France-Allemagne : Défense retrouvée, Rabiot libéré, solidarité… C’est bon là, on a le droit de s’enflammer pour les Bleus ou pas ?

FOOTBALL Après ce succès probant face à l'Allemagne, difficile désormais de ne pas s'enflammer, ne serait-ce qu'un peu, pour cette équipe cet été 

Aymeric Le Gall

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Le Duc a plus qu'assuré dans tous les compartiments face aux Allemands mardi soir.
Le Duc a plus qu'assuré dans tous les compartiments face aux Allemands mardi soir. — Matthias Schrader / POOL / AFP
  • L'Equipe de France a rendu une copie quasi parfaite mardi soir en s'imposant (1-0) à Munich pour son premier match de l'Euro. 
  • Les rares interrogations que l'on avait avant le début de la compète sont gentiment en train de disparaître pour ne laisse place qu'à des espoirs, de gros, gros espoirs. 
  • On fait le point avant le match de samedi face à la Hongrie qui pourrait déjà être synonyme de qualif en 8es pour les Bleus. 

C’est pratique ça, on a déjà la réponse à la question qu’on se posait dans notre dernier podcast. Alors qu’on se demandait avant le début de l’Euro si on ne souffrait pas d’une inflammation aiguë des chevilles, vu le matos indécent dont disposait le sélectionneur de l’équipe de France cette année, la très belle victoire face à la Mannschaft mardi soir est venue apporter un premier élément de réponse : ABSOLUMENT PAS !!!

On se souvient alors de cette prémonition de notre ami Klauss, croisé à notre arrivée à l’aéroport de Munich : « Vous allez nous botter le cul ». Bon, si le score final reflète difficilement la démonstration de force des Bleus dans l’antre du Bayern, les raisons de croire dur comme fer en cette équipe ne manquent pas. Voyez plutôt.

Ah tiens, revoilà les golgoths de Russie (+ Kimpembe)

Disons-le tout net, c’était la grande interrogation de ces deux dernières semaines de préparation : la défense de l’équipe de France allait-elle pouvoir soutenir la comparaison avec le trio interdit au moins de 18 Griezmann-Benzema-Mbappé. Force est de constater que oui, elle peut. Ce n’était pourtant pas lui faire injure que de penser cela. Avec une charnière Varane-Kimpembe qui n’avait encore jamais fait ses preuves dans une phase finale, un défenseur du Real qui sortait d’une saison pas franchement rassurante et un Presko dont on connaît les trous d’air passagers dans un match, bon…

Sans parler des latéraux, Pavard et Hernandez, héroïques en Russie mais apparus moins en jambe lors de la prépa de Clairefontaine, il y avait de quoi se faire du mouron. Deschamps, lui, n’a jamais douté. « Je sais ce qu’ils sont capables de faire, je n’avais pas d’inquiétude, a-t-il affirmé en conf après le match. Certes on n’a pas été mis en difficulté [durant la préparation] mais on l’a été pendant les séances d’entraînement, ça a permis de corriger certaines choses. Je sais bien qu’on ne va pas gagner les matchs en défendant, mais on a cette capacité-là. »

Un trio d’attaque qui va (aussi) au charbon

Pendant la phase de préparation, retour de KB9 oblige, il ne fut presque exclusivement question du trio magico en conférence de presse. Au lendemain de ce premier succès face à l’Allemagne, étonnement, ce n’est pas de ça qu’on a envie de parler. Ou plutôt si, mais dans un registre que l’on n’avait pas vu venir. Si les trois offensifs ont bien sûr montré une certaine appétence à jouer ensemble en attaque, ils ont aussi su se rendre disponibles pour leurs partenaires au moment de faire le sale boulot défensif.

Ce qui n’a pas échappé au sélectionneur au terme du match. « Ils auraient pu marquer des buts aujourd’hui mais eux aussi ont contribué et permis à l’équipe de bien défendre, a salué DD. Les trois, je ne veux pas les dissocier des sept autres. Ils se sont mis à la disposition du collectif pour permettre qu’on défende très bien. » En effet, dans les rares moments où les Bleus ont dû faire bloc pour empêcher les Allemands de revenir, Griezmann et Mbappé ont pris leur part du boulot. Ce n’est pas anodin si le mot qui revenait en boucle dans la bouche des joueurs était « solidarité ».

Le Duc a plus qu'assuré dans tous les compartiments face aux Allemands mardi soir.
Le Duc a plus qu'assuré dans tous les compartiments face aux Allemands mardi soir. - Matthias Schrader / POOL / AFP

Le Duc en mission

Didier Deschamps nous a donné tort, mardi soir, en préférant Adrien Rabiot à Corentin Tolisso, sur lequel on avait misé notre bas de laine pour une place de titu dans le milieu à trois, aux côtés des inamovibles Kanté et Pogba​. Bien lui en a pris puisque l’ancien Parisien a livré un match de costaud dans tous les secteurs du jeu. Ici le pied qui traîne au bon moment pour gratter le ballon dans les pieds des attaquants allemands, là le calme et la maîtrise technique pour se sortir du pressing dans les petits espaces, sans oublier cette capacité de projection qui a su jadis faire se lever le Parc des Princes et qu’on avait presque fini par oublier.

Dommage qu’il n’ait pas eu la lucidité de trouver Grizou plein axe lors de sa chevauchée fantastique conclue sur le poteau de Neuer. Mais à part ça, le Duc nous a bluffés. Non pas qu’on le prenait soudainement pour une pipe, restons sérieux deux minutes, simplement que ce qu’il avait montré jusque-là lors des entraînements à Clairefontaine ne laissait pas présager une telle transformation.

Et c’est que le début !

La VAR de l’histoire est formelle, jamais une équipe, aussi forte soit-elle, n’a pu donner la pleine mesure de ses moyens dès le premier match d’une phase finale de grande compète internationale. Il faut le temps à la fois de digérer la prépa, qui dans le cas des Bleus a été très intense, et de se réhabituer au rythme des matchs à haute (voire très haute, comme mardi) intensité. C’est d’ailleurs ce qu’ils nous ont dit après le match. Benjamin Pavard : « On se sent bien physiquement et je pense qu’on va monter en puissance au fil de la compétition. C’est de bon augure pour la suite ». A qui le dis-tu !