Euro 2024 : En mode vendange, les Bleus tapent une faible Autriche (et perdent Mbappé sur blessure)
FOOTBALL•L’équipe de France s’est imposée par la plus petite des marques face à l’Autriche, lundi, à Düsseldorf, maisa perdu Kylian Mbappé, blessé au nezAymeric Le Gall
A Düsseldorf,
L’équipe de France a réussi son entrée en lice dans cet Euro 2024 en disposant sans trop d’effort, mais en vendangeant un nombre incroyable d’occasions, d’une équipe autrichienne à des années-lumière de son habituel visage combatif. Il faudra cependant éviter de croquer autant face au but à l’avenir, car les futurs adversaires des Bleus ne seront pas tous aussi faiblards que la « Das Team ». Kylian Mbappé, auteur d’un raté incroyable, est sorti sur blessure après avoir reçu un gros coup sur le nez.
L’Autriche méconnaissable, pas les Bleus
Si c’est à ça que ça ressemble, l’enfer, on veut bien y réserver une suite pour l’éternité. Réputés pour mettre le feu d’entrée de jeu et harceler le porteur du ballon comme des damnés, comme on vous l’avait vendu en avant-match, les Autrichiens n’ont pas laissé paraître grand-chose, lundi, face aux Bleus. Leur célèbre « gegenpressing » s’est vite transformé en « butcherpressing », ceux-ci multipliant les fautes bien sales et récoltant deux jaunes en première période.
Notez que toutes nos prédictions ne sont pas tombées dans les limbes d’une première période faible en spectacle puisque, de leur côté, les joueurs de l’équipe de France ont été relativement conformes à ce qu’on attendait d’eux, à savoir chiant à voir jouer, comme Antoine Griezmann l’avait annoncé dès son arrivée à Clairefontaine. Et, du reste, comme le veut la tradition des premiers matchs de l’équipe de France dans une grande compétition.
Positionné dans un 4-3-3 mouvant, avec un Mbappé collant la plupart du temps à la ligne côté gauche – mais sans jamais faire étalage de sa vitesse et de sa force de percussion par le dribble, la faute à un physique qui ne suit pas (pour l’instant) – la bande à DD ne s’est pas plus foulé que l’Autriche. A part un tir du Kyks détourné par Pentz en début de rencontre, il a fallu attendre un bon vieux csc des familles de Wöber pour lancer cette équipe dans son Euro.
Griz-où ?
Contrairement à ce qu’il avait laissé entrevoir face au Luxembourg et au Canada, Didier Deschamps est revenu à la raison en repositionnant Griezmann dans le cœur du jeu, aux côtés de Rabiot et de Kanté. Pour un résultat malheureusement similaire au dernier match de préparation. Preuve que ce n’est pas son positionnement mais sa forme actuelle qui pêche, lui qui a joué plus de matchs avec l’Atlético depuis août (47) qu’une équipe de NBA en saison régulière ? Mais l’une des forces de cette équipe c’est son réservoir sans fond, version pick-up américain, quand un joueur est moins bien, un autre prend sa place.
Rab-Yo ! Kant-Hé !
Et ce joueur, c’est Adrien Rabiot. Le Duc. Bien que n’ayant plus joué depuis des semaines à cause de pépins physiques, le milieu de la Juve a donné raison à DD, qui lui a maintenu sa confiance. D’une autorité qu’on ne lui connaissait pas (à ce point), l’ancien Parisien a livré une performance de cochon sauvage au milieu. Que ce soit à la récupération du ballon, dans la projection vers l’avant ou dans le jeu de passe, courte ou longue, comme cette sublime ouverture pour un Mbappé coupable devant la patrie d’un raté interdit par la convention de Genève, Rabiot a gagné son rond de serviette dans le XI jusqu’au bout de la compète.
La saison du raisin en seconde période. En visant un peu moins l’extrême droite du poteau de Pentz, Mbappé – sorti sur blessure en fin de rencontre – aurait pu éviter à ses copains une fin de match à suspense face à une équipe autrichienne incroyablement apathique et qui n’en demandait pas tant. A sa décharge, il fut loin d’être le seul. Malgré une pelletée d’occases plus ou moins franches au cours d’une seconde période bien plus sexy, de Thuram (67e, 82e) à Koundé (66e, c’était quoi ce tir de puceron, Jules ???) en passant par Dembélé et Giroud (90e), les Bleus avaient des airs de vignerons girondins, lundi soir, du côté de Düsseldorf. Heureusement pour eux que Kanté, lui aussi mon-stru-eux à la récupération lundi soir, était là pour péter un sprint de l’espace et venir tacler dans les pieds d’un Wimmer qui filait seul au but. A l’arrivée, cette moison de manqués fut sans conséquence mais il ne faudrait pas que ça devienne une habitude.


















