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Le président lensois très inquiet après l’accord au rabais sur les droits TV

Droits TV : Inquiet, le président du RC Lens fustige « un entêtement qui renvoie aux mirages du passé »

footballJoseph Oughourlian ne comprend pas comment la Ligue peut espérer qu’un système qui n’a pas fonctionné il y a trois ans puisse être à nouveau tenté, avec en plus un prix d’abonnement encore supérieur
Nicolas Camus

N.C.

L’inquiétude est là, et les clubs de Ligue 1 ne sont sûrement pas encore au bout de leurs peines. Au bout d’interminables négociations, le duo DAZN-beIN Sports va se partager la diffusion des matchs de championnat pour près de 500 millions d’euros par saison, bien en dessous des espérances de la LFP et de son président Vincent Labrune, qui visaient à l’origine le milliard d’euros.

Mais il faudra donc faire avec la moitié et les présidents de L1 tirent la sonnette d’alarme, à l’image de celui du RC Lens Joseph Oughourlian, qui a livré ses « profondes inquiétudes » dans un post publié sur LinkedIn lundi soir.

La part des clubs réduite à la portion congrue

« 500 millions d’euros valorisés, c’est in fine environ 9 millions d’euros pour le RCL. Jamais les clubs de L1 n’ont touché aussi peu au titre des droits TV », a-t-il dénoncé, avant de se demander – à juste titre – comment la LFP pouvait espérer que les amateurs de foot se ruent en masse sur les abonnements qui leur seront proposés pour voir les matchs.

« Pour avoir accès à l’intégralité du Championnat, il faudra désormais cumuler un abonnement DAZN (8 matchs sur 9) dont le prix avoisinera les 35 euros et un abonnement belN (pour l’affiche du week-end) à 15 euros par mois. 50 euros mensuellement, entre 500 et 600 annuellement, voici le (cher) prix à payer pour suivre la Ligue 1 » peut-on notamment lire dans son message.

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Le boss lensois ajoute à titre de comparaison que cette somme globale est supérieure à l’abonnement annuel le plus cher dans son stade Bollaert (545 euros). « Cette tarification ouvre clairement la voie du piratage. […] Alors que la contrainte d’absence de diffuseur devait nous amener à saisir l’opportunité d’un pilotage de notre propre offre TV, lisible, plurielle et abordable, cet entêtement à penser montants fixes me renvoie aux mirages du passé », regrette-t-il.

Trois ans après Mediapro, il n’est pas dit en effet que tout ça n’aboutisse pas à un nouveau fiasco. Et Oughourlian de citer Albert Einstein, qui avait dit un jour : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. » « Je crains que le pseudo-conservatisme des présidents ne nous y mène tout droit », conclut-il.

CVC hausse le ton

On apprend également dans L’Equipe de ce mardi que CVC, le fonds d’investissement avec qui la Ligue s’est alliée, n’est pas contente de la gestion de ce dossier des droits TV par Vincent Labrune. Le patron de la Ligue a eu droit à « un e-mail salé » dans lequel il lui est reproché d’avoir travaillé dans son coin et de ne pas avoir tenu CVC au courant, ce qui n’est « pas conforme aux accords » passés entre les deux parties.

Le fonds d’investissement luxembourgeois n’est satisfait ni de la méthode ni du résultat, avec ces 500 millions. Les performances économiques de la société commerciale qu’il a contribué à créer (LFP Media) ne correspondent pas au business plan qui lui avait été présenté par Labrune. Les prochains mois ne s’annoncent pas très réjouissants pour le foot français.