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Malgré la qualification européenne, le rejet de John Textor grimpe à Lyon

OL - Angers : « On est en Ligue 2 »… Malgré la nouvelle qualification européenne, le rejet de John Textor grimpe à Lyon

FootballEn marge du succès lyonnais décisif contre Angers (2-0) samedi et de l’ultime match d’Alexandre Lacazette avec son club formateur, des banderoles hostiles au propriétaire américain se sont enchaînées du côté du virage nord du Parc OL
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’OL s’est de nouveau qualifié pour une Coupe d’Europe (Ligue Europa ou Ligue Conférence en fonction de l’issue de la finale de la Coupe de France), mais des tensions persistent entre de nombreux supporteurs lyonnais et le propriétaire John Textor.
  • Lors du succès contre Angers samedi (2-0), le virage nord du Parc OL a ainsi ouvertement réclamé pour la première fois le départ du propriétaire américain du club, dont la gestion a entraîné en novembre une « rétrogradation administrative en Ligue 2 à titre conservatoire » de la part de la DNCG.
  • Malgré ce flou en coulisses, John Textor tente de rassurer quelques supporteurs, en leur lançant : « Nous sommes déjà sauvés. »

Au Parc OL,

John Textor allait-il pouvoir être présent pour cette ultime journée de Ligue 1 lourde d’enjeu pour l’OL, ou allait-il fêter jusqu’au bout de la nuit à Londres la FA Cup remportée samedi par Crystal Palace ? Cette question a plané toute la soirée sur le match Lyon-Angers (2-0), avant qu’on ne découvre que le propriétaire américain du club était bien arrivé à Décines pour les dernières minutes du match, et surtout pour les célébrations qui suivaient.

Comptons sur ses conseillers pour le tenir au courant des banderoles du virage nord qui le visaient avant qu’il ne rejoigne le « formidable outil ». Une semaine après avoir sorti à Monaco (2-0) un saignant message («JT : quand tu parlais de bourse, on ne pensait pas à celle de Nasser »), les Bad Gones ont de nouveau manifesté leur colère envers le président lyonnais.

« Il n’y a rien à sauver, nous sommes déjà sauvés »

On a ainsi eu droit en première période à de nouvelles banderoles le ciblant directement : « Les historiques virés, l’empire vendu, les valeurs bafouées, la formation insultée. Que reste-t-il de l’OL ? », « Textor en trois ans, c’est : 4 entraîneurs, 2 directeurs généraux, 2 directeurs financiers, 1.000 promesses ». Côté promesses, John Textor est effectivement sur une sacrée lancée, avec deux séquences assez lunaires partagées par des supporteurs sur les réseaux sociaux, à Monaco puis au Parc OL vendredi lors de la finale de la Première Ligue féminine.

Le discours supposé rassurant est à chaque fois le même : « Ne vous inquiétez pas, arrêtez de lire la p….. de presse. Vous pouvez me faire confiance, nous ne serons pas relégués, nous avons de l’argent. Il n’y a rien à sauver, nous sommes déjà sauvés. Nous avons mis 293 millions d’euros dans l’OL depuis le rachat du club en décembre 2022 et on va continuer d’investir. Donc vous pensez que je vais lâcher l’affaire parce qu’ils [à la DNCG] nous en demandent 50 millions d'euros ? »

« On est en Ligue 2 », ironisent des ultras

Ça n’empêche pas l’un de ces supporteurs, remonté contre la gestion d’Eagle Football, d’ajouter la mention #TextorOUT sur sa vidéo postée samedi midi sur le réseau social X. Jamais autant de banderoles anti-Textor n’avaient été sorties par le virage nord que contre Angers. Avec en touche finale, à la 89e minute de jeu, pile-poil pour l’arrivée de l’homme d’affaires US donc, la première demande aussi claire de son départ du club : « Avec John Textor, on va en LDC ? Non ! Alors dehors ! »

Le virage nord a déployé cette banderole réclamant le départ de John Textor. Une première au Parc OL.
Le virage nord a déployé cette banderole réclamant le départ de John Textor. Une première au Parc OL. - J. Laugier / 20 Minutes

Ça n’est pas tout : le principal groupe d’ultras lyonnais a symboliquement enlevé son immense bâche pour les dernières minutes de jeu, avant d’inciter ses membres à ne pas assister au feu d’artifice et aux célébrations post-34e journée de Ligue 1. C’est donc face à un virage nord à moitié vidé, après de vives tensions et même des débuts de bagarres entre Lyonnais, que les joueurs ont effectué un tour d’honneur.

