OL-PSG : « On ne s’en lasse jamais »… La dynastie lyonnaise n’est pas près de s’arrêter en D1 féminine
CHAMPIONNES SANS PARTAGE•L’Olympique Lyonnais s’est comme à son habitude emparé du titre de champion de France, cette fois via un système de play-offs inédit, en battant son rival parisien en finale vendredi (2-1)Jérémy Laugier
L'essentiel
- L'Olympique Lyonnais conserve son titre de champion de France, après sa victoire (2-1) sur le PSG en finale des play-offs, vendredi à Décines.
- Il s’agit du 17e sacre en D1 de l’OL lors des 18 dernières éditions du championnat, alors qu’il comptait 11 points d’avance sur Paris à l’issue de la « saison régulière ».
- Sonia Bompastor, Wendie Renard ou encore Melchie Dumornay tentent d’expliquer comme ce Lyon-là est devenu au fil du temps une immense machine à gagner.
Au Parc OL,
« A jamais les premières ! » Selma Bacha s’est fait plaisir vendredi en empruntant à un autre Olympique sa plus célèbre punchline. Car oui, son OL est parvenu à rafler contre le PSG (2-1) son premier titre de champion de France dans cette formule de play-offs (très contestée à Lyon) impulsée par la FFF et le diffuseur TV Canal +. En inscrivant vite deux buts en quatre minutes grâce à Delphine Cascarino (1-0, 18e) et Kadidiatou Diani (2-0, 22e), l'OL a du même coup soulevé son 17e sacre en D1… sur les 18 dernières éditions.
Soit un règne sans partage comme peu d’équipes sont parvenues à l’instaurer dans l’histoire du sport français. Sacrée pour la troisième fois consécutivement comme entraîneuse, après l’avoir été à six reprises en tant que joueuse lyonnaise, Sonia Bompastor explique à sa façon cette hégémonie sans fin de l’OL, qui comptait 11 points d’avance sur le PSG à l’issue de « la saison régulière ». « Peu importe l’adversaire, peu importe la formule avec ces règles du jeu changées, l’OL sera champion et sera toujours là parce que cette équipe est spéciale, résume-t-elle. Il y a un état d’esprit remarquable, des joueuses solidaires et une force collective impressionnante qui se dégage. »
« On a gardé notre sérénité et notre calme »
Même totalement privées de ballon et parfois en souffrance après la réduction de l’écart de Tabitha Chawinga (2-1, 73e), les Lyonnaises n’ont pas craqué, conservant leur précieux avantage jusqu’au bout du temps additionnel, avec à la clé un ultime arrêt de Christiane Endler face à Chawinga (90e+5). « On savait que les Parisiennes allaient pousser mais on a gardé notre sérénité et notre calme, apprécie la capitaine Wendie Renard. Ce groupe a énormément de maturité et d’expérience. »
Car même une Selma Bacha, à 23 ans, a déjà eu un rôle majeur dans six conquêtes en D1 et même quatre couronnes en Ligue des champions, en attendant l’emballant OL-Barça en finale de la Coupe d'Europe le 25 mai. Mais ce palmarès paraît malgré tout maigrichon en comparaison avec celui de sa coéquipière Wendie Renard (33 ans), qui compte l’intégralité des 17 D1 et des huit C1 du club dans son armoire à trophées personnelle. Celle-ci poursuit sa démonstration sur ce fascinant sujet de thèse : « Comment l’OL peut-il rester à ce point insatiable/injouable, saison après saison ? ».
« On n’est pas rassasiées de trophées, moi la première. On ne s’en lasse jamais, et puis là c’est le premier de l’année (sourire). Pour tout le monde, les compteurs sont remis à zéro quand on commence la saison. Gagner un titre, c’est comme quand on commence à manger : on n’a parfois pas faim mais quand on commence à goûter quelque chose et à trouver ça bon, on a envie de finir l’assiette. C’est comme ça, on a toujours envie, on se remet en question chaque saison et chaque match. Je ne néglige personne et ce soir, on a fait preuve de caractère, de détermination et d’efficacité. »
Le PSG doit « faire face à la réalité »
Un cocktail gagnant pour aboutir à « un titre mérité », et à une implacable série de cinq victoires et un nul en six matchs officiels contre le PSG cette saison, entre Trophée des championnes, « saison régulière », Ligue des champions (ah, cette remontada à l’aller, de 0-2 à la 79e à 3-2 à la 86e…) et play-offs de D1. De quoi rendre l’entraîneur parisien Jocelyn Prêcheur quasiment fataliste : « L’histoire se répète et il faut faire face à la réalité. On vient de jouer les Lyonnaises trois fois coup sur coup et elles nous ont battues trois fois. Elles sont plus fortes que nous. Leur force, c’est ce qu’elles bâtissent depuis plusieurs années. Le constat factuel est dur et sévère : on n’est pas au niveau de l’Olympique Lyonnais aujourd’hui ».
Et sans doute pas non plus dès les prochains mois, tant l’OL a structurellement une avance majeure sur son rival parisien. Ce n’est pas pour rien que des joueuses cadres comme Christiane Endler et Kadidiatou Diani ont quitté le PSG pour rejoindre Lyon en 2021 et en 2023. Avec réussite, comme c’est le cas pour la plupart des recrues, à l’instar de la prometteuse Melchie Dumornay (20 ans), radieuse pour son premier titre d’envergure remporté devant 15.660 spectateurs.
« Très facile de s’intégrer à l’OL »
« C’est très facile de s’intégrer à l’OL, notre groupe est ouvert d’esprit et met tout le monde à l’aise », indique l’attaquante haïtienne. Une autre clé du succès tant celle-ci finit la saison en boulet de canon, avec une nouvelle passe décisive pour Kadidiatou Diani vendredi. Une dynamique qui pousse la première buteuse du soir Delphine Cascarino à assumer cette soif de sacres : « On ne s’en lasse pas, peu importe que ce soit 17, 20 ou 30 titres comme je l’espère à l’avenir. On sera toujours fières de gagner le championnat ».
Enfin, il faudra d’abord s’assurer que ce numéro 17 dans la collection des trophées de D1 à Décines soit bien validé. Car cette formule de play-offs chère à Jean-Michel Aulas et à Canal + inspire décidément Sonia Bompastor : « J’espère juste que la FFF ne va pas se réveiller demain en mettant un match retour dans cette finale, je croise les doigts ». Et si l’humour était le précieux ingrédient bonus de la dynastie de l’OL féminin ?


















