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PSG - Bayern : Une défaite inquiétante pour Paris ou un simple accident de parcours ?
Ligue des champions•La défaite du Paris Saint-Germain contre le Bayern Munich en Ligue des champions soulève plusieurs inquiétudes, entre dynamique irrégulière et effectif miné par les blessuresWilliam Pereira
L'essentiel
- Malgré la défaite contre le Bayern Munich, le PSG se veut rassurant car « la saison est longue, il y a beaucoup de matchs » selon Kvaratskhelia. Luis Enrique donne rendez-vous au printemps, là où ça compte.
- Minée par les blessures d’Ousmane Dembélé et Achraf Hakimi, l’équipe parisienne affiche une tendance à l’épuisement physique inquiétant. Bradley Barcola n’a pas caché une certaine fatigue après la rencontre.
- Sans ses joueurs offensifs à 100 %, le PSG devient plus prévisible tactiquement, s’appuyant principalement sur Kvaratskhelia et des solutions limitées comme les combinaisons sur corners ou les frappes lointaines de Vitinha. Contre le Bayern, ça n’a guère marché.
De notre envoyé spécial au Parc des Princes,
Le PSG n’a plus nulle part où se cacher. Jusqu’ici source de paix par opposition à la Ligue 1, à l’origine de nombreuses secousses depuis le début de l’automne, la Ligue des champions a fini par trahir Paris à son tour. Chacun se rassure comme il le peut. Pour les uns, c’est l’état de grâce du Bayern Munich, lancé dans une série de 16 victoires, et dont la toute-puissance renvoie à la version printanière du PSG. Pour les autres, c’est le calendrier.
D’expérience, Paris sait désormais que rien ne sert d’être en forme trop tôt dans l’année. C’est en grande partie pour cela que Kvicha Kvaratskhelia, s’il est apparu déçu du résultat en zone mixte, n’a pas voulu dramatiser plus que cela la situation. « La saison est longue, il y a beaucoup de matchs. » Point de vue partagé par son entraîneur Luis Enrique. « C’est le début de la compétition. L’important c’est en mars, avril, mai, on verra quelle sera la hiérarchie à ce moment-là. » Les souvenirs encore frais de la précédente campagne européenne légitiment ce discours, si bien que l’entraîneur parisien met en garde contre les porteurs de conclusions hâtives. « C’est le moment de savoir qui est de notre côté et qui n’est pas de notre côté. Mais c’est comme d’habitude. »
En 2024 au même moment, le PSG était 25e en C1
Il est d’autant plus tôt pour parler de crise ou de tournant que le début de campagne européenne du Paris Saint-Germain après quatre journées reste supérieur à ce qu’il était au même stade l’an passé : une défaite contre le Bayern mais trois victoires face au Barça, l’Atalanta et Leverkusen, c’est toujours mieux qu’une maigre victoire contre Gérone, un nul à domicile face au PSV et deux défaites contre Arsenal et l’Atlético. Mercredi soir, Paris dormira dans le top 8. L’année dernière, il était 25e début novembre.
Il n’en demeure pas moins que la défaite contre le Bayern vient s’ajouter à d’autres signaux inquiétants, à commencer par l’état physique des troupes. Sans même parler de la rechute d’Ousmane Dembélé et de la blessure d’Achraf Hakimi, les déclarations de Bradley Barcola dans la zone mixte du Parc des Princes témoignent d’une dégradation préoccupante de la fraîcheur de l’effectif. « En deuxième [période], j’étais très, très, très fatigué. J’ai essayé de donner le max. L’enchaînement des matchs fait mal, je commence à le ressentir. Ça commence à tirer. »
Vivement critiqué pour ses performances très moyennes - dont celle de mardi soir - l’ancien Lyonnais cristallise la forme relative du secteur offensif parisien : sur 14 buts inscrits en Ligue des champions, neuf l’ont été par des joueurs non offensifs ou des offensifs non titulaires. Luis Enrique doit y voir l’essoufflement de son attaque et un passage par la case mercato au mois de janvier paraît de moins en moins farfelu.
Un PSG plus prévisible sans ses joueurs déséquilibrants
Sans ses individualités comme Dembélé, Doué et désormais Hakimi, le système pâtit d’une forme de lisibilité dont s’accommodent les adversaires. Sans autre joueur de percussion que Kvaratskhelia en seconde période, Paris s’en est remis au Géorgien pour assurer les feintes, crochets et centres, souvent au troisième poteau. Les combinaisons sur corner, la nouvelle arme du staff d’Enrique, ont une efficacité limitée, et elles n’offriront quoi qu’il advienne jamais la même satisfaction qu’un Dembélé au sommet de son art. Quant aux frappes lointaines de Vitinha, elles se transforment en caresses dès lors qu’elles s’adressent à des gardiens de la trempe de Manuel Neuer. Enfin, la carte jeune sur laquelle a tenté de miser le technicien asturien pour combler les manques accouche pour le moment d’une souris, exception faite pour Quentin Ndjantou.
Bien plus qu’un mauvais résultat contre un géant d’Europe ou les blessures, c’est donc la menace d’un épuisement global des ressources, physiques, techniques et tactiques qui doit interpeller. Dans deux semaines, le PSG recevra Tottenham. Un adversaire un cran en dessous du Bayern Munich, mais suffisamment coriace pour servir de nouveau révélateur sur l'érosion lente de la force parisienne.



















