Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Les supporteurs écossais ont-ils déjà gagné l’Euro 2024 dans les tribunes ?

Euro 2024 : Les supporteurs écossais ont-ils déjà remporté la compétition des tribunes ?

FOOTBALLEcrasée par l’Allemagne vendredi en ouverture (5-1), l'Ecosse affronte la Suisse, ce mercredi 21 heures) à Cologne, et pourra à nouveau compter sur ses impressionnants fans de la Tartan Army
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Laminée par l’Allemagne lors du match d’ouverture (5-1), l'Ecosse va tenter de réagir dans cet Euro 2024 en affrontant la Suisse, ce mercredi (21 heures) à Cologne.
  • Malgré cette entame catastrophique de leur sélection, les supporteurs écossais sont immenses en Allemagne, avec à l’appui de nombreuses vidéos devenues virales.
  • Les médias écossais annoncent même que 250.000 supporteurs sont de l’aventure sur cet Euro, où ils se distinguent également par leur chambrage éternel du voisin anglais.

Et si les supporteurs les plus flamboyants/délirants depuis le début de cet Euro 2024 étaient ceux de l’équipe ayant ramassé la plus grosse rouste jusque-là ? Oui, on pense à vous, adeptes de la cornemuse, des kilts avec caleçon en option et de l’hymne hurlé à en faire vibrer notre téléviseur. N’imaginez pas que la Tartan Army a vu ses espoirs totalement douchés par un match d’ouverture apocalyptique contre l’Allemagne (5-1). Non, les fans écossais ont envahi Cologne ces derniers jours et ils risquent de survoler le match des tribunes face à leurs homologues suisses ce mercredi (21 heures).

D’ailleurs, à en croire Hugh MacDonald, journaliste couvrant la compétition en Allemagne pour le Scottish Daily Mail, les supporteurs de l’Ecosse ne se trouvent pas qu’à Cologne. « Beaucoup de fans ont anticipé que ça serait une galère folle d’avoir des billets d’avion et des logements en Allemagne pour l’Euro donc ils ont préféré organiser tout leur voyage dans une ville avant même de connaître le tirage au sort, raconte-t-il. Ils sont donc éparpillés un peu partout dans le pays. Mon fils a par exemple fait le pari d’aller à Düsseldorf, ce qui ne s’est pas révélé être un bon choix puisqu’il n’y a aucun match de l’Ecosse là-bas… Finalement, il a juste pu assister à Italie-Albanie à Dortmund durant son séjour. »

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

La police a dû fermer l’accès à Marienplatz à Munich

Dans le fond, était-ce réellement dommage de s’éviter une humiliation à l’Allianz Arena contre l’armada de Julian Nagelsmann ? C’est un grand OUI malgré tout, rien que pour ce Flower of Scotland d’anthologie avant le coup d’envoi. « L’ambiance était vraiment formidable, appuie Hugh MacDonald. Notre hymne est un chant guerrier et tout le monde tient à le chanter puissamment. Et là, le rendu était immense. Honnêtement, ça me surprend de voir autant de supporteurs en Allemagne. La police de Munich a même dû fermer l’accès à Marienplatz tellement les Ecossais étaient partout. Là, ce qu’on est en train de voir est historique et sans commune mesure avec notre dernier grand tournoi, la Coupe du monde 1998 en France. »

Car comme tout le peuple écossais, Hugh MacDonald peine à prendre en compte l’Euro 2021 (élimination de l’Ecosse au premier tour), en raison des jauges très limitées liées au Covid-19. Agé de 59 ans, John Hart ne comptait pas manquer cette opportunité d’enfin vivre sa première compétition internationale de football avec une Ecosse qualifiée. Venu de Kilmarnock, il a hâte d’être au RheinEnergieStadion de Cologne ce mercredi soir. « Ça fait tellement d’années que le peuple écossais n’a pas pu assister en nombre à un tournoi majeur, c’était certain que chacun allait tout faire pour en profiter au maximum », explique-t-il.

