PSG-OM : Insultes, coups et cartons rouges à gogo… C’était quoi ce match de catch au Parc des Princes ?

FOOTBALL Le Classique PSG-OM a tourné au grand n'importe quoi en fin de match avec cinq cartons rouges sortis par l'arbitre

Aymeric Le Gall

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Une bagarre générale a éclaté en finde match entre le PSG et l'OM dimanche soir.
Une bagarre générale a éclaté en finde match entre le PSG et l'OM dimanche soir. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

Pour sa première grande affiche depuis sa création, la nouvelle chaîne Téléfoot espérait bien offrir un récital de football à ses spectateurs à l’occasion de ce Classique entre le PSG et l’OM. A la place, elle aura eu droit à un spectacle pitoyable – en termes de jeu dans un premier temps, de comportement dans un second – entre 22 acteurs plus occupés à régler leurs comptes à base de gnons et d’insultes qu’à jouer au ballon. A l’arrivée, Parisiens et Marseillais ne ressortent pas grandis d’une soirée placée sous le signe de la honte et qui aura vu pleuvoir les cartons (quatorze jaunes, cinq rouges).

Les Parisiens avaient pourtant prévenu : après le « chambrage » de Dimitri Payet​ au soir de la défaite en finale de Ligue des champions face au Bayern, les hommes de Thomas Tuchel allaient répondre sur le terrain au numéro 10 Marseillais. On attend toujours… Malgré un début de match plutôt bien maîtrisé par les rouges et bleus, on a vite senti que la tension pouvait vite l’emporter sur le jeu. Après un premier taquet envoyé par Sakai, Neymar perdait peu à peu le fil du match et son empoignade avec Dimitri Payet (8e) d’abord, puis avec Alvaro Gonzalez ensuite, allaient définitivement faire basculer cette rencontre du côté obscur de la bêtise. Et à ce petit jeu-là, les champions de France n’ont vraiment pas eu à rougir de leur prestation.

Paris s’est mis dedans tout seul

L’ouverture du score de l’OM par Florian Thauvin combinée à une incapacité à se montrer véritablement dangereux face aux cages ont poussé les joueurs du PSG à montrer le pire visage d’eux-mêmes, à l’image de cette ignoble semelle de Leandro Paredes sur Payet une minute seulement après son entrée en jeu. A partir de là, il ne fut plus du tout question de football. Soyons honnêtes, les Marseillais n’ont pas non plus été des enfants de chœur dimanche soir et si l’insulte à caractère raciste de Gonzalez contre Neymar est avérée, cela pourrait même coûter très, très cher au défenseur marseillais. Il n’empêche, les Parisiens n’ont eu besoin de personne dimanche pour se tirer des rafales dans le pied et enchaîner une deuxième défaite de rang en autant de matchs cette saison.

Pour tout dire, cette ambiance délétère version guerre des gangs n’était pas pour déplaire aux Marseillais qui n’ont eu qu’à sortir le pop-corn tout en regardant les minutes s’égrener sur le tableau d’affichage. Le score étant à leur avantage, il n’y avait aucune raison de rentrer dans le jeu autodestructeur des Parisiens. « Honnêtement, on ne voulait pas rentrer dans le jeu de la provocation », expliquait Florian Thauvin après le match. « On a vu qu’ils sont sortis de leur match, ça nous a permis de mettre en place ce qu’on avait travaillé », confirmait dans la foulée son collègue Dimitri Payet.

Paredes dégoupille

Au passage ils pourront remercier Paredes, dont l’entrée en jeu à la place d’Idrissa Gueye a signé l’arrêt de mort du PSG. L’Argentin, jusqu’ici salué pour sa mentalité de battant, sa grinta voire son vice, n’a été qu’une caricature de lui-même dimanche soir. Coupable d’une première faute qui aurait pu lui valoir un carton rouge direct, l’ancien joueur du Zénith Saint-Pétersbourg fut ensuite à l’origine de la bagarre générale qui éclaté en fin de match et coûté trois cartons rouges aux Parisiens (deux aux Marseillais).

Une faute professionnelle impardonnable puisqu’il restait encore du temps au Paris Saint-Germain pour revenir dans ce match. Paredes devrait d’ailleurs entendre parler du pays dans les jours à venir car, s’il ne fut pas directement pointé du doigt par Leonardo, le discours du directeur sportif parisien après la rencontre ne laissait que peu de place au doute sur la suite des événements : « Le match était hors de contrôle (…) Je ne vais pas défendre des comportements indéfendables. On a perdu la tête. Je ne vais même pas commenter ce qui s’est passé. La bagarre, c’est très grave. On va gérer avec nos joueurs en interne. Il faudra tout juger pour prendre une position cohérente mais la situation est grave. »

De son côté, Thomas Tuchel a préféré endosser le rôle du good cop, même s’il n’a pas manqué de dire qu’il n’avait pas aimé la réaction de ses joueurs dans les trois dernières minutes. « C’était trop, je n’aime pas ça », a-t-il admis avant de nous pondre une sorte d’excuse en forme d’analyse socioculturelle pour les nuls : « Nous sommes une équipe avec beaucoup de Sud-Américains, une mentalité qui nous donne aussi des choses spéciales. Nous sommes un mix très émotionnel, c’est aussi une force ». Dimanche soir, cette prétendue force s’est retournée contre ses hommes et voilà le PSG 17e de Ligue 1 avec zéro point en deux matchs. Une claque, une de plus.