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OL-FC Barcelone : Ce nouveau sacre du Barça valide-t-il une passation de pouvoir en Europe ?
LIGUE DES CHAMPIONS FEMININE•Logiquement battues (0-2) pour la première fois de leur histoire par le FC Barcelone, ce samedi en finale de la Coupe d'Europe féminine, les Lyonnaises tombent de hautJérémy Laugier
L'essentiel
- L’OL n’est pas parvenu à remporter sa 9e Ligue des champions, ce samedi à Bilbao, en s’inclinant en finale contre le FC Barcelone (0-2).
- Les Lyonnaises, qui n’avaient encore jamais été battues par le Barça dans une compétition européenne, ont été bien en dessous de leurs adversaires sur le plan technique.
- Après avoir remporté trois des quatre dernières éditions de la Ligue des champions, les Catalanes semblent prendre le relais des Lyonnaises, très longtemps vues comme les reines incontestées en Europe.
Y avait-il de réelles différences entre l’implacable défaite (0-2) subie par l’équipe de France en finale de la Ligue des nations en Espagne fin février, et celle subie sur le même score, trois mois plus tard, par les Lyonnaises contre le FC Barcelone ? Si oui, on doit avouer qu’elles ne nous ont pas sauté aux yeux, tant la maîtrise technique ibérique a dans les deux cas été criante. Si on ajoute à cela l’ouverture du score, œuvre dans ces deux finales de la Ballon d’or 2023 Aitana Bonmati, la comparaison en serait presque troublante. Et ce bien que les joueuses de l’OL refusaient totalement d’envisager tout parallèle entre un Espagne-France et un Barça-Lyon, à quelques jours de cet épilogue de la Ligue des champions 2023-2024.
« La donne est claire : quand vous jouez contre Barcelone ou l’équipe nationale espagnole, vous ne pouvez pas forcément rivaliser sur le plan de la technique, reconnaissait tout de même ce samedi l’entraîneuse lyonnaise Sonia Bompastor. Elles sont extrêmement fortes. Il fallait faire en sorte de garder le ballon le plus longtemps possible quand on l’avait. Et une des clés, c’est de mettre de l’agressivité et de les empêcher de jouer. Quand vous leur laissez un peu de marge, elles vous punissent. »
« C’est usant d’être face à ces joueuses »
Après une première période plutôt intéressante sur ce point, hormis les raids systématiquement dangereux « laissés » à la virevoltante Caroline Graham Hansen, l’OL a bien trop subi. « Il faut être lucides, félicitations aux Barcelonaises, glissait à chaud, et avec élégance, Wendie Renard au micro de DAZN. Elles ont maîtrisé leur match. On a eu des opportunités mais on n’a pas su leur faire mal. Il faut perdre avec classe et sérénité. C’est usant d’être face à ces joueuses capables de faire du tiki-taka au milieu et de maîtriser le ballon à la perfection. »
L’aisance technique, on y revient donc, lorsque les tentatives de contres lyonnaises étaient le plus souvent marquées par des mauvais choix. Delphine Cascarino ne cachait pas elle non plus sa déception : « On l’attendait vraiment, cette finale. On a travaillé tout au long de la saison pour ça. Et voilà, Barcelone a été très fort et on est passée à côté ce soir ». L’historique penchait pourtant clairement en faveur de l’OL, vainqueur à huit reprises de la Ligue des champions depuis 2011, dont deux fois en terrassant le Barça en finale (4-1 en 2019, 3-1 en 2022).
Mieux encore, les coéquipières de Wendie Renard avaient remporté chacune de leurs quatre confrontations directes contre les Catalanes (2-1 et 1-0 en quarts de finale de Coupe d'Europe en 2018). Faut-il donc voir dans la petite leçon de football parfois subie ce samedi une passation de pouvoir ? « Elles ont très bien corrigé certaines choses par rapport à la dernière finale, note la capitaine lyonnaise. Regardez leur joie, ça fait un moment qu’elles courent après une victoire contre l’OL et il fallait que ça arrive un jour. »
« Vous pourrez toujours compter sur l’OL »
Sonia Bompastor va plus loin : « La réalité, c’est que Barcelone vient d’enchaîner deux titres consécutifs [et même trois des quatre derniers en C1]. Elles sont dans une dynamique très positive par les résultats, la qualité de jeu et le nombre de spectateurs qu’elles ramènent au stade [50.827 personnes à Bilbao ce samedi]. C’est très positif, il faudra trouver des idées pour contrecarrer tout cela. L’OL continue d’avoir un projet ambitieux et clair avec l’arrivée de Michele Kang. Ça ne doit pas être très agréable pour elle de vivre cette défaite. Je reste confiante pour l’OL, vous pourrez toujours compter sur le club. »
Et ce, même si Sonia Bompastor ne devrait plus être à sa tête puisqu’après trois saisons, dont une Ligue des champions remportée et trois D1, celle-ci devrait filer cet été sur le banc de Chelsea, ce qu’elle a refusé de confirmer après cette finale. Au bord des larmes dans son interview d’après-match sur DAZN, la coach lyonnaise est en tout cas apparue très marquée par le déroulé/dénouement de cette finale quasiment à sens unique. Comme si tout un club était sonné de comprendre que sa place n’était plus sur le toit de l’Europe, après tant d’années d’ultra-domination.


















