Guerre en Ukraine : Le joueur de Bordeaux Ignatenko a « mal de voir tous ces gens qui meurent »

FOOTBALL Le milieu ukrainien des Girondins de Bordeaux, Danylo Ignatenko, a été rejoint par une partie de sa famille ces derniers jours, mais s’inquiète pour ceux restés au pays

M.B. avec AFP
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Danylo Ignatenko lors du match contre Clermont.
Danylo Ignatenko lors du match contre Clermont. — THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Il était arrivé à l’entraînement en pleurs fin février, au début de l'invasion de l'Ukraine par l’armée russe. Le milieu ukrainien des Girondins de Bordeaux (Ligue 1) Danylo Ignatenko, rejoint par une partie de sa famille ces derniers jours, avec l’aide du club, est apparu ce vendredi soulagé en conférence de presse.


Il a remercié le club et son président, « qui a tout fait pour que [sa] famille vienne. » « Mais je m’inquiète pour tous ceux qui sont restés en Ukraine, a-t-il expliqué, car toute ma famille n’est pas venue. Il y a encore mon père qui est resté là-bas, ma grand-mère et d’autres membres de ma famille », a déclaré le natif de Zaparojie, où des combats ont lieu entre Ukrainiens et Russes.

Il a pensé à prendre les armes

Danylo Ignatenko a avoué « avoir pensé » prendre les armes pour défendre son pays contre l’invasion russe. « Bien sûr, j’y ai pensé. Si je savais pertinemment que je peux aider mon pays, je l’aurais fait, mais je sais malheureusement que cette situation va durer et le mieux que je puisse faire, c’est de continuer à jouer », a déclaré le joueur prêté cet hiver par le Shakhtar Donetsk.

Interrogé sur les sportifs ukrainiens qui ont mis leur carrière entre parenthèses pour prendre les armes, il a répondu : « Je n’ai pas eu cette idée de casser mon contrat avec les Girondins. De toute manière, personne ne pensait que ce conflit allait durer aussi longtemps quand il a éclaté ».

« Je me concentre sur le jeu »

« Je connais toutes les villes [bombardées], poursuit-il, j’y ai des amis, ça me fait vraiment mal de voir ces gens qui meurent, ces enfants qui meurent et le conflit qui dure. J’avoue que j’essaye de ne pas penser à ça, je ne veux pas penser à ça. La seule chose que je veux faire, c’est de prier pour tous ceux qui sont restés là-bas ».

Ignatenko « essaye de ne pas regarder les actualités. Je me concentre sur le jeu, sur le football ». Le milieu fêtera ses 25 ans dimanche, à l’occasion du match face au Paris-SG : « Ce serait le meilleur cadeau qu’on puisse me faire de jouer contre ce club ».

Et de marquer au Parc des princes ? « Parfois oui j’avoue que j’ai ce rêve. Ma famille m’a dit que si je marque un but dimanche, elle va sortir et courir de Bordeaux jusqu’à Paris en criant « il a marqué le but, il a marqué le but ».