Le baiser symbole de l’Euro 1992 en Suède

Avec jusque-là une flopée de séquences (le plus souvent garanties avec alcool) tournant en boucle sur les réseaux sociaux, à l’instar des Irlandais et des Nord-Irlandais lors de l’Euro 2016 en France. « On ressent beaucoup de fierté quand on voit à quel point on se comporte bien et comment le respect est mutuel avec le pays hôte durant cet Euro, apprécie John Hart. Si jamais on aperçoit un mauvais comportement, on le gère nous-même très calmement, ça se passe toujours ainsi. »

Hors scènes de chutes d’hommes titubant dans les bars ou dans la rue, c’est en effet un fair-play (et du fun) à toute épreuve qui accompagne la Tartan Army dans ce début d’Euro 2024, d’un speech de Braveheart hurlé dans le métro de Munich par un génial illuminé à un concert de cornemuse devant la cathédrale de Cologne, en passant par deux supporteurs protégeant de la pluie un vieil homme en déambulateur.

« Ça n’a pas toujours été le cas, quand on repense aux violences de Wembley en 1977, lorsque des milliers de fans avaient envahi la pelouse après une victoire (1-2) contre l’Angleterre, rappelle Hugh MacDonald. Mais à l’Euro 1992 en Suède, la photo du baiser d’un supporteur écossais sur la joue d’une policière suédoise a fait le tour du monde et a symboliquement montré à quel point nos fans avaient changé. »

McRadona reste évidemment l'icône ultime du football écossais.
McRadona reste évidemment l'icône ultime du football écossais.  - Miguel MEDINA / AFP

250.000 supporteurs écossais en Allemagne, vraiment ?

Enfin, un respect à toute épreuve… sauf lorsqu’il s’agit de moquer le voisin anglais. « Ce que j’aime le plus dans le fait d’être écossais, c’est de regarder les Anglais échouer à chaque grand tournoi », lance ainsi un supporteur dans une vidéo devenue virale ces derniers jours sur le site de paris en ligne… irlandais Paddy Power. Avec son tee-shirt « Anyone but England », ce barbu explique faire des cauchemars d’Harry Kane soulevant l’Euro.

Qu’il se rassure, ce n’est pas la spécialité maison du nouvel attaquant du Bayern, au palmarès aussi vertigineux que Dimitri Payet. Mais le chambrage à l’encontre des Three Lions devient encore plus sublime à la découverte d’un autre tee-shirt sur le web. Celui-ci liste les joueurs écossais de l’année depuis quarante piges. On n’y trouve aucun élément écossais mais Maradona, Van Basten, Cristiano Ronaldo ou encore l’Islandais Sightorsson. Vous avez saisi le truc, il s’agit de tous les bourreaux de la sélection anglaise à chaque Coupe du monde et Euro. On trouve aussi dans cette liste plusieurs joueurs anglais ayant plombé leur pays en ratant des tirs au but.

La liste des légendes écossaises... sans joueur écossais est là. Petit coup de cœur pour les échecs aux tirs au but des « Ashleys » (Cole et Young) à l'Euro 2012.
La liste des légendes écossaises... sans joueur écossais est là. Petit coup de cœur pour les échecs aux tirs au but des « Ashleys » (Cole et Young) à l'Euro 2012.  - Capture d'écran sur X

Mais au fait, combien de fans écossais ont traversé la mer du Nord au juste ce mois-ci ? Accrochez-vous, les médias nationaux parlent de 250.000 spécimens locaux. Quelle crédibilité accorder à ce chiffre monstrueux ? « On fait référence au "Seville Calculator" [la calculatrice de Séville] depuis la finale de la Coupe de l’UEFA 2003 à Séville entre le Celtic Glasgow et Porto (2-3), se marre Hugh MacDonald. Ce jour-là, les médias écossais parlaient de 60.000 supporteurs présents, puis ça s’est transformé en 80.000 et même en 100.000 au fil des années. » Les Ecossais n’ont par contre jamais osé réécrire l’histoire au niveau des résultats. Ils attendent désespérément de participer à leur tout premier huitième de finale dans un tournoi majeur.