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Actionnaires du Mans, que font vraiment Novak Djokovic et Thibaut Courtois ?

PSG - Le Mans : « Un niveau d’exigence au-delà de la normale »… Actionnaires du Mans, que font Djokovic et Courtois ?

le groupe vit bien•Promu cette saison en Ligue 1, Le Mans, qui affronte le PSG ce samedi (20h45), possède un consortium d’investisseurs où figurent Novak Djokovic, Felipe Massa ou Thibaut Courtois
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Le Mans, qui affronte le Paris Saint-Germain ce samedi (20h45), est remonté en Ligue 1 cette année, alors que le club sarthois végétait dans le ventre mou du National il y a deux ans.
  • Le fonds d’investissement brésilien OutField, qui est devenu l’actionnaire majoritaire du club, s’est entouré d’un consortium d’investisseurs prestigieux avec notamment Novak Djokovic, Thibaut Courtois ou Felipe Massa.
  • Ces derniers ne participent pas directement à la gestion quotidienne du club mais apportent leur expérience et leur expertise, comme Thibaut Courtois qui a échangé avec les gardiens sarthois ou Novak Djokovic qui a envoyé des messages de soutien aux joueurs.

Il peut s’en passer des choses en deux ans. Les lycéens n’étaient pas encore dans la rue mais leurs conditions de travail étaient déjà compliquées, les supporteurs du Real pensaient que Kylian Mbappé allait tout casser et les supporteurs du Mans devaient se coltiner des voyages à Bourg Péronnas ou Concarneau, en National. Ce samedi soir, les Sarthois pourront savourer en s’installant dans le parcage du Parc des Princes, à l’occasion de la sixième journée de Ligue 1.

Cet été, Le Mans FC a donc retrouvé l’élite du football français, seize ans après l’avoir quitté, avec le fonds d’investissement OutField comme actionnaire majoritaire du club depuis février dernier. Les Brésiliens ont choisi de ne pas faire les choses à moitié, en étant accompagnés dès le départ de gros noms du sport mondial comme Novak Djokovic, Felipe Massa ou Kevin Magnussen, avant d’être rejoints par d’autres têtes d’affiche.

Thibaut Courtois a ainsi rejoint ce consortium d’investisseurs, tout comme Idrissa Gueye et Lucas Leiva ces dernières semaines. « Le projet du club et la consistance de celui-ci attire ces investisseurs, assure Aymeric Magne, membre du conseil d’administration et du comité de gestion du Mans FC. Ils ont été curieux et ils trouvent que le projet est cohérent et attractif. Ils sont tous exigeants et apportent chacun leur pierre à l’édifice par rapport à leurs expériences. »

Pas de Djokovic ou de Courtois en réunion

Mais comment tout ce beau monde peut avoir la tête dans la Sarthe alors que Djokovic écrase encore la concurrence à 78 ans, que Courtois vomit toutes les semaines les non-replis défensifs du duo Mbappé-Vinicius et que Magnussen enchaîne les tours de circuits ? Ne les imaginez donc pas se réunir toutes les semaines ou tous les mois pour parler des performances de Louis Mafouta en attaque ou de la stratégie billetterie du stade Marie-Marvingt, comme l’explique Aymeric Magne.

« Ils suivent tous les résultats, chaque match, ils s’informent. Ils ont un regard global, mais pas dans le détail. Mais s’ils ont des choses à dire, ils le font. Ça reste des actionnaires, ils peuvent donner leur avis. Chez ces athlètes-là, la délégation est assez naturelle et simple. La chance qu’on a, c’est d’avoir OutField, qui est non seulement un fonds d’investissement qui a des moyens financiers, mais qui a aussi une vraie expertise de gestion des clubs. Ils l’ont prouvé au Brésil (à Coritiba), ils sont entourés aussi d’experts en France. Il y a une totale confiance entre OutField et les différents actionnaires prestigieux. »

