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Action commune des supporteurs européens contre la délocalisation de matchs

Football : Action commune des groupes de supporteurs européens contre la délocalisation de matchs à l’autre bout du monde

RévolutionPlus de 430 groupes de supporteurs ont lancé l’opération « Keep Football Home », ce mercredi
Antoine Huot de Saint Albin

A.H. avec AFP

En Angleterre, en France, en Espagne, en Italie, En Allemagne, En Ecosse… En première, deuxième voire quatrième division. Plus de 430 groupes de supporteurs issus de 27 pays ont lancé une opération commune, « Keep Football Home », ce mercredi, en opposition au projet de la Liga et la Serie A de délocaliser deux matchs de championnat aux Etats-Unis et en Australie.

Ainsi, le match Villarreal-Barcelone devrait se disputer le 20 décembre à Miami (Etats-Unis), alors qu’AC Milan-Côme pourrait se disputer en Australie, début février 2026, dans la ville de Perth. « L’idée de faire traverser des océans aux joueurs, aux staffs, aux supporters et à tous les autres pour un match “à domicile” est absurde, inabordable, et irresponsable sur le plan environnemental », proteste l’association Football Supporters Europe (FSE).

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Revendiquant « plus de trois millions de supporters » représentés, ces organisations craignent qu’un éventuel feu vert de l’UEFA, attendu le 11 septembre, n’ouvre « une boîte de Pandore aux conséquences imprévisibles et irréversibles ». « Chaque club, chaque équipe nationale, chaque groupe de supporteurs dans le monde risquerait de voir leur équipe être délocalisée à l’autre bout du monde, pour un match ou plus », poursuit leur communiqué.

Evidemment une question financière

Si les Supercoupes d’Espagne comme d’Italie se tiennent déjà en Arabie saoudite, après de précédentes éditions en Chine, au Maroc, au Qatar et en Libye, les championnats et leurs matchs aller-retour, cœur de la tradition continentale, résistent encore à cette tendance. Mais la Liga tente depuis 2018 de tenir des rencontres aux Etats-Unis, siège de son partenaire commercial Relevent Sports. Quant à la Serie A, elle met en avant l’impossibilité d’utiliser le stade de San Siro pour la 24e journée du Championnat d’Italie, puisque la mythique enceinte milanaise accueillera le 6 février la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver.

L’argument commercial n’est cependant pas loin : il s’agit aussi de « faire découvrir à de nouveaux publics l’excellence du football italien, renforcer la compétitivité du système et générer des ressources ayant un impact positif sur l’ensemble du mouvement », plaidait l’organisation italienne le 27 août. S’il suffisait jusque-là d’opposer aux délocalisations les règles de la Fifa, l’instance mondiale a lancé le 15 mai dernier un « groupe de travail » pour les réviser - contrainte en ce sens par un accord signé en 2024 avec Relevent pour solder une procédure anticoncurrentielle.

Les capitaines des clubs de Liga opposés

D’où le constat dressé mercredi par le patron de l’UEFA, Aleksander Ceferin, auprès du journal Politico : « Nous ne sommes pas contents [des projets de délocalisation], mais nous avons peu de latitude d’un point de vue juridique si les deux fédérations sont d’accord. » De réglementaire, le sujet est donc devenu politique, avec l’entrée en lice du commissaire européen aux Sports, Glenn Micallef : « Délocaliser des compétitions à l’étranger n’est pas une innovation, c’est une trahison », estimait-il la semaine dernière sur X.

En Espagne, le projet se heurte aussi à l’opposition du syndicat des footballeurs et de tous les capitaines de première division - y compris Villarreal et Barcelone –, qui ont fustigé « le manque de dialogue et d’information » de la Liga. Enfin, le Real Madrid a dénoncé mi-août un « risque de falsification de la compétition » et de son principe des matchs aller-retour : avec ses stars planétaires, Barcelone peut en effet s’attendre à être acclamé à Miami comme s’il jouait à domicile.