Avec comme climax de cette soirée paradoxale un constat : dirigeants et joueurs bondissent de joie sur la pelouse après avoir assisté sur téléphone à la victoire havraise au bout du temps additionnel à Strasbourg (2-3, 90e + 9), synonyme de Ligue Europa via la 6e place (ou au pire de Ligue Conférence en cas de séisme rémois en finale de la Coupe de France face au PSG). Et dans le même temps, on entend distinctement de nombreux supporteurs situés dans le virage nord scander « On est en Ligue 2, on est en Ligue 2 ».

« Nos dirigeants ont un projet clair »

Pour certains Lyonnais, ni l’émotion du 200e but d’Alexandre Lacazette, ni les adieux du Général à son club formateur, ni même la relégation en Ligue 2 actée de l’ASSE ne prenait le pas samedi sur l’épée de Damoclès du futur passage en juin devant la DNCG. Alors, lorsqu’on est lyonnais, doit-on ce dimanche matin avant tout se réjouir d’une deuxième qualification de rang quasi-miraculeuse en Ligue Europa, après deux années sans rien ? Ou s’opposer vivement à la multipropriété de John Textor, alors que l’absence d’introduction en Bourse à New York et la non-vente de ses parts de Crystal Palace (jusque-là) pourraient pousser la DNCG à maintenir la « rétrogradation administrative à titre conservatoire » prononcée en novembre contre l’OL ?

Il est évidemment encore trop tôt pour répondre avec certitude à cette question, alors que Rayan Cherki y est allé de son tacle envers son futur ex-boss, tout en annonçant son souhait d’un transfert cet été. Faute de dirigeants s’arrêtant en zone d’interview pour tenter de rassurer des milliers de supporteurs alarmés, l’entraîneur adjoint Jorge Maciel a livré un éclairage intéressant sur la situation, après la « consolation » que représente une probable place en C3, faute d’objectif Ligue des champions atteint. Le parallèle avec la situation de DAZN a peu de chances de rassurer les fans de l’OL quant aux incertitudes en coulisses.

« C’est comme pour la Ligue 1 : tout le monde dit que le produit est mal vendu et pas bien diffusé. Mais est-ce que la diffusion des matchs s’arrête ? Non, ils font le travail comme s’ils restaient le diffuseur la saison prochaine. Nous, c’est pareil : on a notre travail, on le respecte, on est là pour performer et préparer les joueurs du mieux possible. Jusque-là, on a de bonnes conditions. Au quotidien on est tranquilles parce qu’on sait que ça ne dépend pas de nous. Et on fait confiance à nos dirigeants qui ont un projet clair pour le club. Peut-être que vous n’avez pas les infos qu’on a. Mais le plus important, c’est que l’OL est un grand club, qui attire 56.000 personnes ce soir et qui est stable. On espère qu’en juillet, il n’y aura plus de question à se poser, et que personne ne parlera plus de jouer en Ligue 2. »

Jorge Maciel, entraîneur adjoint de l'OL

Botafogo et Crystal Palace récemment titrés

Le mot de la fin revient au héros du soir Alexandre Lacazette, qui souligne le besoin d’union en s’adressant aux supporteurs : « Continuez à supporter le club et les joueurs, même dans les moments qui seront difficiles, parce qu’il y en aura, comme cette période où nous étions derniers la saison passée. Les supporteurs ont réagi de la meilleure des manières. Les joueurs, le club et eux, à la fin on forme tous une famille et on doit tous aller dans le même sens. »

Notre dossier sur l'OL

Et après tout, les plus optimistes d’entre eux estimeront peut-être qu’au vu du prestigieux doublé de Botafogo fin 2024 (Copa Libertadores et champion du Brésil) et de la FA Cup de Crystal Palace samedi, l’OL sera peut-être le prochain club de la galaxie Eagle à soulever un trophée.