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Euro 2024 : Pressing de zinzin et attaque à tout-va… Pourquoi les Bleus doivent prendre l’Autriche (très) au sérieux
DECRYPTAGE•Les Bleus prennent très au sérieux leur premier adversaire à l’Euro, l’Autriche, invaincue depuis octobre 2023 et dont le goût pour l’effort et le pressing en font une très chiante à jouerAymeric Le Gall
L'essentiel
- L’équipe de France lance enfin son Euro 2024 ce lundi, contre l’Autriche, du côté de Düsseldorf.
- Menée par le « Professeur » Ralf Rangnick, apôtre du beau jeu, du pressing et de l’attaque, « Das Team » a de quoi embêter les Bleus.
- On décrypte pour vous les principes de l’ancien coach éphémère de Manchester United avant le match de ce soir.
A Düsseldorf,
Cela fait des années que Didier Deschamps nous joue la même ritournelle à l’heure de plonger dans le grand bain d’une compétition – on appellera ça la Balade de Richard Gasquet en do mineur – celle du respect de l’adversaire qui, oulala-attention-vous-ne-les-avez-surement-pas-vu-jouer-le-football-c’est-dur, n’est pas à prendre à la légère. D’ailleurs, on peut citer ici deux prestations totalement affligeantes de Bleus face à la Roumanie en 2016 et l’Australie en 2022, qui donnent du crédit aux paroles du sélectionneur.
Comment ne pas se méfier dans ces conditions de l’Autriche, véritable équipe de morts de faim adepte d’un pressing féroce et continu pendant 90 minutes. Ce fameux « gegenpressing » théorisé par Rangnick himself est en effet la marque de fabrique de l’Autriche, qui, comme l’a rappelé Marcus Thuram lors de son meeting de campagne, vendredi, à l’habitude de « commencer très, très fort ses matchs », et de les finir tout à fait correctement : seule la Belgique en est venue à bout depuis novembre 2022.
Pressing de maboule et tout pour l’attaque
Dans l’idée du boss, éminent membre du « clan des Souabes », un collectif de penseurs du jeu qui a révolutionné l’approche tactique du football en Allemagne, dans le football, tout est pressing et le pressing est tout. C’est ce qu’il développait dans un long entretien accordé à nos confrères de So Foot en 2020. On vous met la masterclass en intégralité car elle est fort intéressante.
« D’un point de vue statistique, plus de 60 % des buts arrivent après une phase de transition, et parmi eux, seuls 10 % surviennent après un temps de possession supérieur à vingt secondes. Si vous prenez ces chiffres en compte, vous vous rendez compte à quel point la phase de récupération du ballon est importante. C’est pour cela que c’est devenu un thème central pour moi, aussi bien en match qu’à l’entraînement. Si on maîtrise cet aspect et que l’on est fort en transition, les probabilités d’avoir une occasion de but sont énormes. Alors oui, c’est plus risqué, notamment dans nos passes, mais ça nous permet de nous trouver dans une meilleure situation de départ que lors d’une longue phase de possession. »
Avec, en bonus track, une philosophie basée exclusivement sur l’attaque, à des années-lumière de celle du pragmatique sélectionneur français : « En fait, je veux que mon équipe attaque presque tout le temps : soit en jouant en direction du but adverse, soit en attaquant la possession de l’adversaire pour pouvoir, ensuite, se projeter vers son but. » Sûr de sa force, dimanche, en conférence de presse, Rangnick n’a pas caché ses ambitions ni sa stratégie : « Avec notre style de jeu nous devons contrer toute l’équipe pour que Mbappé ne reçoive pas de ballons. Nous avons étudié les qualités de l’adversaire mais nous avons des qualités et nous pouvons remporter le match. »
Les Bleus mangent avec les Autrichiens en fond
Mais qui dit pressing intense, projection haute et jeu tourné vers l’avant, dit aussi immenses risques si le premier rideau est transpercé. Or, avec des flèches comme Mbappé et Dembélé en attaque et une rampe de lancement nommé Antoine Griezmann, les hommes de Deschamps auront de quoi s’en donner à cœur joie.
Si tant est bien sûr qu’ils parviennent à se sortir par le dribble de la nasse formée au milieu du terrain par le trio Konrad Laimer (Bayern Munich), Marcel Sabitzer (Borussia Dortmund) et Xaver Schlager (RB Leipzig), tous titulaires dans leurs clubs respectifs. Gavés depuis quinze jours des rencontres autrichiennes, que Deschamps fait défiler sur les écrans pendant que ses joueurs cassent la croûte au réfectoire, ceux-ci savent à quoi s’attendre. Vous aussi désormais.


















