chance, on sait jamais, sur un malentendu ».

Et ce malentendu s’est nommé Kai Havertz, l’Allemand raillé depuis le berceau pour son incapacité à cadrer une frappe, qui s’est retrouvé à filer seul face au but après que Trossard a contré un ballon les yeux fermés et les bras devant au milieu du terrain. Et plutôt que de sortir à sa rencontre et le pousser à la panique - et donc à faire n’importe quoi - Matvey Safonov, le portier parisien, est resté collé à sa ligne comme s’il avait deux parpaings à la place des pieds.

Résultat, une minasse sous la barre au bout de cinq minutes de jeu et une explosion de joie du côté des supporters d’Arsenal, lesquels savaient, comme leur coach, que le scénario rêvé venait de devenir réalité. A partir de là, il ne fallait plus compter sur Arsenal pour participer aux festivités « que s’appelerio football ». Car il faut être sacrément matinal pour parvenir à planter un but à la muraille anglaise, qui n’est autre que la meilleure défense de la saison en Ligue des champions, avec seulement sept buts encaissés là où Paris en a pris vingt-deux.

Arsenal ferme la boutique, le piège se referme sur Paris

Les Gunners le savaient, eux qui ont décidé de fermer la boutique après ce but un poil chanceux et de laisser passer les vagues parisiennes, ou plutôt les vaguelettes, en attendant de rentrer au vestiaire pour refaire le plein de briques et de ciments. Le pire c’est qu’on ne peut leur donner tort, au fond. C’est ainsi qu’ils ont remporté la Premier League cette saison et, à ce degré de perfection, la mocheté a parfois quelque chose de magnifique.

Sans pour autant paraître sonnés, les hommes de Luis Enrique ont eu un mal de chien à se procurer la moindre petite occase, et plus de mal encore à mettre ne serait-ce qu’un doigt de pied dans la surface de Raya. Pas aidés par le niveau de ses habituelles étoiles, les Kvara, Dembélé, Doué et autre Hakimi, les Rouge et Bleu se sont entêtés à envoyer des centres/cadeaux dans la fosse aux lions, là même où la paire de golgoths Saliba-Gabriel règne en maître de maison.

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Le problème quand vous jouez à ce petit « jeu », c’est qu’il ne tolère pas le moindre relâchement, la moindre petite faille. Comme une faute flagrante dans la surface par exemple, comme ce fut le cas avec Mosquera sur Kvara à l’heure de jeu. Et si on se demande encore comment l’arbitre a pu ne pas sortir le deuxième jaune, on se demande moins pourquoi c’est le Ballon d’or qui a choisi de prendre ses responsabilités alors que Vitinha avait le ballon dans les mains depuis plusieurs minutes, le temps que David Raya fasse un sketch pour perturber le tireur. Mais on ne perturbe pas un Ousmane en mission et le Français a remis les pendules à l’heure et rendu justice au football en trompant l’Espagnol d’un contre-pied imparable.

A 1-1, Paris semblait avoir fait le plus dur et dans le virage des supporters et des ultras, comme dans le reste du stade (et probablement du monde), plus personne ne donnait cher de la peau des Gunners. Mais ni Kvaratskhelia, dont le tir au bout d’une course folle de 60 mètres s’écrasa sur le poteau (78e), ni Vitinha, venu léchouiller la lucarne de Raya d’une magnifique frappe enroulée du droit (88e), ne parvinrent à punir pour de bon la bande à Arteta. Et que dire alors de ces deux énormes occases de Barcola, à peine entré en jeu, et qui avait le but de la victoire au bout du pied mais avant de voir le ballon choisir le mauvais côté de la lulu…

Le stress, la peur et la délivrance

Commença alors ce que le foot a de plus beau et de plus stressant à offrir, trente minutes de tension proprement insoutenables où il n’est plus question de grand-chose si ce n’est de garder sa lucidité et d’aller au bout de la douleur et de la fatigue, sans sombrer dans la folie. Une folie pas loin de prendre possession de Nuno Mendes, coupable d’un accrochage sur Madueke dans la surface qui aurait pu (dû ?) coûter un péno aux Parisiens mais l’arbitre oublia gentiment (101e). Finalement, après 119 minutes d’une domination totale, c’est bien le PSG qui a prié pour que tout s’arrête alors que les Gunners se procuraient un ultime corner - un quasi-péno, donc - devant 80.000 spectateurs en apnée. Et Paris fut écouté.

Et Paris fut sacré. Car si la règle selon laquelle un corner est un péno pour Arsenal se vérifie la plupart du temps, celle qui dit que le Paris Saint-Germain ne sait plus perdre une séance de tirs au but se vérifie désormais à chaque fois. Pas grâce à Safonov ce coup-ci, mais grâce à la maladresse de Eze et de Gabriel, les deux envoyant leur tir respectivement trop à gauche et trop au-dessus. Et alors que le virage parisien exultait et que les joueurs les rejoignaient pour une étreinte amoureuse, notre confrère de tribune et grand fan d’Arsenal nous admettait : « Bravo, vous avez largement mérité de la gagner ». Oui, mille fois oui, Paris méritait de la gagner car Paris est une équipe qui respecte le jeu. Paris est magique, oui, et un peu plus que ça encore.