OL-RC Strasbourg : Entre exigence et confiance contagieuse, pourquoi Lyon s’estime « en pleine bourre » avec Peter Bosz

FOOTBALL Les Lyonnais ont remporté, dimanche contre le RC Strasbourg, leur premier succès (3-1) de la saison à domicile

Jérémy Laugier
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Jason Denayer est félicité par ses coéquipiers après avoir inscrit le deuxième but, dimanche contre Strasbourg (3-1). JEFF PACHOUD
Jason Denayer est félicité par ses coéquipiers après avoir inscrit le deuxième but, dimanche contre Strasbourg (3-1). JEFF PACHOUD — AFP
  • Désormais 7es après leur succès contre Strasbourg (3-1), les joueurs de Peter Bosz semblent de mieux en mieux saisir la méthode de l’entraîneur néerlandais.
  • A l’image de la première période de dimanche, qu’il ne considère « pas bonne », le coach néerlandais insuffle une exigence bénéfique au sein de l’effectif lyonnais.
  • De même, de Bruno Guimaraes à Moussa Dembélé, plusieurs joueurs semblent épanouis aux côtés de leur nouvel entraîneur.

Au Parc OL,

Le match contre Strasbourg (3-1) était fini depuis une grosse demi-heure, dimanche au Parc OL, lorsque Peter Bosz a conclu ses interviews de bord de terrain pour les télévisions. Le nouvel entraîneur lyonnais a alors été bluffé de constater qu’une partie du virage nord donnait encore de la voix, avec un « Rouge et bleu sont nos couleurs, lyonnais est notre cœur » scandé en boucle. Le coach néerlandais a alors décidé, avant même les joueurs du cru Anthony Lopes et Rayan Cherki, d’aller les remercier de vive voix, au micro, dans une séquence en disant long sur son estime pour le public.

« J’ai vraiment vu une grosse différence entre les premiers matchs à la maison [deux nuls contre Brest et Clermont] sans les supporteurs du virage nord [opposés au protocole de pass sanitaire dans les stades] et aujourd’hui, assure Peter Bosz. Il y avait une atmosphère spéciale dans le stade, comme s’il était plein [33.267 spectateurs en fait]. Les joueurs ont besoin de cette aide pour les pousser. Et là, les supporteurs nous ont vraiment aidés. »

Shaqiri acclamé par tout le virage nord et passeur décisif dans la foulée

On veut bien le croire, tant le festival de chants et de fumigènes d’avant-match, dans les deux virages, a donné le ton. Durant cette soirée presque parfaite, les planètes se sont alignées au point de voir les Bad Gones scander le nom de Xherdan Shaqiri, quelques secondes avant que la recrue suisse ne distille un délicieux et décisif centre du pied droit pour le but du break de Jason Denayer (2-0, 65e). Vraiment un heureux hasard ?

Avec en tête son football « offensif et attractif », comme il le martèle à chaque sollicitation médiatique, Peter Bosz fait tout pour attribuer une place de choix aux supporteurs, tout comme aux joueurs clés qu’il a ciblés dans l’effectif. Trois exemples sautent déjà aux yeux après cinq journées, à commencer par Anthony Lopes, un temps destiné à devenir la doublure d’André Onana (Ajax) et actuellement performant.

« La saison est enfin lancée »

Frustré avec Rudi Garcia, Bruno Guimaraes fait partie des joueurs transfigurés par la patte Peter Bosz. « Sa méthode demande du temps mais on a confiance en son travail et je sais qu’il a confiance en moi, confie le milieu brésilien. Avec lui, le jeu de possession me plaît. On travaille beaucoup en une ou deux touches de balles, comme en deuxième période contre Strasbourg. » Enfin, Moussa Dembélé est passé d’une dynamique cata la saison passée, tant à Lyon qu’à l’Atlético, avec 1 but inscrit en tout et pour tout, à un statut de co-meilleur buteur en L1 (4 réalisations). Les fans lyonnais ont même dû se pincer pour se convaincre que l’enchaînement contrôle de la poitrine-volée du pied gauche était signé Moussa Dembélé.

Au micro d’Amazon Prime, l’ancien avant-centre du Celtic Glasgow est lui aussi enthousiaste quant à l’arrivée de Bosz : « On est en pleine bourre, la saison est enfin lancée. Forcément, on tente, on joue ensemble, collectivement, c’est important pour nous et il faut continuer comme ça ». Outre cette confiance contagieuse, entre coach et joueurs, l’ancien technicien de l’Ajax, du Borussia et de Leverkusen fait preuve d’une exigence qui pourrait porter ses fruits.  « Ce soir, il faut le dire : la première période n’était pas bonne, lance-t-il ainsi cash. Strasbourg était meilleur que nous et on n’a rien montré jusqu’au but. C’est normal de perdre des ballons dans le foot, mais pas des ballons faciles comme on a beaucoup perdu. »

Quasi-invisible la saison passée, que ce soit à l'OL ou à l'Atlético de Madrid, Moussé Dembélé retrouve actuellement sa meilleure forme à Lyon, avec le brassard à la clé contre Strasbourg.
Quasi-invisible la saison passée, que ce soit à l'OL ou à l'Atlético de Madrid, Moussé Dembélé retrouve actuellement sa meilleure forme à Lyon, avec le brassard à la clé contre Strasbourg. - Laurent Cipriani/AP/SIPA

« On va être beaucoup mieux que ce qu’on a vu ce soir »

Cette complicité et le sens de l’exigence poussé comme rarement à l’OL sont-ils déjà perçus ce week-end par les adversaires des Lyonnais ? « Lyon est une équipe qui monte en puissance et elle nous a donné une leçon de réalisme ce soir », note ainsi Alexander Djiku. Son entraîneur Julien Stéphan complète, avec une admiration non masquée pour Moussa Dembélé : « On prend un premier but de grande classe, d’un joueur qui fait un geste de très très haut niveau ». L’ancien coach rennais imagine bien « un grand match » dimanche prochain entre le PSG et l’OL, trois jours après un premier déplacement européen à Glasgow.

« Dans ma tête, on va être beaucoup mieux que ce qu’on a vu ce soir, se projette. Mais je suis déjà très content avec la deuxième période. » Dans une interview pour le site web de l’UEFA, Peter Bosz rappelle la vision de son football total. « Je veux que les gens, lorsqu’ils rentrent chez eux, parlent du match qu’ils ont vu pendant des jours et des jours, indique-t-il. Ce n’est pas toujours possible, bien sûr. Mais c’est ce que je préfère. Pour certains clubs, j’allume la télévision avec plaisir. »

Avec Peter Bosz aux manettes, les supporteurs lyonnais ne devraient pas souvent être démangés de l’éteindre lorsqu’il y a match.