PSG - Inter Milan : Comment les Parisiens de Marseille s’organisent pour voir la finale (en paix)
vivre heureux, vivre caché•Si certains supporters du PSG habitant à Marseille ont déserté la ville pour la finale de Ligue des champions contre l’Inter Milan, d’autres s’organisent sur place pour vivre leur événement. Avec un objectif : éviter les emmerdes et célébrer en paixAlexandre Vella
L'essentiel
- Le PSG affronte l’Inter Milan en finale de la Ligue des champions, ce samedi à Munich.
- Et les supporteurs du club parisien installés à Marseille cherchent des solutions pour regarder la finale de Ligue des champions sans risquer de confrontations et pleinement profiter de l’événement.
- 20 Minutes en a rencontré plusieurs qui nous expliquent comment ils s’apprêtent à vivre leur finale, entre réunions d’appartement, désertion et hésitation.
«A Marseille, c’est compliqué, très compliqué. Déjà, juste porter le maillot du PSG c’est dur, c’est l’assurance d’avoir des regards de travers et des réflexions. Alors fêter une finale de Ligue des champions, c’est juste impossible. » Comme Mélissa, supportrice du PSG installée à Marseille depuis une quinzaine d’années, les fans du club parisien se demandent comment ils vont bien pouvoir s’organiser pour vivre samedi soir la finale contre l’Inter Milan.
Et si certains patrons de bars de Marseille assument de diffuser ce match, d’autres s’en abstiennent, et tous savent que toute démonstration de joie de supporteurs du PSG, dans l’hypothèse d’une victoire, ne passera pas très bien. « Du coup, je laisse les enfants à mon mari et prends le train samedi pour Paris, voir la retransmission au Parc des Princes avec des amis », poursuit Mélissa. Une stratégie de fuir la ville assez répandue, mais qui ne concerne pas tous les supporteurs du PSG.
« Safe space » parisien à Marseille
Quoique sur les réseaux sociaux de supporteurs parisiens, certains tentent de s’organiser pour regarder la finale ensemble, d’autres ont déjà un petit cercle d’habitués avec qui vivre ce moment. A l’image de Yann, arrivée de Saint-Germain à Marseille il y a quatre ans maintenant. « Je regarde vraiment tous les matchs du PSG. Et d’ordinaire j’invite du monde à l’appartement, on est souvent une dizaine. Il y a des Marseillais d’ailleurs qui viennent aussi, mais ils sont beaux joueurs », raconte le jeune homme. « J’ai pensé aller au bar, et ce n’est pas par peur de se faire emmerder, mais j’aime bien regarder les matchs tranquille. »
Mais pour cette finale, Yann ne jouera pas à domicile. « J’ai pensé monter à Paris, mais il se trouve que j’y étais déjà la semaine dernière pour tout autre chose. Et comme c’est week-end prolongé et que pas mal de potes ne sont pas à Marseille, je vais aller chez un ami en ville. On devrait être entre cinq et dix ».
Une invitation reçue par texto : « Hello Yann. Si jamais tu cherches un safe space parisien pour mater la finale, t’es le bienvenu chez moi. On ne peut pas être seul pour assister à la victoire finale », détaille l’auteur de la missive électronique qui a compris d’expérience qu’il serait hasardeux d’envisager de fêter l’événement en ville.
« Ça peut vite monter dans les tours »
« Pour le match retour contre Arsenal, j’étais dans un bar du Vieux-Port - je peux y aller assez régulièrement voir les matchs - et un petit groupe de supporteurs Marseillais est venu provoquer un peu. Ce n’est pas la première fois, c’est parfois bon enfant, des chamailleries, mais ça peut vite monter dans les tours », relate Morgan, qui prend soin de ne pas afficher ses couleurs, arrivée à Marseille il y a dix ans pour les études, avant d’y rester comme enseignant à l’université. « Du coup pour célébrer si on gagne sans se faire emmerder dans les bars, j’organise à la maison », conclut l’universitaire.
Fraîchement débarqué à Marseille, Kiki doutait jeudi encore de ses plans. « Franchement, je ne sais pas encore. J’ai trop envie d’avoir l’effervescence de la rue, mais ce ne sera pas à Marseille. Peut-être je resterai à Lyon, où je suis actuellement pour les Nuits sonores. Je pense qu’ici, les gens seront contents de voir des gens contents. Ou alors je redescends à Marseille pour voir ça dans un appartement avec des amis », hésite le jeune homme qui en quittant Paris pour Marseille s’est vu offrir un maillot de l’OM à son pot de départ.
« En vrai, je l’ai customisé en cousant des fleurs et ça m’arrive de le porter. Après, les gens rient quand je leur dis que je supporte le PSG. Et c’est vrai qu’à Marseille, tu vois que c’est une ville où le foot est visible et occupe une place importante. C’est rare de ne pas avoir dans son champ de vision un maillot de l’OM quand tu es à la Plaine ou quoi. »
« A Marseille, je ne l’aurais pas tenté »
Et ces préoccupations de se trouver un endroit paisible pour regarder cette finale débordent de Marseille, jusque dans les villes alentour. Ainsi, Fabrice, arrivée en Provence de Valenciennes en 1992, avait envisagé de se rendre en Ardèche « chez un cousin qui réunit une vingtaine de personnes. Autrement je pense que je serai allé au bar à Salon-de-Provence, ce que j’ai fait pour les quarts et demi-finales. Avec des potes supporteurs de l’OM d’ailleurs, mais qui savent apprécier le foot. Même si ça reste ancré dans leurs gènes d’être anti-PSG et de supporter l’équipe d’en face, ça reste bon enfant et c’est presque aussi sympa qu’une soirée avec des Parisiens. Ça met juste un peu plus de pression et ça chambre quand ça marque en face ».
« Mais à Marseille, je ne l’aurais pas tenté. Je n’ai pas envie de me battre pour du foot. Il y a trop de monde et il y aura toujours des abrutis. Ce qui marche dans l’autre sens aussi, cela dit », développe le cinquantenaire qui regardera la finale à Valence, en Espagne, où il se trouve pour un championnat d’Europe de hockey-sur-gazon avec les vétérans de l’Equipe de France.


















