RC Strasbourg-OM : Pourquoi Michaël Cuisance a échappé au Racing
LIGUE 1•Le milieu de terrain de l’OM devrait jouer ce vendredi soir à la Meinau en ouverture de la 10e journéeThibaut Gagnepain
L'essentiel
- Ce sera le local de l’étape ce vendredi soir pendant le match RC Strasbourg-Olympique de Marseille. Natif de la capitale alsacienne, Michaël Cuisance revient affronter un club qu’il connaît bien.
- Pourquoi le milieu de terrain a échappé au Racing ? L’histoire est complexe et n’est pas liée qu’à la relégation du club alsacien dans les divisions amateurs.
- « Il est encore très attaché à Strasbourg, je pense qu’il se verrait bien revenir jouer au Racing un jour, un peu tard dans sa carrière », assure un de ses amis, Ibrahim Baspinar.
Cette fois, il va traverser la route. Ce vendredi soir en Ligue 1 et sauf choix contraire de son entraîneur, Michaël Cuisance devrait bien évoluer au stade de la Meinau. Une enceinte que l’actuel milieu de terrain de l'Olympique de Marseille, 21 ans, a longtemps vu depuis les terrains d’entraînements du centre de formation du RC Strasbourg. Sans donc jamais passer professionnel dans le club de son enfance.
Une histoire de contrat ? De prime à la signature ? D’appels de grands d’Europe ? L’histoire est plus complexe. « Il était arrivé chez nous en débutant, en 2007 », se souvient Thierry Brand, alors responsable de la formation au sein du club phare alsacien. « On ne l’avait pas forcément repéré mais on était les seuls à s’entraîner deux fois par semaine dans les plus petites catégories, on avait la cote. »
Le petit gaucher, « au physique assez frêle mais doté d’une grande détermination » suit le parcours classique d’un footballeur en herbe. Sans cacher sa fierté. « Au city stade du coin où il était tout le temps, Mika venait avec les équipements du Racing », détaille l’ancien espoir Ibrahim Baspinar, qui a grandi dans le même quartier de la ville, à l’Elsau. « A l’époque, on avait Gameiro après les années Niang-Pagis, ça faisait rêver. »
Sauf que le club alsacien commence alors une longue descente vers les divisions inférieures. Jusqu’à sa relégation administrative en CFA 2 à l’été 2011, qui lui fait perdre le statut professionnel et… de nombreux joueurs. Même les plus jeunes. « On a dû en voir partir 45, estime Thierry Brand. Surtout ceux qui achevaient leur formation. » Mais pas Michaël Cuisance. Pas encore.
C’est au printemps 2012 que son départ va intervenir. « Il faut bien se dire qu’à ce moment-là, c’était l’un des trois meilleurs de la génération 1999 mais il n’avait que 12-13 ans, précise le formateur du Racing. J’ai donc reçu la famille et je leur ai dit qu’à l’âge où il pourrait intégrer l’équipe première, on serait revenu en Ligue 2 ou Ligue 1. En attendant, il pouvait rester au club. On n’avait plus de centre de formation mais on continuait à s’entraîner comme si, avec cinq séances par semaine et un accord avec une section sportive dans un collège. Puis je leur ai laissé le temps de réflechir. »
Les mois suivants n’ont rien changé au choix du jeune joueur. « Il voulait absolument partir au Pôle espoir à Nancy, il en rêvait, poursuit Thierry Brand. On s’est quitté en bons termes avec les parents. » Mais la page Racing était terminée, la faute aussi à une politique de chantage menée à l’époque par le club « On avait perdu tellement de joueurs qu’on voulait stopper l’hémorragie. Donc c’était "si tu pars au pôle, tu ne seras plus licencié chez nous". On faisait ça aussi parce qu’on savait qu’à Nancy, tous les clubs pros venaient se servir et nous, on ne pouvait pas rivaliser. »
« Une main à la place du pied gauche »
Comme l'ASNL, qui a ensuite vite repéré le talentueux milieu de terrain, avant de le voir partir à Mönchengladbach puis au Bayern Munich. Le futur joueur de l’OM est quand même revenu évoluer deux saisons en Alsace, de 2014 à 2016 à Schiltigheim. « Après son départ du Racing, il avait besoin d’un club et le Sporting était un point de chute logique », détaille Fréderic Gluck, qui a eu le prodige en U14 pendant une demi-saison. Avant qu’il ne soit surclassé en U15 à la trêve. « Je disais déjà qu’il avait une main à la place du pied gauche », rigole l’éducateur, qui n’a gardé que de bons souvenirs de cet adolescent « très bien élevé, gentil, calme, poli… Pas modèle mais presque. J’ai toujours plaisir à le croiser. »
Ce n’est pas souvent mais Michaël Cuisance revient de temps à autre dans la région où vit toujours sa famille. « Plus à l’Elsau mais il y a toujours ses cousins ici », assure Ibrahim Baspinar. « Il est encore très attaché à Strasbourg, je pense qu’il se verrait bien revenir jouer au Racing un jour, un peu tard dans sa carrière. » Malgré un palmarès notamment garni d’une Ligue des champions avec le Bayern, elle vient à peine de commencer.


















