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Pas invité, le racisme s’incruste quand même dans la Coupe du monde

Coupe du monde 2026 : Avec le nouveau dérapage de Chilavert, le racisme s’invite toujours un peu plus dans la compétition

On n’a Pas le même maillot…« Le Paraguay affrontera une sélection d’Afrique »… La dernière sortie de José Luis Chilavert au sujet de l’équipe de France vient s’ajouter à une trop longue liste de propos racistes pendant cette coupe du monde
Romarik Le Dourneuf

Romarik Le Dourneuf

Des supporters du monde entier, des maillots de toutes les couleurs, des foules qui se mélangent et célèbrent ensemble leur amour du sport. Ces images, on peut les voir à chaque coupe du monde de football, comme une pause bienheureuse dans les actualités toujours plus dramatiques et cruelles du monde.

Pourtant, certains veulent toujours gâcher la fête en rayant ce contrat implicite de trêve sur les immondices... Depuis le début de la compétition, le racisme s’invite régulièrement aux micros ou dans les commentaires sans qu’on lui ait demandé. Dernier exemple en date, la sortie de l’ancien gardien paraguayen José Luis Chilavert.

« Le Paraguay affrontera une sélection d’Afrique »

D’un caractère peu aimable lorsqu’il était joueur, celui-ci est devenu détestable depuis qu’il a raccroché les gants. Ce vendredi, en réponse à Christophe Dugarry qui avait prédit que le Paraguay allait « prendre une rouste » contre la France, José Luis Chilavert a répondu par un tweet écœurant et sans aucun lien avec le jeu : « Christophe, tu as raison, à la Coupe du monde de 98, nous avons affronté les Français et maintenant, le Paraguay affrontera une sélection d’Afrique. »

Rien d’étonnant malheureusement pour la légende du pays, et ancien joueur du Racing Club de Strasbourg, au regard de son palmarès, entre sorties homophobes, masculinistes et sa candidature à l’élection présidentielle paraguayenne de 2023 avec un programme qualifié de « protofasciste ».

Trop d’exemples

Mais ce n’est pas la première sortie condamnable depuis le début de la compétition qui avait débutée avec l’ancien international yougoslave et actuellement consultant pour la télévision serbe, Rade Bogdanović qui avait affirmé que les « Noirs n’ont pas la concentration nécessaire pour tenir plus de 60 à 80 minutes » après le match nul entre la Belgique et l’Iran.

Quelques jours plus tard, c’est l’ancien international, Bastian Schweinsteiger qui qualifiait le football africain de « sauvage ». Si l’Allemand se défend d’intentions racistes, justifiant parler de football et non de personnes, la sortie est très mal passée auprès des acteurs concernés comme auprès du grand public.

Même explication du côté de Rudi Garcia, le sélectionneur français de l’équipe de Belgique, après le match contre le Sénégal : « On connaît ces équipes-là, elles perdent leur structure tactique vers la fin du match. » Vivement critiqué, il rejette les accusations en justifiant avoir voulu parler des équipes qui n’ont pas l’habitude de gérer des matchs de ce niveau.

« 13 fois plus » de publications injurieuses sur les réseaux et l’extrême droite française prend sa part

Si ces deux derniers exemples pourraient se voir accorder le bénéfice du doute, beaucoup d’observateurs et d’internautes relèvent que ces déclarations tendancieuses, ou l’utilisation de certains mots, visent toujours les équipes africaines.

Et ce racisme n’est pas l’apanage des acteurs du football. En effet, un racisme décomplexé dégouline sur les réseaux sociaux au point que Le Service de modération pour les réseaux sociaux (SMPS) de la FIFA a annoncé ce mercredi avoir « identifié 89.000 publications injurieuses au cours de la phase de groupes du Mondial », dont 11 % à caractère raciste.

« Les injures racistes sont en hausse et sont devenues une menace persistante pour le bien-être des joueurs », a dénoncé le SMPS qui a déjà relevé « 13 fois plus » de publications injurieuses que durant la phase de groupes de la Coupe du monde 2022 au Qatar (89.000 contre 6.700).

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Et la France n’est pas en reste. Parmi les internautes, plusieurs influenceurs d’extrême droite se lâchent totalement, qui prennent en exemple l’influenceuse identitaire Thaïs d’Escufon dont le patriotisme semble finalement bien fragile : « J’échangerais toutes les Coupes du monde remportées par cette équipe contre un vol charter vers l’Afrique. »

Elle est moins gênée par les internautes étrangers qui publient des propos racistes, notamment à l’égard des joueurs noirs de l’équipe de France, qu’elle partage sans retenue, montrant ainsi finalement que pour elle, le drapeau passe après la couleur de peau.

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