Ligue 1 : « Ce Racing a tout ce qui fait une grande équipe »... Jusqu'où va aller Strasbourg, tombeur de Rennes ?
FOOTBALL•En battant Rennes (2-1) mercredi soir, les Alsaciens ont encore confimé qu'il faudrait compter avec eux pour la course à l'EuropeThibaut Gagnepain
L'essentiel
- Le RC Strasbourg s'est imposé face au Stade Rennais pour le compte de la 33e journée de Ligue 1.
- Les Alsaciens l'ont emporté grâce à des buts de Diallo (4e) et Ajorque (77e). Mais entre-temps, ils ont pas mal souffert face aux Bretons...
- Jusqu'où peuvent-ils aller maintenant ? Ils sont 4es après 33 journées de Ligue 1.
Au stade de la Meinau à Strasbourg,
« Laisse moi kiffer l’Europe avec mes potes, j’suis pas d’humeur à ce qu’on me prenne mes torches ! » Sur le tube de Diam’s, le kop strasbourgeois chante. Hurle sa joie. Au pied de la tribune, les joueurs du Racing dansent. Cette fin de soirée est belle à voir à la Meinau. A la hauteur de la victoire acquise quelques secondes plus tôt, face à Rennes (2-1).
Avec ce nouveau succès au cœur d’une saison déjà incroyable, les Alsaciens ont prolongé leur droit de rêver. Un an après avoir lutté jusqu’au bout pour leur maintien, ils sont en course pour arracher une qualification européenne. Après 33 journées de Ligue 1, les partenaires de Dimitri Liénard, quatrièmes, ont exactement le même nombre de points que leurs victimes du soir (3es) et Monaco (5e).
De quoi leur faire tourner la tête ? « Il faut profiter de ces moments et garder les pieds sur terre », nuance vite le capitaine. Comme ses partenaires ou son coach, lui non plus ne s’aventure pas trop sur le terrain des ambitions. Comme si le mot avait été passé en interne de ne pas parler d’Europe. Non, l’élément de langage retenu est plutôt de ne pas se fixer d’objectifs précis. « On joue pour la gagne, sans trop de pression. On ne regarde pas le classement », appuie ainsi le milieu Jeanricner Bellegarde. « On est no limit », reprend Liénard.
« Cette équipe a beaucoup grandi »
Justement, où sont-elles les limites de ce RC Strasbourg ? Après les matchs nuls concédés en fin de partie à Reims (1-1), Troyes (1-1) ou contre Lyon (1-1), l'aspect mental aurait pu être une réponse. La prestation contre Rennes de ce mercredi a balayé ce constat. C’est justement quand les Alsaciens se sont retrouvés au plus mal, après l’égalisation de Terrier (1-1,54e) et quasi 50 minutes à courir après le ballon, qu’ils ont réagi. Et comment !
« Notre dernière demi-heure a été vraiment impressionnante », s’est félicité Julien Stéphan, pourtant de nature mesurée. Le coach strasbourgeois était fier de son groupe et voulait le dire après cette victoire face à son ancien club. « Discipline, générosité, qualité mentale, qualité de jeu… Cette équipe a beaucoup grandi », a-t-il encore apprécié en résumant ça simplement : « J’ai adoré la voir jouer. »
Le technicien n’est pas le seul. Le public de la Meinau a fêté ses joueurs car ils lui offrent un bonheur presque inespéré cette saison. Comme lors des festivals offensifs d’automne et de début d’hiver contre Metz (3-0), Lorient (4-0) ou Bordeaux (5-2). Mais pas que. Depuis cette période, les Strasbourgeois ont gagné en solidité. La troisième attaque de Ligue 1 (55 buts, comme l’OM) sait aussi défendre. Sur leurs onze derniers matchs, les Racingmen n’ont ainsi encaissé que six buts.
« On a une équipe de barjots, de fous »
Mieux encore, les coéquipiers de Kévin Gameiro ne perdent plus. Du tout. Il faut maintenant remonter à fin janvier et ce scénario fou à Bordeaux (4-3) pour retrouver un faux pas. Soit onze matchs sans la moindre défaite, série inédite en Ligue 1. Avec quelques clients à l’affiche, comme Lyon (1-1), Monaco (1-0) ou Nice (0-0). « On avait déjà réussi à le faire mais dans ma causerie, j’avais encore demandé d’élever le niveau de performance ce soir », reprend Julien Stéphan, qui a été servi. Par un but rapide (4e, Diallo) puis cinquante minutes à subir sans concéder grand-chose et enfin trente ultimes minutes de folie furieuse. Avec la barre transversale touchée deux fois puis ce but libérateur d’Ajorque (2-1, 77e).
« On a une équipe de barjots, de fous. Qui ne lâche rien avec un état d’esprit exemplaire. Vous pouvez venir à l’entraînement tous les jours pour le voir », reprend Dimitri Liénard, parfait symbole de ce dévouement mercredi contre Rennes. Le capitaine a joué « malade avec le bide en vrac » en première période, avant de laisser sa place à Anthony Caci à la pause.
« Il faut savourer le moment présent […] Ce Racing a tout ce qui fait une grande équipe », conclut Julien Stéphan. « Je n’ai pas envie de fixer de limites à ces joueurs. » La Meinau non plus. Le kop a déjà ses chants pour la saison prochaine. « Ce soir, c’est la Coupe d'Europe… »


