Membre de ce fameux consortium d’investisseurs, Jérôme Coupez, créateur de Prodigy, grosse agence de représentation dans l’e-sport, confirme ne jamais avoir encore pu discuter avec Djokovic ou Courtois : « La disponibilité, c’est un peu le challenge. Moi, je suis plus en contact avec le club et la direction du club qu’avec les autres actionnaires au quotidien. Ce n’est pas moi qui vais discuter avec eux, sauf s’il y a un sujet spécifique sur lequel on veut faire quelque chose ensemble. Les sportifs ont cet aspect réseau, performance, ils apportent quelque chose de très différent de ce que je peux apporter. »

Les conseils de Courtois aux gardiens du Mans

Au-delà de l’investissement financier (avec une sorte de « prix d’entrée »), chaque actionnaire apporte aussi sa pierre à l’édifice. Le portier du Real Madrid a ainsi pu avoir quelques échanges avec les gardiens sarthois, Felipe Massa est venu soutenir le club au Mans, alors que l’ancien n° 1 mondial de tennis a envoyé des messages de soutien aux joueurs dans les moments charnières la saison passée en Ligue 2. « On sait que Novak, en matière de mental et de préparation physique, c’est quelqu’un qui peut nous donner deux trois conseils », assure Aymeric Magne, qui ajoute :

« Chacun a un niveau d’exigence, un niveau de compétitivité qui est au-delà de la normale. Chacun a une expérience de vie différente, certains ont fait les mêmes sports, mais n’ont pas les mêmes caractéristiques. Chacun apporte sa vision, son expertise par rapport aux différents clubs ou aux différentes expériences qu’ils ont eues. C’est OutField qui gère le club et qui peut échanger avec ses athlètes. »

Felipe Massa avec le maillot du Mans au stade Marie-Marvingt.
Felipe Massa avec le maillot du Mans au stade Marie-Marvingt. - Jean Catuffe/DPPI via AFP

De son côté, Jérôme Coupez, qui a toujours rêvé d’investir dans un club de foot, a aussi un champ d’action bien précis en tentant de faire le pont entre Le Mans FC et l’e-sport : « Il y a un enjeu pour le club d’aller chercher cette jeune génération, de les faire s’intéresser au foot et de les faire s’intéresser au Mans plutôt qu’à un autre club. Il y a beaucoup de choses à faire, sans forcément faire que du jeu de foot. Par exemple, on peut prendre un jeu comme "Rocket League", un des jeux les plus joués et regardés au monde, avec une fan base très jeune, et créer des relations évidentes entre ce jeu et le club. Il y a toute une expérience qu’on peut créer avec le club autour du e-sport et du gaming qui n’est aujourd’hui pas faite. »

Celui qui a déjà disputé les 24 Heures du Mans assure avoir pléthore d’idées pour permettre au club de toucher cette nouvelle cible, même si la priorité ces derniers mois était surtout de structurer le club et de se concentrer sur la remontée dans l’élite. « C’est un projet sur le long terme, on n’a pas envie de se précipiter, de faire les choses à moitié, ajoute Jérôme Coupez. Et, surtout, on veut les faire de façon authentique. Il faut que ce soit quelque chose qui fasse sens, et auquel les fans d’e-sports, de gaming et l’audience se reconnaissent. J’ai une liberté de réflexion et de proposition d’idées qui est assez plaisante. »

« Une vraie attraction » autour du Mans FC

Les résultats de cet actionnariat à plusieurs têtes montrent en tout cas les premiers signes de réussite, dans la lignée de ces deux montées en deux ans et de premiers matchs en Ligue 1 convaincants. Alors que l’un des principaux objectifs d’OutField est de s’ancrer localement, le stade Marie-Marvingt affiche un taux de remplissage de 90 % depuis le début de la saison. Les arrivées d’investisseurs de plusieurs pays ont également permis un rayonnement à l’international.

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Selon Aymeric Magne, les matchs du Mans, l’année dernière en Ligue 2, pouvaient ramener jusqu’à 50.000 téléspectateurs brésiliens, alors les posts de Djokovic sur les réseaux sociaux touchent des millions de personnes. « Il y a une vraie attraction autour du club, conclut Jérôme Coupez. Tous les actionnaires ont quand même cette culture de la performance et on a tous une vision un peu similaire du développement du club, sinon on n’aurait pas rejoint le projet. Cette diversité, c’est une force. »