Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Comment Gerzino Nyamsi a explosé depuis son arrivée au RC Strasbourg

RC Strasbourg : « Il peut aller très haut... » Comment Gerzino Nyamsi a explosé depuis son arrivée en Alsace

LIGUE 1C'est l'une des révélations de la saison. En quelques mois, Gerzino Nyamsi est passé de promesse inachevé au Stade Rennais à valeur sûre du championnat au RC Strasbourg. Ce vendredi, il se frotte au PSG...
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Mbappé, Neymar et Messi n’ont qu’à bien se tenir… Ce vendredi, ils vont trouvé sur leur chemin Gerzino Nyamsi, l’un des grands défenseurs du RC Strasbourg.
  • Arrivé dans un relatif anonymat l’été dernier du Stade Rennais, le Franco-Camerounais a depuis complètement explosé. « Il est costaud, solide, fiable… Tout ce que le club n’a pas eu pendant de nombreuses saisons. En plus, il dégage un tel sentiment de puissance ! », détaille l’ancien joueur Cédric Kanté, admiratif.
  • Qui l’aurait cru en début de saison ? Peut-être . L’entraîneur alsacien a beaucoup œuvré dans la venue d’un joueur qu’il avait déjà coaché très jeune au Stade Rennais.

«C’était extraordinaire. Franchement magnifique. » Après sa première à la Meinau en septembre, Gerzino Nyamsi n’avait pu cacher son admiration pour l’ambiance au sein du stade alsacien. « Je ne regrette pas d’être venu ici, jamais de la vie ! » Sept mois plus tard, aucun supporteur du RC Strasbourg ne déplore non plus l’arrivée du défenseur…

C’est peu dire : les superlatifs ne manquent pas pour décrire les performances du Franco-Camerounais de 25 ans. Impressionnant, incroyable, surpuissant… Un indicateur à ce sujet : il apparaît à la 30e place du classement des notes de L’Equipe. Avec 5,55/10 de moyenne, le n°22 du Racing pointe même dans le top 10 des meilleurs défenseurs de Ligue 1.

Qui l’aurait cru en début de saison ? Peut-être Julien Stéphan. L’entraîneur alsacien a beaucoup œuvré dans la venue d’un joueur qu’il avait déjà coaché très jeune au Stade Rennais. « Je n’étais pas le seul à l’initiative de son transfert ici », nuance le technicien, lui aussi arrivé cet été sur les bords du Krimmeri. « Je le connaissais depuis sept à huit ans et je savais qu’il avait besoin d’émancipation vis-à-vis de son club formateur. On en avait déjà parlé ensemble là-bas. Et avec Marc (Keller, le président) et Loïc (Désiré, le responsable du recrutement), nous étions convaincus que le Racing était l’endroit idéal pour lui. »

« Il est costaud, solide, fiable »

Gerzino Nyamsi leur a depuis largement donné raison. Titulaire deux semaines après avoir paraphé son contrat de quatre ans, il n’est ensuite jamais sorti de l’équipe alsacienne. Soit 30 matchs d’affilée au cœur d’une défense à trois, avec la plupart du temps Alexander Djiku à sa gauche et Lucas Perrin à sa droite. « Il est très complémentaire avec les joueurs autour de lui, y compris avec ceux dans les couloirs », réagit l’un de ses prédécesseurs au poste (2006-2006), Cédric Kanté.

L’actuel consultant pour Canal+ international ne cache pas non plus son admiration pour le natif de Saint-Brieuc. « Il est costaud, solide, fiable… Tout ce que le club n’a pas eu pendant de nombreuses saisons. En plus, il dégage un tel sentiment de puissance ! Un peu comme Boumsong avec qui j’ai joué : c’est une force de la nature qui maîtrise sa puissance. »

« On l’appelait le mur »

Car résumer Nyamsi a un Golgoth d’1,95 mètre serait réducteur. « Il a une sensibilité sur le jeu, une capacité à sortir le ballon », confirme son coach en pensant certainement à quelques montées balles au pied. « Sur certaines, des adversaires s’écartent », rigole Cédric Kanté, qui a notamment pu voir « Gerzi » de près face à Lyon. Un soir où il avait étouffé Moussa Dembélé, notamment sur un retour de 30 mètres conclu par un tacle autoritaire. Lui, pas rapide ? Le test face à Kylian Mbappé et le PSG ce vendredi soir devrait permettre d’y voir plus clair.

En attendant, ses qualités de passe, jeu de tête, anticipation et relance sautent déjà aux yeux. Bien davantage qu’il y a six, sept ans… « En U19, il était déjà très grand mais mettait beaucoup de coups. On ne pouvait pas forcément se douter qu’il progresserait autant », se souvient son ancien partenaire aujourd’hui à Chartres Maxime Fleury. « C’est avec la réserve qu’il est devenu très bon. On l’appelait le mur. » Nyamsi faisait alors la paire derrière avec Joris Gnagnon (Saint-Etienne) et Ousmane Dembélé se chargeait du reste devant. Avec un certain Julien Stéphan sur le banc. « Mais ce n’était pas son chouchou hein, il croyait en lui comme les autres ! », précise l’attaquant, toujours en contact avec « Tino », l’un des autres surnoms du roc « mais je ne sais plus pourquoi ».

Comme beaucoup, il explique cette explosion tardive à Strasbourg par l’enchaînement des rencontres. « Il n’était pas souvent titulaire à Rennes. Il avait besoin de confiance et maintenant, il l’a. » Son coach presque de toujours confirme. « Plusieurs petites blessures l’avaient stoppé. Là, il a pu prendre en expérience en jouant beaucoup. C’est une très belle recrue pour le Racing et je sais que lui aussi est ravi d’être ici. »

« Un bon mec »

Jusqu’à quand ? Transféré contre 1,5 million d’euros l’été dernier, Gerzino Nyamsi vaudrait aujourd’hui plus du triple selon le site spécialisé transfermarkt. Une évaluation assez basse… « Il peut emmener le club très haut et peut aller très haut lui aussi », estime encore Cédric Kanté, qui attend quand même « une confirmation ». « Mais s’il est bien dans sa tête, je ne suis pas inquiet. »

C’est a priori le genre du bonhomme. « Il est très discret. Un bon mec, quelqu’un de posé avec une grosse soif d’apprendre », le décrit son coéquipier Kévin Gameiro. « Il était déjà comme ça plus jeune : sérieux et bosseur », rebondit Maxime Fleury, qui espère aussi voir marquer son ancien partenaire. Peut-être l’une des rares faiblesses de Gerzino Nyamsi avec un tel gabarit… « Maintenant qu’il a cassé tous les préjugés, il n’a plus de limites ! »