Coupe de France : « C'était la Beaujoire au Stade de France »... Récit d'une soirée de rêve pour un FC Nantes ressuscité
FOOTBALL•Un an après avoir frôlé la relégation, le FC Nantes a remporté la Coupe de France dans un stade presque entièrement acquis à sa causeAymeric Le Gall
Au Stade de France,
Challenge accepted ! Après la victoire en demi-finale contre Monaco, qui avait déjà donné lieu à des scènes de liesse incroyable et un envahissement du terrain comme on les aime, Antoine Kombouaré avait lancé un défi aux supporters nantais : ramener la Beaujoire au Stade de France pour la finale contre Nice. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Kanak a été entendu. Tout sourire en zone mixte, une heure après la victoire de ses joueurs, l’ancien défenseur des Canaris savourait : « Là c’est deux fois la Beaujoire au Stade de France ! Je leur avais lancé un défi et ils ont répondu de la meilleure des manières. »
En effet, si le match fut laborieux – malgré une victoire nantaise somme toute méritée – l’ambiance en tribunes, elle, était totalement dingue. Il fallait le voir ce stade de France à 2/3 nantais pour se rendre compte de ce que ce club représente pour le peuple jaune et vert. Avant même le coup d’envoi, le virage nantais s’est paré d’un immense et non moins somptueux tifo recouvrant entièrement la tribune. Une vraie claque visuelle qui donnait le ton pour la suite de la soirée. Pendant le match, les supporters ont mis le feu de la première à la dernière minute, mettant K-O debout le virage niçois.
Le stade de France de la Beaujoire
On ne pourra pas nous reprocher de prendre parti puisque, de l’aveu d’Antoine Kombouaré, le coach niçois aussi n’a pu qu’avouer sa défaite. « Christophe me disait avant le match « vous avez gagné la bataille des tribunes », je lui ai répondu que j’aimerais aussi gagner celle sur le terrain. Et au final c’est ce qu’on a fait. Je tiens à dire un grand merci aux supporters, c’est grâce à eux qu’on est là, avec l’énergie, la force qu’ils nous donnent. Venir ici et remplir le Stade de France, c’est de la folie. »
Tous les joueurs que nous avons croisés nous ont tenu le même discours. Bras dessus, bras dessous avec le buteur du soir Ludovic Blas, Randal Kolo-Muani avait du mal à y croire. « C’était magnifique. Ma-gni-fique. Franchement c’est grâce à eux qu’on gagne le match », a-t-il assuré. Un peu plus tôt, Pedro Chirivella racontait qu’il avait passé sa journée sur le téléphone à regarder des vidéos des supporters envahissant la capitale. « Après j’ai eu mon père au téléphone, il me disait que les rues de Paris étaient jaunes et vertes, c’est juste fantastique. »
On espère que vous ne nous en voudrez pas de ne pas écrire des tartines sur le match. Au vrai, c’est du temps qu’on vous fait gagner. Mais pour les puristes, tout de même, un petit résumé de la rencontre signé de Kolo-Muani, le gamin de Villepinte : « On savait que si on rentrait à la pause à 0-0 on allait les faire douter. On est revenu très fort en seconde période, on a marqué et on a fermé la boutique. » Simple, basique.
Avec Kombouaré, les Nantais reviennent de loin
Plus que la manière, les Nantais préfèrent retenir le bout d’histoire qu’ils ont écrit ensemble samedi soir. Ludo Blas : « C’est beau parce qu’on entre dans l’histoire du FC Nantes, on écrit notre nom sur cette page de ce club mythique, ça fait plaisir. » La médaille autour du coup, Kombouaré est en lévitation : « Pffff, truc de malade ! J’ai tout imaginé sauf ça. Je vis un rêve éveillé. Au coup de sifflet final c’était vraiment émouvant parce que tu te dis « c’est fini, la coupe est à nous ». Il peut se passer ce qu’on veut, le Covid peut revenir, ça y est on a gagné la Coupe de France. C’est marqué pour la vie, on a un trophée pour toujours. Je l’ai dit aux joueurs, ils m’ont rendu heureux comme jamais. L’an passé on se battait pour ne pas descendre en Ligue 2, on allait crever et aujourd’hui on va faire la Ligue Europa. C’est indescriptible. »
En effet, c’est rien de dire que les Canaris reviennent de loin, eux qu’on disait faits aux pattes l’an passé après le cauchemar de l’éphémère ère Raymond Domenech. Il aura finalement fallu attendre l’arrivée de Casque d’Or sur le banc pour retrouver un peu de leur splendeur. Pourtant ce n’était pas gagné d’avance. Raillé pour son côté bourrin, Kombouaré n’avait clairement pas soulevé l’enthousiasme général chez les supporters et les suiveurs du club à son arrivée. Samedi soir, les joueurs ont tenu à lui rendre hommage, à l’image de Chirivella : « C’est une victoire méritée pour le coach qui est incroyable. Vous pouvez demander à tous les joueurs, tous vous diront qu’il a joué un très grand rôle dans notre renaissance. Il est comme un père footballistique pour moi. »
« Le coach a su nous remettre sur de bons rails, il a instillé une bonne mentalité dans ce groupe. Ça montre que la confiance, ça fait tout chez des joueurs de foot. L’an passé on en manquait cruellement, on marquait mais on perdait, et il a réussi à tout inverser », saluait de son côté Ludovic Blas. Mis au fait des déclarations d’amour de ces joueurs, Kombouaré ne cachait pas son émotion. « Je craque quand j’entends ça, sourit-il. Je suis très sensible. Vous savez, il y a le jeu, la tactique, l’engagement qu’il faut pour gagner un match, mais ce qui me plaît ce sont les rapports humains. Parce que ça coule dans mes veines, mes joueurs je l’aime comme mes enfants. »


















