20 Minutes avec AFP
Une contre-attaque un brin désespérée ? Dans un courrier adressé à un tribunal de Floride, aux Etats-Unis, la Fifa accuse l’UEFA d’orchestrer une « campagne de désinformation » en demandant l’accès à des documents liés au projet de Gianni Infantino, finalement avorté, de vendre des parts de la Coupe du monde.
Dans ce courrier de 26 pages rendu public, l’instance dirigeante du football mondial demande à la justice floridienne de rejeter la requête de l’UEFA, arguant que cette dernière a pour objectif « d’influencer » le cours de l’élection présidentielle de la Fifa prévue le 18 mars 2027, pour laquelle Gianni Infantino est à ce jour le seul candidat à sa succession. « L’UEFA agit dans le but de harceler et non en raison d’un quelconque besoin légitime de mesures d’instruction », accuse la Fifa, reprochant à l’instance dirigeante européenne d’être « de mauvaise foi ».
« De nombreuses affirmations fausses », selon la Fifa
Fin août, l’UEFA a pavé le chemin d’une plainte pour « gestion déloyale » contre le patron de la Fifa - une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement, qui suppose de démontrer qu’il a intentionnellement lésé les intérêts de la Fifa –, en saisissant la justice de Floride pour contraindre les filiales américaines de l’instance à lui remettre une série de documents liés au projet du dirigeant italo-suisse, finalement abandonné face aux critiques, de placer les recettes de la Coupe du monde dans une société ouverte aux investisseurs privés.
Dans sa requête de 60 pages, l’UEFA précisait qu’il s’agissait de nourrir « une procédure étrangère », lancée ultérieurement devant la justice suisse contre Gianni Infantino « et éventuellement d’autres responsables et conseillers de la Fifa ». Selon cette dernière, « le dossier de l’UEFA contient de nombreuses affirmations fausses ou trompeuses concernant la Fifa et M. Infantino […] Sans le moindre fondement, l’UEFA suggère que M. Infantino a cherché à tirer un profit personnel » en proposant d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés.
Infantino propose de réformer lui-même la Fifa
La réponse apportée par la Fifa est un nouvel épisode dans la crise qui l’oppose depuis cet été à l’UEFA et à d’autres confédérations comme la Concacaf (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes) et l’AFC (Asie), lesquelles réclament une réforme de la gouvernance, avec même plusieurs appels à la démission de M. Infantino.
Pour tenter d’éteindre l’incendie, le président de la Fifa a proposé la semaine passée « une consultation » des fédérations afin de réformer le fonctionnement de l’instance, promettant d’examiner les propositions lors du prochain Conseil de l’instance, le 15 octobre. Une proposition qui ne dupe personne et qui aura du mal, vu la puissance de la fronde menée contre lui, à calmer les opposants qui ont jusqu’au 18 novembre pour désigner un candidat à opposer à Gianni Infantino.