OM : Gattuso est-il trop « tranquille » avec ses joueurs, contrairement à sa réputation ?
FOOTBALL•L’entraîneur de l’Olympique de Marseille, Gennaro Gattuso, a décidé de hausser le ton pour remobiliser son équipe qui n’a toujours pas gagné en Ligue 1 depuis le début de l’année 2024Adrien Max
L'essentiel
- L’entraîneur de l’Olympique de Marseille, Gennaro Gattuso, a admis avoir été un peu trop cool avec ses joueurs depuis son arrivée.
- Il les a prévenus d’un changement de style face aux contres performances de son équipe depuis le début de l’année 2024.
- Pour lui, ces mauvais résultats résultent plus d’un manque de caractère que de problèmes tactiques.
Terminé le Gennaro Gattuso gentil entraîneur de l’Olympique de Marseille : « A Naples ou à Milan, j’ai toujours essayé de construire une mentalité. Et plus d’une fois, si un joueur ne s’entraînait pas correctement, il était exclu de la feuille de match. Ici je me suis dit, il faut que je sois plus tranquille, c’est Marseille il faut faire attention à l’ambiance, c’est chaud. C’est mon erreur et je dois aussi faire des progrès avec mon staff parce qu’on a perdu trop de temps. Les joueurs le savent, et dès qu’il y aura une deuxième ou une troisième erreur, j’enverrai un signal. Je dois rester fidèle à moi-même », a-t-il prévenu à la veille d’accueillir le FC Metz, ce vendredi (21 heures).
Un changement de paradigme pour un entraîneur qui a conquis tout son petit monde en l’espace de quatre mois et demi, et son arrivée début octobre. Les journalistes d’abord, qu’il appelle par leur prénom pour certains. Et à qui il distille son savant mélange de franc-parler et de mots bien sentis, derrière son regard noir. Dans le club, aussi. « C’est un des meilleurs coachs qu’on ait eu dans le côté culture du foot, du club. Ce n’est pas un mercenaire qui est venu à l’OM pour se faire une carte de visite. Il est toujours en train de dire que le club est incroyable, qu’il faut se battre pour l’amour de ce maillot. Lourd à porter, certes, mais il explique aussi pourquoi il est lourd à porter, et c’est important », apprécie-t-on du côté de la Commanderie.
Son côté humain est d’ailleurs souvent mis en avant. Comme en novembre lorsqu’il a invité l’ensemble de l’encadrement de l’OM au restaurant. Ou qu’il leur a offert un coffret cadeau pour Noël. « Ça se ressent au sein du club, les joueurs l’adorent et l’encadrement aussi. Il est énormément porté sur l’humain et il ne fait pas semblant », précise une source olympienne. Ce qui ne l’empêche pas de « choper les joueurs en tête en tête, dire les choses sans vouloir être le coach copain ». Un mec aussi authentique qu’humain, pour résumer.
Le leadership « ne s’achète pas au supermarché »
Mais après une semaine houleuse à Marseille, marquée par la réunion entre la direction, le staff et les joueurs lundi, puis celle entre le staff, les joueurs et les groupes de supporteurs, mardi, l’union sacrée a été décrétée. Et Gennaro Gattuso a dû changer son discours, après avoir longtemps protégé ses joueurs. « Depuis le début de la saison, c’est compliqué et ce n’est pas suffisant. On ne peut par dire qu’on perd à cause de la malchance, deux semaines après mon arrivée on faisait déjà le même constat », a-t-il admis.
Le caractère et la mentalité sont les principaux manques de cette équipe, une nouvelle fois mis en lumière lors de la défaite contre Lyon (1-0), ou lors du nul arraché contre des Monégasques (2-2), pourtant en infériorité numérique durant quasiment la totalité du match. Difficile de comprendre quand on se souvient de Gennaro Gattuso le joueur, même si l’Italien ne cesse de répéter que le joueur et l’entraîneur « ne sont pas les mêmes ». Et que le leadership « ne s’achète pas au supermarché ».
« Les supporteurs parlent d’agressivité mais il faut comprendre ce que ça veut dire. Pour moi, c’est plus une question d’état d’esprit. Les matchs ne se gagnent pas le dimanche, mais pendant la semaine avec la volonté. C’est vrai qu’on n’est pas assez cohérent dans notre travail quotidien, chacun doit être plus exigeant avec son partenaire et soi-même, et c’est à partir de là qu’on aura le déclic. Ce n’est pas en réfléchissant individuellement, mais avec notre force en tant qu’équipe qu’on sortira de cette période », a-t-il exhorté. »
Le cas Jonathan Clauss
En prenant l’exemple de Jonathan Clauss. De nombreux griefs ont émergé chez les dirigeants olympiens contre le latéral international, au point de le voir placé sur la liste des transferts lors du dernier mercato. « Il parle fort dans le réfectoire, passe des heures devant la PlayStation lors des mises au vert, râle pendant les entraînements si ses coéquipiers ratent une passe », liste par exemple l’Equipe. Sa sortie prématurée, en pleurs, contre Monaco (35e), après un coup reçu au genou, a été la goutte de trop pour la direction qui a voulu s’en débarrasser. Quand Gennaro Gattuso confiait « vouloir faire confiance à son joueur », à l’issue de la rencontre.
Les médecins se sont depuis montrés rassurants et l’ancien lensois n’est pas parti. « On s’est disputé entre nous, on a eu des discussions mais Jonathan Clauss est un joueur international et quand on voit ses prestations à l’entraînement, là ça se voit pourquoi il joue en sélection. Mais il faut être constant », a clos l’entraîneur.
Reste désormais à savoir si toutes ces paroles vont enfin se transformer en actes sur le terrain. Ce match contre le FC Metz, et leurs sept défaites consécutives, dans un Vélodrome que beaucoup imaginent hostile, a beaucoup plus d’importance pour Gattuso et l’OM, qu’il n’en a sur le papier.


















