PSG - Inter : « L’objectif ? Gagner encore »… Et si les Parisiens avaient ouvert une nouvelle ère triomphale ?
football•La victoire de ce PSG avec une équipe de 24 ans de moyenne d’âge, sous la houlette de l’architecte Luis Enrique, laisse espérer des lendemains glorieux pour le club parisienAymeric Le Gall
L'essentiel
- Le PSG a triomphé de l’Inter Milan samedi soir en finale de la Ligue des champions (5-0).
- La qualité de jeu déployée et la jeunesse de l’effectif laissent espérer que cette grande victoire ne soit pas une finalité, mais le début d’une ère de domination qui s’étende sur les prochaines saisons.
- C’est en tout cas l’objectif affiché par le président Nasser Al-Khelaïfi, qui tient avec Luis Enrique l’entraîneur idéal pour continuer à faire grandir ce groupe.
De notre envoyé spécial à Munich,
Et maintenant, on fait quoi ? On remet ça ? Après avoir conquis le cœur des amoureux du jeu autant que la Ligue des champions, et une fois que les célébrations de ce premier titre en C1 de l’histoire du PSG seront passées, la question ne tardera pas à venir sur le tapis. Même si, on aurait tendance à l’oublier, il y a encore une Coupe du monde des clubs à disputer à partir du 15 juin aux Etats-Unis. Mais dans notre esprit – donc pas dans celui d’Infantino et de ses amis banquiers d’affaires – la saison 2024-2025 est bel et bien terminée. Avec, pour Paris, un quadruplé historique qu’il sera difficile de surpasser.
Reste donc à savoir quel avenir nous réserve le club de la capitale, qui n’a jamais eu à défendre quoi que ce soit d’autre que son honneur – voire, parfois, sa dignité – sur la scène européenne. Sauf que cette fois, c’est bien lui le vainqueur et c’est lui qui se présentera avec une cible dans le dos la saison prochaine. Dès lors, que peut-il espérer et/ou ambitionner ?
Les athlètes de très haut niveau disent souvent à quel point il peut être difficile de remettre le couvert une fois que l’on a tout gagné. Mais il serait abusé, pour ne pas dire honteux, de prétendre que le PSG en est déjà arrivé à ce stade-là. Quand on parle de tout gagner, en football comme ailleurs, on sous-entend par là : tout gagner sur la durée. Or, sur ce point, tout restera à faire pour les Rouge et Bleu. La seule chose qu’on peut dire pour le moment, c’est qu’à moins d’être un blasé de la vie (ou un supporter de l’OM), l’avenir s’annonce chatoyant pour la bande à Luis Enrique.
« On construit quelque chose pour le futur »
Pour la simple et bonne raison que le coach espagnol a prolongé son bail dans la capitale jusqu’en 2027 et qu’il semble bien parti pour vouloir s’inscrire dans la durée au PSG. Or, quand on voit ce que l’Asturien a apporté à ce groupe en l’espace de deux ans, il faudrait être fada pour s’en plaindre, pour peu, bien sûr, qu’on supporte le nouveau champion d’Europe en titre.
Ensuite parce que l’effectif de ce Paris Saint-Germain là, sa jeunesse, sa fougue et son talent, ont de quoi mettre des papillons dans le ventre des supporters, autant que filer la migraine à ceux qui devront se les coltiner l’an prochain. « L’objectif ? Gagner encore une fois. Ce sont 14 ans de travail. On avait la deuxième plus jeune équipe en finale, on construit quelque chose pour le futur », s’est enthousiasmé le président Nasser Al-Khelaïfi au micro de Canal au coup de sifflet final.
L’appétit vient en mangeant
De Pacho, fabuleux de puissance et de sérénité, samedi, dans sa surface, à Joao Neves et Vitinha, en passant par Désiré Doué, l’homme du match qui a inscrit un doublé, Barcola, Nuno Mendes, Hakimi ou encore Dembélé, tous ses joueurs donnent la sensation de vouloir eux aussi faire un bon bout de chemin avec les Rouge et Bleu. Interrogé après la rencontre, Fabian Ruiz, l’une des pièces maîtresses du système mis en place par Luis Enrique, confirmait justement à quel point l’appétit vient en mangeant.
« On va commencer par profiter avec tous nos supporters à Paris demain (dimanche), car on ne sait pas quand une nouvelle occasion comme celle-là se reproduira. Et en même temps, on va tout faire pour la gagner à nouveau dès la saison prochaine », assurait l’Espagnol en zone mixte.
Pour la première fois depuis des lustres, on se dit même que le prochain mercato estival parisien pourrait ne pas être si animé que ça, tant l’effectif paraît à la fois complet et complémentaire. L’arrivée cet hiver de Kvaratskhelia, auteur du quatrième pion, samedi, ayant permis au club d’anticiper la saison prochaine du mieux possible. Si arrivées il y a, cela ne devrait se faire que par petites retouches, à des postes bien ciblés (celui de latéral droit ou de défenseur central, par exemple). Dans l’équipe dirigeante, là non plus il ne devrait pas y avoir de remue-ménage puisque le duo de Luis, Enrique et Campos, fonctionne à merveille et que le Portugais s’est même lui vu offrir une promotion au club.
Le plus dur commence
Tous les signaux sont donc au vert alors même que la saison prochaine est loin d’avoir commencé. Qu’il paraît loin le temps où le PSG savait que son été serait fait de galères sans nom, avec des joueurs arrivant au compte-goutte, et dont les profils variaient en fonction qu’ils aient été désirés soit par le coach, soit le directeur sportif, le président voire le propriétaire, l’émir du Qatar. Et là encore, c’est bien Luis Enrique qu’il faut remercier. Dès l’entame des négociations avec le PSG à l’été 2023, celui-ci avait clairement fait comprendre qu’il n’accepterait de relever ce challenge uniquement que s’il avait les coudées franches ou, pour le dire autrement, les pleins pouvoirs.
Toute l'actu autour du sacre du PSGCe que lui a offert un Nasser Al-Khelaïfi enfin décidé à écouter quelqu’un d’autre que lui. Et sans broncher, s’il vous plaît ! Le tout pour le plus grand bonheur des supporters parisiens qui, après avoir longtemps cru vivre dans un mauvais remake d’« Un jour sans fin » (au pif, « une lose sans fin »), sont petit à petit en train de découvrir le bonheur que procurent la domination, la puissance et le succès. Mais il ne faudrait pas non plus tomber dans un excès de confiance malvenu car, s’il est évidemment difficile d’arriver au sommet, c’est bien connu qu’il est encore plus compliqué de s’y maintenir.


















