Liga : Que pensent les fans de Valladolid de l’arrivée de Ben Arfa ?

FOOTBALL Valladolid et Ronaldo, son actionnaire principal, ont convaincu Ben Arfa de reprendre sa carrière, pour le plus grand bonheur des supporters

Aymeric Le Gall

— 

Hatem Ben Arfa a signé pour six mois à Valladolid en Liga.
Hatem Ben Arfa a signé pour six mois à Valladolid en Liga. — FEP/SIPA
  • Hatem Ben Arfa s’est engagé pour six mois avec le club espagnol de Valladolid, détenu à 51 % par le Brésilien Ronaldo.
  • Mais que savent vraiment les fans des Blanquivioletas du phénomène Ben Arfa (sur et hors des terrains) ? Sa renommée (bonne et/ou mauvaise) a-t-elle traversé les Pyrénées ? Tentative de réponse dans ce papier.

Hallelujah ! Après sept mois d’incertitudes et de chômage passés à se maintenir en forme, entre son travail avec un préparateur physique (deux fois par jour, selon L’Equipe) et quelques fives entre potes à droite, à gauche dans la région parisienne, Hatem Ben Arfa est fin prêt à revenir dans le foot-jeu. Et c’est dans le petit club espagnol de Valladolid, racheté à 51% par Ronaldo à l’été 2018, que l’ancien Rennais a choisi de redevenir footballeur professionnel. Le symbole est fort.

Main dans la main avec Il Fenomeno, le nouveau numéro 3 du Real Valladolid pose tout sourire pour une photo qui sent bon le foot de rue et les papillons dans le ventre. Pour les fans des Pucelanos, c’est le point d’orgue d’une matinée partagée entre la surprise, l’excitation et les doutes. Car si Ben Arfa est le bien choix de Ronaldo en personne, on a voulu savoir dans quel état d’esprit étaient les supporters après l’officialisation du transfert (contrat de six mois).

Valladolid en rêvait, Il Fenomeno l’a fait

Tous sont d’accord sur un point : comme pour les Niçois et les Rennais avant eux, l’arrivée de Ben Arfa « est un grand événement pour notre club ». « Ça représente vraiment un rêve », s’emballe David, « hincha » des Blanquivioletas depuis tout gamin. « Ben Arfa fait partie des joueurs qui me font rêver depuis que je suis jeune et aujourd’hui il fait partie de mon club, c’est incroyable !, se réjouit Javier Lopez, 36 ans, lui aussi fan des « Puceaux » (Valladolid est surnommée « la Pucelle », certains de ses habitants étant allés combattre aux côtés de Jeanne d’Arc au XVe siècle) depuis le berceau. Ca fait des années qu’on n’a pas eu un joueur aussi fort et aussi médiatique. En plus ici, à Valladolid, on est toujours dans l’extrême : Ou tout est noir, ou tout est blanc. Alors avec l’arrivée de Ben Arfa, vous imaginez bien qu’on est tous surexcités. »

A 32 ans (bientôt 33, il les aura le 7 mars prochain), l’ancien international va découvrir un championnat espagnol qui l’a toujours attiré mais qui représentait jusqu’ici une succession de rendez-vous manqués (récemment, on parlait encore de lui à l’Espanyol de Barcelone ou au Betis). Cette fois, la Liga va enfin avoir droit à sa Ben Arfa mania.

Playstation, highlights et mauvaise réputation

Enfin, c’est ce qu’on imagine avec nos yeux de Français, à la fois gaga du joueur et frustré par sa carrière en yoyo. Mais qu’en est-il vu de l’autre côté des Pyrénées ? « Ben Arfa est très connu et très admiré en Espagne, explique Javier Lopez. C’est un joueur millenial. A un moment, les mômes prenaient tout le temps Ben Arfa sur console parce qu’il avait une technique extraordinaire et que c’était l’un des meilleurs du jeu. On se souvient tous de ce but marqué avec Newcastle, le genre d’exploit qui te laisse la bouche bée. Ici, il sera une idole. »

Comme tout bon supporter qui se respecte, Javier a passé une bonne partie de sa matinée du mardi à regarder des highlights du joueur sur YouTube : « On sait que ces vidéos ne veulent pas dire grand-chose mais c’était impossible de ne pas les regarder ! Cinq minutes de vidéo de Ben Arfa, c’est juste de la folie. Je crois qu’il y a peu de joueurs dans le monde qui savent faire ce qu’il fait. » Ça, c’était pour les bons côtés du bonhomme. Mais la face sombre du Français n’a pas non plus échappé aux fans de Valladolid.

« On sait qu’il manque de discipline et qu’il se traîne une certaine réputation, notamment s’agissant de son caractère, reconnaît David. Mais sur un terrain, c’est une étoile ». « Je sais qu’au PSG il a eu des problèmes avec Unai Emery et qu’avant ça, déjà, il avait connu des problèmes de comportement, embraye Javier. Je ne vais pas mentir : certains supporters se posent des questions. Mais bon, on espère voir un Ben Arfa plus mature, responsable, qui sait où il met les pieds, c’est-à-dire dans un club humble avec une équipe qui ne tient que par l’union des joueurs, l’entraide, la solidarité. »

« Je cours tout nu avec la musique de Fifa 13 à 148 décibels ».

Grands espoirs et petites inquiétudes

En débarquant à Valladolid, Ben Arfa a coché deux des principaux critères qui l’ont guidé dans sa quête de rebond : jouer en Espagne et être la star de l’équipe.

Pas compliqué quand on jette un œil à l’effectif et qu’on voit la situation de l’équipe cette saison (16e de Liga), incapable de gagner le moindre match en championnat depuis le 3 novembre dernier. Quand on lui demande ce que valent un peu ses joueurs, Javier Lopez ne se cache pas. « Franchement c’est pas dingue, admet-il. On a beaucoup de mal à marquer des buts, en partie parce que les ballons n’arrivent pas devant, ou mal. On a besoin d’un mec qui, quand il tient le ballon, sait quoi en faire et améliore le jeu de son équipe. Ben Arfa a la qualité et le sang froid nécessaire pour nous y aider. » Le profil semble coller en effet. « Ici on aime les joueurs qui en veulent, qui donnent tout. Des travailleurs », ajoute-t-il. Ah…

Ce n’est pas tant la mentalité du joueur que son état physique qui préoccupe le plus les suiveurs des Pucelanos. « Oui, ça, ça nous fait un peu peur, concède Lopez. D’autant qu’il n’a signé que pour six mois, il ne faudrait pas qu’il se blesse… J’ai peur qu’il mette trop de temps à retrouver une bonne condition physique. Mais on se dit que s’il a accepté de venir, c’est qu’il est vraiment motivé. Ça devrait l’aider à vite retrouver la forme. » Après plusieurs étés à nous faire le coup de la reprise différée, Hatem Ben Arfa connaît la chanson. Il n’y a plus qu’à danser, maintenant.