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A Marseille, la tombe du « Boss » Bernard Tapie nouveau lieu de « pèlerinage »

OM : « C’est devenu le cimetière de Bernard Tapie », la tombe du Boss, nouveau lieu de « pèlerinage » à Marseille

Ligue des championsLa tombe de Bernard Tapie, le président de l’Olympique de Marseille lors de la victoire en Ligue des champions en 1993, est devenue un lieu de pèlerinage à Marseille depuis son décès en octobre 2021
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Marseille et l’Olympique de Marseille célèbrent les 30 ans de la victoire en Ligue des champions face à Milan.
  • Depuis le décès de Bernard Tapie, le président de l’OM lors de la victoire en 1993, sa tombe située au cimetière de Mazargues, à Marseille, est devenu un lieu de pèlerinage pour tous les amoureux du club.

La Bonne Mère, le Stade Vélodrome, et désormais la tombe de Bernard Tapie. A Marseille, le parcours de pèlerin du supporteur de l’Olympique de Marseille se prolonge désormais jusqu’à Mazargues, tout au bout du boulevard Michelet où trône le stade Vélodrome. C’est dans ce quartier historique de Marseille aux airs de petit village, l’un des 111 que compte la ville, qu’est enterré le « Boss », Bernard Tapie, président du club lors de la victoire en Coupe d'Europe en 1993.

Plus exactement, dans les allées du cimetière de Mazargues. « Maintenant les gens disent le cimetière de Bernard Tapie, ce qui fait enrager les habitants de Mazargues, très chauvins, qui répondent " non, c’est le cimetière de Mazargues " », confie Nicole, fleuriste à deux pas de l’entrée du cimetière.

« Comme un pèlerinage »

Elle est aux premières loges pour voir défiler les nombreux supporteurs qui viennent se recueillir sur la tombe de l’ancien président de l’OM depuis son enterrement, en octobre 2021. « Les gens viennent souvent en groupe, lorsqu’il y a des matchs, avec des maillots de l’OM. Depuis son décès, ça n’arrête pas. Il y a même des gens de Lens et de Strasbourg qui viennent », relate-t-elle, impressionnée. « Et des Parisiens, aussi, imaginez. Ils viennent deux fois par an sur la tombe du Boss. On voit qu’ils sont très touchés à chaque fois, c’est comme un pèlerinage. Pour ce qu’il a fait pour l’OM et pour son combat contre la maladie », coupe son associée.

La tombe de Bernard Tapie, référencée sur Google Map, surplombe la partie haute de ce cimetière de quartier, et la mairie lui a offert un large emplacement autour duquel les gens peuvent désormais se recueillir. « Notre Boss à jamais », lui rend hommage une plaque de la Vieille Garde, « A notre éternel Boss de la part du SW 87 et du CU 84 », peut-on lire sur une autre. Trois écharpes aux couleurs de l’OM viennent couvrir le bas de la tombe, sur lesquelles sont posées fleurs et photos souvenirs. Et un petit galet, avec le Gwenn ha Du, témoigne du passage de supporteurs bretons. Un olivier et un mimosa bordent le côté droit de la sépulture. « Une femme qui travaillait avec Tapie vient chaque semaine entretenir la tombe », confie Nicole.


Un galet avec le Gwenn ha Du témoigne du passage de supporteurs bretons sur la tombe du « Boss ».
Un galet avec le Gwenn ha Du témoigne du passage de supporteurs bretons sur la tombe du « Boss ».  - Adrien Max

Christiane et Benjamin ont l’habitude de venir entretenir la sépulture familiale. Depuis que la tombe de Bernard Tapie est en face, « il y a plus de fréquentations. On voit des jeunes et des moins jeunes, surtout les jours de matchs. Quand nos familles ont su qu’il était enterré ici, ils nous ont demandé de leur envoyer des photos », relate ce couple de retraités, évoquant eux aussi « presque un pèlerinage ».

Une visite « primordiale » à deux jours du 30e anniversaire de la Ligue des champions

Maxime 17 ans, venu en famille avec ses deux sœurs, dont l’une porte le maillot de l’OM avec la large étoile bleue pour célébrer les 30 ans de la victoire en Coupe d’Europe, est quand même un peu déçu. « On s’attendait à quelque chose de plus monumental. Ça manque un peu d’entretien, surtout à deux jours des 30 ans de la Ligue des champions », estime-t-il. Rien n’est jamais assez grandiose pour le « Boss » à Marseille.

Une visite « primordiale » pour sa maman, Cyrielle, 37 ans, qui a donc emmené toute la petite famille venir voir la tombe de Tapie à l’occasion d’un rendez-vous médical à Marseille : « On vient d’Avignon, on en a profité pour venir sur la tombe du Boss. C’est la première fois qu’on vient, pour le boss et parce que c’est bientôt les 30 ans du titre de champion d’Europe », confie-t-elle. Ils ne pourront pas revenir pour les célébrations prévues sur le Vieux-Port vendredi, à la différence de Christiane et Benjamin qui guettent de près le programme des festivités : « On était venu faire la fête en ville il y a trente ans, les gens embrassaient ma femme à travers la vitre qui était baissée », se remémore Benjamin. « Oui c’est vrai, je ne sais pas si je le referais maintenant », en rigole Christiane. A Marseille, le temps passe, mais les souvenirs du 26 mai 1993 ne s’effaceront jamais.