PSG : « Il y a des choses très bizarres qui se passent »… Mais à quoi joue Luis Campos à Paris ?
football•Le conseiller sportif du club parisien est à nouveau à la manœuvre cet été après deux premiers mercatos ratés dans les grandes largeurs, et on ne peut pas dire que les premiers échos soient rassurantsNicolas Camus
L'essentiel
- Le mercato d’été ouvert a ouvert il y a quinze jours déjà et le PSG s’active - encore et toujours - pour bâtir une équipe capable de remporter la Ligue des champions.
- Conforté à son poste malgré deux mercatos ratés depuis sa prise de fonction, le conseiller sportif du club Luis Campos est attendu au tournant.
- Mais les premiers mouvements confirmés (Manuel Ugarte et Marco Asensio, qui appartiennent à l’écurie Jorge Mendes) ne laissent pas entrevoir de rupture avec une méthode qui n’a pas fonctionné jusque-là.
Le running gag ne fait plus marrer grand monde. Nous si, encore un peu, mais c’est sûrement parce qu’on n’est pas supporter du PSG. La blague en question ? Pour s’y retrouver dans le flot des rumeurs de ce début de mercato côté Paris, pas besoin de sources béton, de triple confirmation ou de chercher à tout prix à dégoter le nouveau Paris United sur Twitter, un seul geste suffit : ouvrir la page Gestifute sur Transfermarkt. Si le joueur est dedans, c’est très plausible ; s’il ne l’est pas, l’info est bidon.
Gestifute, c’est l’agence de Jorge Mendes, et un peu la deuxième maison de Luis Campos, le conseiller sportif du PSG. Les deux hommes se connaissent depuis plus de 20 ans et aiment travailler ensemble. Le problème, c’est que le club parisien est en train de devenir une succursale de l’écurie portugaise. Mendes y case tous ses poulains, et pas forcément les pur-sang malgré les sommes demandées. Vitinha à 42 millions et Renato Sanches à 15 l’été dernier, Ugarte pour 60 cette année, sans compter la signature d’Asensio à un salaire indécent. Bellingham ? Tonali ? Gundogan ? Barella ? Ah bon, ils étaient sur le marché ? Désolé, connais pas.
On en viendrait presque à se demander si le but de Luis Campos ne serait pas de saborder le PSG pour on ne sait quel obscur dessein. Le Portugais centralise les critiques depuis sa prise de fonction il y a un an, dans la foulée de la prolongation de Kylian Mbappé. Le boss le voulait, et on se disait que ce n’était pas une mauvaise idée. Pensez donc, les réseaux de l’ancien dénicheur de talents de Monaco et Lille plus les moyens du PSG, ça allait être un feu d’artifice permanent sur le marché des transferts, l’assurance de ne rater aucun futur crack et de l’influence pour faire venir des joueurs confirmés.
« Il est nul »
Raté. Le premier mercato n’a pas répondu aux attentes, notamment celles du numéro 7 qui espérait un buteur de surface du calibre de Robert Lewandowski pour l’épauler. Il a vu arriver Hugo Ekitike avec une option d’achat obligatoire à 40 bâtons, avec le succès que l’on connaît. Pas comme s’il avait Arnaud Kalimuendo sous la main, en plus. Au milieu, si c’était pour prendre Carlos Soler ou Fabian Ruiz, autant garder Julian Draxler et Georginio Wijnaldum, ça aurait fait économiser du temps (et de l’argent) à tout le monde. Bref, tout ça pour dire qu’il n’y a pas grand monde pour sauver le bilan du Portugais, qui a également échoué à renforcer l’effectif cet hiver en vue de la phase finale de la Ligue des champions.
« Il est nul, cingle un agent qui navigue dans le milieu depuis de longues années. Ugarte à ce prix-là, quand on a des Kephren Thuram ou d’autres top joueurs en France ? Il faut m’expliquer. Il y a des choses très bizarres qui se passent, et il n’y a pas besoin d’être agent depuis 20 ans pour s’en rendre compte. »
Selon lui, le Portugais n’explore que les pistes qui l’arrangent, et écartent les autres avec une indifférence polie. « Je peux appeler 50 fois pour des joueurs, il ne va même pas les regarder, assure-t-il. Ce qui n’était pas le cas d’Antero Henrique. Lui, c’est un charmeur, un vendeur, un acheteur, mais un mec qui veut savoir ce qu’il se passe sur le marché. On peut discuter avec lui. Pas avec Luis Campos. »
La double casquette avec le Celta interpelle
Conforté dans son rôle à l’entame de cette intersaison, après un intense travail de lobbying qui n’a pas plu à tout le monde en interne, selon L’Equipe, il est toutefois « attendu au tournant » par Doha. L’été s’annonce chargé pour Campos, d’autant qu’il ne s’est pas désengagé de son rôle de « consultant externe » auprès de la direction du Celta Vigo. Une double casquette qui interpelle, surtout quand ça ne se passe pas bien des deux côtés.
L’attaquant Iago Aspas, figure historique du club galacien, avait mis en cause l’efficacité du travail du dirigeant alors que le Celta jouait son maintien (finalement acquis de justesse) lors de la dernière journée de Liga : « Nous manquons de qualité, je l’ai déjà dit en août, je l’ai dit en janvier et cela n’a pas été corrigé », avait-il dit à Relevo. Pas besoin d’un dessin pour savoir qui il avait dans le viseur. « Etre directeur sportif d’un top club et être consultant pour un autre, je n’ai jamais vu ça à part au PSG, s’était pour sa part étonné Samir Nasri sur le plateau de Canal + en février. Il ne fait pas mieux que ses prédécesseurs. »
La petite phrase de Leonardo
« Je pensais qu’avec lui, le PSG réussirait à monter un vrai collectif, un peu comme Manchester City qui n’est pas une équipe basée que sur des stars. Mais l’ensemble a manqué de cohérence, c’est là où il n’a pas réussi son pari, prolonge Hervé Marchal, un agent qui a bien connu Campos à son époque monégasque (2013-2016). C’est peut-être dû aussi au contexte parisien, au management de la direction qatarie. »
Nous revient alors cette confidence d’un intermédiaire bien implanté dans le milieu, qui a parlé avec Leonardo il y a quelques semaines au téléphone : « Il m’a dit "avec moi c’était difficile, sans moi c’est impossible". Et je pense qu’il a parfaitement raison. C’est un poste impossible parce que tout le monde veut décider de tout dans ce club. »
Notre dossier sur le PSG
Luis Campos, après avoir reconnu « ne pas avoir été bon » l’été dernier, ne désarme pas pour autant alors qu’il lui est accordé une seconde chance - aussi parce qu’il représente sûrement le dernier espoir du PSG de convaincre Kylian Mbappé de prolonger à nouveau son contrat. Le dossier du vice-capitaine est évidemment central, car la mission de Campos ne sera pas la même selon qu’il parte dès cet été, gratuitement l’année prochaine ou qu’il décide (sait-on jamais avec lui) de rester. S’il y a bien une constante qui ne déçoit jamais à Paris, c’est le grand flou permanent.


















